Votre chien préfère-t-il vraiment vos caresses à une friandise ? La science répond

Votre chien court-il vraiment plus vite vers une friandise que vers vous ? Des chercheurs américains ont tenté de répondre à cette question grâce à l’imagerie cérébrale. Leurs résultats révèlent que, pour de nombreux toutous, les caresses et les compliments peuvent avoir une valeur aussi forte, voire supérieure, à la nourriture.

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Les chiens préfèrent-ils vraiment les caresses aux friandises ? La question intrigue de nombreux propriétaires, habitués à utiliser la nourriture comme principale récompense lors de l’éducation de leur compagnon. Pour certains toutous, le lien avec l’humain pourrait en effet constituer une véritable récompense en soi. Pour en avoir le cœur net, des chercheurs de l’université d’Atlanta aux États-Unis ont étudié leur activité cérébrale afin de comprendre ce qui les motive réellement.

Dans la tête des chiens : la récompense vue par l’IRM

Grâce à l’imagerie fonctionnelle (IRMf), ces scientifiques américains ont pu observer l’activité cérébrale de 15 chiens éveillés afin d’étudier leur centre de la récompense, notamment le noyau caudé ventral. Cette région fait partie des réseaux cérébraux impliqués dans la motivation et le plaisir, en lien avec la voie dopaminergique, un ensemble de circuits neuronaux utilisant la dopamine comme neurotransmetteur et jouant un rôle essentiel dans les mécanismes de récompense et de renforcement des comportements.

Les animaux ont d’abord été entraînés à associer différents stimuli à 2 types de récompenses : un jouet en forme de voiture annonçait l’arrivée d’un morceau de hot-dog, tandis qu’un jouet en forme de cheval indiquait un moment d’interaction avec leur maître, composé de caresses et de félicitations.

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© Cook P.F., et al.(2016). Published by Oxford University Press.

Les résultats publiés dans la revue Social Cognitive and Affective Neuroscience* ont révélé que les félicitations pouvaient avoir une valeur émotionnelle aussi forte, voire plus forte, que la nourriture : chez 9 chiens sur 15 le centre de la récompense s'illuminait de manière similaire face aux 2 récompenses, 4 chiens préféraient l’interaction sociale avec leur maître et seulement 2 favorisaient la nourriture.

Cette préférence pour le contact humain pourrait s’expliquer par l’activation des circuits cérébraux liés au renforcement social : les interactions positives avec leur propriétaire stimulent des zones associées à la récompense et à la motivation, tout comme peuvent le faire certains stimuli alimentaires.

Une seconde expérience réalisée dans un labyrinthe en forme de « Y » a confirmé ces observations puisque la majorité des chiens choisissaient de rejoindre leur maître plutôt que de se diriger vers un bol de nourriture.

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© Cook P.F., et al.(2016). Published by Oxford University Press.

Cette étude montre ainsi que les liens sociaux entre les chiens et les humains reposent sur des mécanismes cérébraux complexes et que, pour de nombreux toutous, l’attention et l’affection de leur propriétaire constituent une récompense aussi importante qu’un aliment.

Chacun sa motivation !

Cette découverte modifie notre perception de la relation entre les chiens et les humains en montrant que l’attachement social joue un rôle essentiel dans le comportement canin. Les chiens domestiques constituent d’ailleurs un modèle unique pour étudier les liens entre les 2 espèces, car leur évolution aux côtés des humains a renforcé leur capacité à communiquer et à créer des relations affectives.

L’étude révèle toutefois que tous les chiens ne réagissent pas de la même manière : certains accordent une plus grande valeur aux interactions sociales, tandis que d’autres sont davantage motivés par une récompense alimentaire.

Ces différences individuelles pourraient avoir des conséquences importantes dans l’éducation canine. Les chiens particulièrement sensibles aux félicitations et aux caresses pourraient être adaptés à des activités comme la zoothérapie, alors que ceux davantage attirés par la nourriture pourraient être très efficaces dans des missions nécessitant un fort apprentissage par récompense, comme les chiens de secours.

Ces résultats montrent donc que chaque chien possède un profil de motivation qui lui est propre et que mieux comprendre ces préférences peut permettre d’améliorer les méthodes d’éducation ainsi que les interactions quotidiennes entre le maître et son animal.

* Cook P.F., et al., « Awake canine fMRI predicts dogs' preference for praise vs food », Soc Cogn Affect Neurosci, Décembre 2016, 11(12), 1853-1862.

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