Mon chien aboie quand il est seul : que faire ?

Les aboiements du chien ont plus d'une signification. Ceux qu'il émet lorsqu'il est seul sont d'autant plus importants à comprendre et traiter qu'ils posent plusieurs problèmes en plus de ceux liés à son bien-être, notamment ceux de voisinage.

Illustration : "Mon chien aboie quand il est seul : que faire ?"

Votre chien ne gère pas bien la solitude est cela se manifeste par des aboiements excessifs ? Vos voisins commencent à se plaindre et vous aimeriez faire de vos absences des moments plus sereins pour votre chien ?

A chaque problème sa solution. Voyons ensemble pourquoi votre chien aboie lorsqu’il est seul et surtout quelles solutions vous pourrez mettre en place pour résoudre le problème.

Mon chien aboie quand il est seul : pourquoi ?

Tout d’abord, la première chose à faire lorsque l’on rencontre un problème avec son chien, c’est de comprendre la naissance du problème afin de le régler en profondeur et non uniquement en surface.

En effet, les problèmes se manifestent par des symptômes apparents, mais si l’on ne fait que traiter ces symptômes, on ne résout pas le problème initial et il se représentera à coup sûr à l’avenir.

Ainsi, voici les raisons les plus fréquentes qui poussent un chien à aboyer quand il est seul :

  • Mon chien aboie parce qu’il ne s’est pas suffisamment dépensé.
  • Mon chien aboie parce qu’il a un instinct de garde très développé.
  • Mon chien aboie parce qu’il est anxieux lorsqu’il est seul.
  • Mon chien aboie parce qu’il n’arrive pas à gérer sa frustration.

À noter que l'anxiété de séparation est un trouble comportemental distinct de l'ennui ou de la frustration : il s'agit d'une détresse émotionnelle réelle, qui touche 20 à 40 % des chiens en consultation comportementale. Les symptômes (aboiements débutant dans les 30 minutes suivant le départ, destructions ciblées, malpropreté subite) débutent systématiquement à l'absence du propriétaire. Dans les cas modérés à sévères, une consultation chez un vétérinaire comportementaliste est indispensable : un traitement médicamenteux associé à la rééducation comportementale peut réduire les symptômes de 42 % selon une étude multicentrique (Simpson et al., 2007).

Pour un chien qui aboie face aux bruits extérieurs ou aux passants : filmez-le d'abord pour confirmer la cause. Si les aboiements sont déclenchés par des stimuli extérieurs, vous pouvez laisser une radio allumée en fond pour masquer les bruits du couloir ou de la rue, occulter partiellement les fenêtres côté rue pour réduire la stimulation visuelle ou créer un espace refuge éloigné des fenêtres dans lequel le chien peut se retirer.

Mon chien aboie quand il est seul : que faire ?

Pour identifier la cause des aboiements, filmez votre chien pendant vos absences. Un toutou qui s'agite et aboie dès les premières minutes (souvent dans les 30 minutes suivant le départ) souffre probablement d'anxiété de séparation. Un chien qui s'installe calmement puis aboie ponctuellement face à des bruits extérieurs exprime plutôt son instinct de garde. Un canidé qui aboie après 1 à 2 heures, en cherchant à s'occuper, s'ennuie probablement. Le traitement adapté dépend de cette identification.

Conseil n°1 : Aider son chien à se dépenser

Un chien qui ne s'est pas suffisamment dépensé peut le faire comprendre de mille et une manières et l’aboiement excessif en fait partie. Une étude australienne datant de 2019 a montré que les chiens recevant au moins de 60 minutes d'exercice au quotidien manifestaient 40 % de signes d'anxiété en moins que leurs congénères sédentaires. Avant chacune de vos absences, nous vous recommandons de promener votre fidèle compagnon au moins une heure pour lui permettre de se reposer ensuite.

Comme dit, la réponse est dans l’énoncé : pour permettre à votre chien de mieux vivre ses temps de solitude, sans s’ennuyer, alors vous devez répondre à ses besoins de dépense avant et après chacune de vos absences, mais aussi lui donner des occupations lorsque vous partez.

Le faire se dépenser avant une absence, c’est mettre toutes les chances de son côté pour qu’il n’ait qu’une envie : dormir ! Et lui trouver une occupation masticatoire ou mentale jusqu’à votre retour, c’est s’assurer qu’il considère votre départ comme quelque chose de positif.

Conseil n°2 : Accepter / contrôler ses instincts

Certaines races sont davantage prédisposées à la garde que d’autres, mais il est vrai que de nombreux chiens auront à coeur de protéger leur foyer en intimidant quiconque s’approcherait de son environnement quotidien.

