Éducation canine : la science confirme que les colliers électriques augmentent le stress
Longtemps présentés comme une solution rapide pour corriger certains comportements chez le chien, les colliers électriques sont aujourd’hui reconnus comme des outils de maltraitance. Une étude publiée dans la revue scientifique Plos One montre d’ailleurs que leur utilisation augmente les signes de stress et d’anxiété chez nos petits compagnons, sans être plus efficace qu’une éducation basée sur la motivation et la récompense.
Menée par des chercheurs de l’Université de Lincoln au Royaume-Uni, l’étude « The Welfare Consequences and Efficacy of Training Pet Dogs with Remote Electronic Training Collars in Comparison to Reward Based Training* » a évalué l’efficacité des colliers électriques et leurs conséquences sur le bien-être des chiens.
Pour ce faire, les scientifiques ont observé 63 toutous qui présentent principalement des problèmes de rappel ou des comportements de poursuite (joggeurs, voitures, autres animaux…). Les canidés ont été répartis en 3 groupes : un premier entraîné avec des colliers électriques, un deuxième formé par les mêmes éducateurs mais sans décharges, et un troisième éduqué uniquement avec des méthodes positives basées sur la récompense.
Ils ont ensuite analysé plusieurs indicateurs de stress, comme les postures et les vocalisations, ainsi que le taux de cortisol via des prélèvements d’urine et de salive.
La science prouve que les colliers électriques nuisent au bien-être des animaux
Les conclusions de cette étude sont sans appel. Les chiens entraînés avec des colliers électriques ont montré davantage de signes de malaise et de tension que ceux éduqués avec des méthodes positives. Les chercheurs ont notamment observé plus de bâillements, de postures tendues et moins d’interactions spontanées avec l’environnement chez les canidés du premier groupe.
Dans une phase préliminaire de l’étude, certains animaux soumis à des stimulations plus fortes présentaient également des vocalisations de douleur, une queue rentrée entre les pattes et une hausse du cortisol (hormone du stress) après les décharges.
Quid de l’efficacité ? Les colliers électriques n’ont pas permis de meilleurs résultats que l’éducation positive. Les auteurs de cette étude concluent donc qu’il n’existe aucun bénéfice significatif à utiliser ces dispositifs coercitifs par rapport aux méthodes d’éducation positive.

Privilégier l’éducation positive
Jusqu’ici, les défenseurs des colliers électriques affirmaient parfois qu’ils étaient indispensables pour certains chiens difficiles ou dangereux. Or, les chercheurs montrent qu’un apprentissage positif obtient des résultats de qualité sans provoquer de stress supplémentaire.
Elle rappelle aussi que le stress chronique peut avoir des conséquences profondes chez le chien : anxiété, peur de l’environnement, détérioration de la relation avec l’humain, troubles comportementaux durables… D’autres travaux publiés ces dernières années vont dans le même sens, en observant des niveaux de stress plus élevés chez les chiens entraînés avec des méthodes coercitives.
En France, que dit la loi sur l’usage des colliers coercitifs pour chien ?
Depuis l’arrêté du 19 juin 2025, entré en vigueur le 3 juillet 2025, l’enseignement et l’utilisation d’outils provoquant douleur, peur ou stress comme les colliers électriques, étrangleurs et à pointes sont interdits dans le cadre des activités professionnelles liées aux animaux de compagnie. Cette mesure concerne notamment les éducateurs canins, pensions, refuges et éleveurs.
* « The Welfare Consequences and Efficacy of Training Pet Dogs with Remote Electronic Training Collars in Comparison to Reward Based Training », Jonathan J. Cooper, Nina Cracknell, Jessica Hardiman, Hannah Wright, Daniel Mills, Plos One, septembre 2014.
Par Joséphine Voisart
Rédactrice Web
Édition, lecture, écriture, animaux... Ce florilège de passions a fait tomber Joséphine dans les pattes de Woopets ! Sensible à la cause animale, elle a adopté une chatte répondant au nom d'Anthéa dans un refuge de sa région ; ainsi qu'une chienne, Lizzy, qui a vécu une vie de misère en Roumanie avant de rejoindre son foyer. Joséphine est également bénévole dans une association de protection des animaux.
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