La science prouve que le chat n'est qu'à moitié domestiqué
Vous avez parfois l’impression que votre chat est une petite panthère miniature qui partage votre canapé ? Vous n’êtes peut-être pas si loin de la vérité ! Selon une étude génétique, son patrimoine ADN reste en effet étonnamment proche de celui de ses ancêtres sauvages. Les chercheurs vont d'ailleurs jusqu’à affirmer que nos minous ne sont qu’à moitié domestiqués. Décryptage de cette étonnante découverte.
S’il passe une bonne partie de ses journées à somnoler sur le canapé, le chat cache en réalité une part de mystère. Compagnons préférés de nombreux Français, nos petits félins ne sont domestiqués que depuis relativement peu de temps à l’échelle de l’histoire. Et contrairement au chien, façonné pendant des millénaires par une sélection humaine intensive, le chat a surtout appris à cohabiter avec nous. Une proximité qui soulève encore bien des questions, comme celle-ci : que reste-t-il réellement de son héritage sauvage ? Pour le comprendre, des chercheurs américains se sont penchés pour la première fois sur son génome avec des résultats pour le moins surprenants !
Des ADN presque identiques
Les analyses récentes du génome félin effectuées par le Genome Institute de l’université de Saint-Louis (Missouri, États-Unis) ont profondément renouvelé la compréhension de la domestication du chat. Une étude comparative publiée dans la revue PNAS*, basée sur le séquençage complet du chat domestique (Felis silvestris catus) et sa comparaison avec celui des chats sauvages (Felis silvestris lybica), a en effet mis en évidence une très faible divergence génétique entre les 2 populations. Cette proximité confirme que les chats sont restés, sur le plan évolutif, relativement proches de leurs ancêtres sauvages, avec peu de gènes directement associés à la domestication.
Des gènes modifiés surtout pour vivre avec l'humain
Lors de cette étude, les chercheurs ont tout de même repéré quelques modifications génétiques liées à la vie aux côtés des humains. Celles-ci concernent notamment certains comportements favorisant la cohabitation comme une moindre peur ou une meilleure capacité à apprendre grâce aux récompenses. En d'autres termes, au fil du temps, le chat ne s'est pas tant transformé physiquement qu'il a appris à mieux cohabiter avec nous.
Les scientifiques ont également identifié des gènes liés à ses talents de chasseur, à sa vision nocturne, à son ouïe très fine et à son régime de carnivore strict, tous largement hérités de ses ancêtres sauvages. Conclusion : le chat s'est adapté à la vie auprès de l'homme sans pour autant perdre une grande partie de sa nature sauvage. Cela en fait une espèce « entre 2 », à la fois familière et sauvage, dont la domestication reste partielle (semi-domestication). En d’autres termes, nos minous ne sont pas des animaux totalement « domestiqués » au sens classique, mais plutôt des animaux qui ont choisi de vivre près de l’humain sans renoncer à leur nature.
L’info Woopets – Comment respecter la nature profonde de votre chat ?
Ainsi, comme nous venons de le voir, même "domestiqué", votre petit compagnon à moustaches conserve des besoins hérités de la vie sauvage. Pour favoriser son bien-être :
- Proposez-lui des séances de jeu quotidiennes qui stimulent son instinct de chasse ;
- Multipliez les points d'observation en hauteur ;
- Offrez-lui des cachettes où il pourra se retirer au calme ;
- Enrichissez son environnement avec des jouets, des griffoirs et des parcours d'exploration ;
- Respectez ses moments d'indépendance sans chercher à solliciter son attention en permanence.
* Michael J. Montague et al., « Comparative analysis of the domestic cat genome reveals genetic signatures underlying feline biology and domestication », PNAS, November 10, 2014, 111 (48) 17230-17235.
Par Ludivine Beaurin
Rédactrice web
Historienne reconvertie dans la rédaction web, Ludivine a toujours adoré l’écriture et les animaux. Maîtresse de 6 adorables chats, elle trouve beaucoup d’inspiration dans les facéties de ses boules de poils.
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