Il est bien entendu nécessaire d’accepter les instincts de nos amis canidés et de les modeler pour qu’ils n’entravent pas leur bonne intégration dans la société. Pour se faire, il est très important d’opter pour la prévention. Ainsi, il est conseillé de :

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  • Choisir une race en adéquation avec ses attentes. Si vous ne souhaitez pas un chien gardien qui aboiera facilement face à un événement qu’il considère comme inhabituel, alors n’optez pas pour des races spécifiquement sélectionnées pour leur instinct de garde comme le Berger Allemand ou le Malinois par exemple.
  • Socialiser un maximum son chien. Votre chien doit être habitué, dès son plue jeune âge, à rencontrer de nouvelles personnes, à évoluer dans divers environnements et vivre régulièrement des situations nouvelles.
  • Eviter l’insécurité. Un chien qui ne se sent pas en sécurité dans son environnement ressentira davantage le besoin de se protéger et donc d’aboyer en cas de nécessité. Prévoyez donc un endroit confortable, dans lequel votre chien se sent en sécurité (un panier ou une cage de transport laissée ouverte) et dans lequel il pourra se réfugier.

Conseil n°3 : L’habituer à la solitude

Sachez que la solitude s’apprend tout d’abord lorsque vous êtes présent à la maison. Cela peut paraitre contradictoire et pourtant, c’est la clé de la réussite.

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Ainsi, même lorsque vous êtes chez vous, habituez votre chien à rester seul dans une partie de votre logement, sans vous. De fait, ne laissez pas votre chien vous suivre partout et instaurez même une pièce interdite si nécessaire, dans laquelle votre chien n’aura pas le droit de vous accompagner.

De plus, proposez à votre chien des absences progressives et supprimez les rituels de départs et d’arrivées :

  • Ne lui dites pas au revoir et ignorez le en partant, faites comme si vous alliez chercher le courrier et revenir dans la minute.
  • Déconditionnez votre chien en effectuant régulièrement les actions qui habituellement mènent à votre départ, mais sans partir (prendre votre sac, mettre votre manteau, etc.).
  • Ne faites pas une fête monstre à votre chien lorsque vous revenez, ignorez le, attendez qu’il se calme puis dites lui bonjour.
  • Donnez lui un jouet d’occupation pour qu’il assimile votre départ à quelque chose de positif.

Conseil n°4 : Apprenez à votre chien à gérer sa frustration

Les chiens qui aboient constamment, de manière excessive, sont souvent des chiens qui sont habitués à toujours obtenir satisfaction en agissant ainsi.

De fait, au quotidien, soyez à l’initiative de toutes les interactions que vous avez avec votre chien et ne subissez plus les contacts. Si votre chien vous réclame de l’attention (par n’importe quel moyen), ignorez-le et attendez qu’il passe à autre chose pour ensuite initier le contact.

Ignorer son chien c’est : ne pas le regarder, ne pas le toucher ni lui parler.

En agissant ainsi au quotidien, vous apprenez à votre chien que renoncer, c’est gagner, et qu’attendre vaut mieux qu’insister.

Conseil n°5 : Ne pas tomber dans la facilité qui rime avec brutalité

En effet, pour finir, ce qu’il ne faut absolument pas faire, c'est mettre un collier électrique anti-aboiements à son chien car cet outil de torture finira par blesser et traumatiser votre chien d’une part, et d’autre part, ces colliers sanctionnent tous les aboiements ! Et il ne faut jamais oublier que l’aboiement reste l’un des principaux moyens de communication du chien.

En France, les colliers électriques anti-aboiements sont d'ailleurs interdits par la loi (janvier 2023). Leur usage expose à une amende de 750 € (3 750 € en cas de récidive) et leur vente à 3 000 € pour un particulier, jusqu'à 15 000 € pour un professionnel. Au-delà de l'aspect légal, ces dispositifs aggravent l'anxiété de l'animal et peuvent intensifier les comportements problématiques.

Si les conseils comportementaux ne suffisent pas, consultez en priorité un vétérinaire pour écarter toute cause médicale. Pour une anxiété de séparation avérée, un vétérinaire comportementaliste pourra proposer un protocole combinant désensibilisation progressive et, si nécessaire, un traitement médicamenteux (anxiolytiques, antidépresseurs vétérinaires...). Cette approche combinée est la plus efficace selon les études disponibles. Vous pouvez ensuite faire appel à un professionnel en comportement canin.

Mis à jour le : Révision éditoriale par Joséphine Voisart

2 commentaires

  • Invité

    Invité a écrit : 17/11/23

    Merci beaucoup ça m'a beaucoup aidé car je viens de demenager de l Espagne pour retourner en Belgique et je suis dans un appartement et 2 locataires se plaignent de mon chien en soirée sauf qu à partir de 16h je suis à la maison du coup je comprends pas trop mais je vais prendre vos conseils au sérieux merci

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  • Invité

    Invité a écrit : 12/04/24

    Moi j
    Ai un chiot de 8mois et quand je part en course il fait que aboyer.

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