Sauvegarde des oiseaux : 5 minutes de jeu par jour réduisent drastiquement l'instinct de chasse du chat
Et si 5 minutes de jeu par jour avec votre chat pouvaient sauver des oiseaux ? Malgré une gamelle pleine, le chat domestique reste en effet un chasseur redoutable, responsable d’une forte mortalité de la petite faune. Bonne nouvelle : selon une étude de l’Université d’Exeter (Royaume-Uni) une alimentation riche en viande et un court temps de jeu quotidien réduiraient d’environ 25 % les proies rapportées. Explications.
Même s’ils passent beaucoup de temps à faire la sieste, confortablement lovés dans un plaid du canapé, nos chats adorés n’en restent pas moins de redoutables chasseurs dès qu’ils posent la patte dehors ! Les félins ayant accès à l’extérieur contribuent d’ailleurs beaucoup à la diminution des oiseaux et des petits mammifères. Entre respect de leur nature et protection de la biodiversité, l’équilibre est très délicat. Une étude britannique publiée dans Current Biology* ouvre heureusement des pistes concrètes pour concilier les 2.
Nourrir et stimuler plutôt que contraindre
Cette étude menée par Marta Cecchetti et ses collègues de l’University of Exeter, dans le sud de l’Angleterre, avait pour but de déterminer la meilleure façon de limiter l’impact des chats domestiques sur la faune sauvage en trouvant comment mieux répondre à leurs besoins naturels de manière à réduire leurs comportements de chasse. Pour cela, les chercheurs ont suivi plusieurs foyers possédant des chats, en observant leurs habitudes de chasse avant et après différentes mesures, afin d’évaluer celles qui fonctionnaient le mieux.
Plusieurs solutions ont ainsi été testées. Certaines concernaient l’alimentation, avec des repas plus riches en protéines animales et sans céréales. D’autres misaient sur la stimulation comportementale, notamment via 5 à 10 minutes de jeu quotidien reproduisant des séquences de chasse. Des dispositifs plus classiques ont également été évalués, comme les clochettes, les colliers colorés ou encore les distributeurs alimentaires interactifs.

Les résultats ont montré de nettes différences et toutes les solutions proposées n'ont pas rencontré le même succès. Une alimentation plus riche en viande a ainsi permis de réduire d’environ 36 % les proies rapportées, et le jeu quotidien d’environ 25 %. Les colliers de type « Birdsbesafe » ont, quant à eux, diminué les captures d’oiseaux d’environ 42 %, mais n’ont eu aucun impact sur les petits mammifères. À l’inverse, les clochettes n’ont pas été efficaces, et les distributeurs de nourriture ont même augmenté la prédation d’environ 33 %, probablement en raison d’un effet de frustration ou de motivation accrue.
Ainsi, selon les chercheurs, limiter la chasse des chats ne passe pas forcément par des contraintes. Au contraire, en respectant mieux leurs besoins naturels (notamment une bonne alimentation et du jeu quotidien), il est tout à fait possible de réduire efficacement leur impact sur la biodiversité. Ce type d’approche est aussi beaucoup mieux perçues par les propriétaires que les dispositifs restrictifs.
Les auteurs de l'étude précisent toutefois que celle-ci a ses limites. En effet, elle se base uniquement sur les proies rapportées à la maison, qui ne reflètent pas forcément toutes les captures d'un chat. La durée de l’étude est aussi relativement courte, et les résultats peuvent varier selon les environnements. Malgré tout, elle propose une piste intéressante pour mieux protéger la biodiversité. Ainsi, si vous souhaitez réduire l’impact de votre petit moustachu sur les populations d’oiseaux et de petits mammifères, vous savez désormais ce qu’il vous reste à faire : enrichir sa vie avec une alimentation carnée adaptée et des jeux quotidiens, plutôt que restreindre ses comportements naturels.
*Cecchetti M, et al., « Provision of High Meat Content Food and Object Play Reduce Predation of Wild Animals by Domestic Cats Felis catus », Current Biology, 2021, 31, 1107-1111.
Par Ludivine Beaurin
Rédactrice web
Historienne reconvertie dans la rédaction web, Ludivine a toujours adoré l’écriture et les animaux. Maîtresse de 6 adorables chats, elle trouve beaucoup d’inspiration dans les facéties de ses boules de poils.
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