« Victoire pour les animaux », l'amendement autorisant des « opérations de destruction » de chiens errants outre-mer supprimé par la commission mixte paritaire

Lien copié ✓

Un amendement adopté par le Sénat a récemment fait grincer des dents et suscité une vive polémique en prévoyant d'autoriser, sous certaines conditions, l'abattage de chiens errants dans plusieurs territoires d'outre-mer, dont La Réunion. Dénoncée par les associations de protection animale, cette mesure a finalement été retirée en commission mixte paritaire, ce qui a mis fin à plusieurs jours de mobilisation.

Illustration : "« Victoire pour les animaux », l'amendement autorisant des « opérations de destruction » de chiens errants outre-mer supprimé par la commission mixte paritaire"

Le débat est né autour de l'amendement 604 adopté par le Sénat dans le cadre du projet de loi sur la protection et la souveraineté agricoles. Ce texte visait à donner de nouveaux moyens aux préfets de Guadeloupe, de Guyane, de Martinique, de La Réunion et de Mayotte pour faire face aux attaques de chiens errants contre les troupeaux et, dans certains cas, contre les personnes.

Au grand dam des défenseurs de la cause animale, il prévoyait qu'après des opérations de capture restées sans effet, le préfet puisse autoriser, par arrêté motivé et pour une durée maximale de 2 mois, des « opérations de destruction » des chiens errants dans les communes concernées. Ces interventions auraient pu être menées par les forces de l'ordre, les lieutenants de louveterie, des agents assermentés ou encore des chasseurs réquisitionnés.

Les auteurs du texte estimaient que le cadre juridique actuel ne permettait pas de répondre efficacement à la multiplication des attaques. L'objectif était donc de protéger les élevages et les habitants, tout en limitant ces opérations à des situations jugées exceptionnelles.

À La Réunion, où l'errance canine constitue un problème de longue date (plus de 73 000 canidés sur l’île, dont 42 % sont des animaux divagants révèle un article de la1ere.franceinfo.fr), cette perspective a rapidement provoqué de nombreuses réactions. Plusieurs médias ont relayé les inquiétudes des associations, comme la Fondation Brigitte Bardot ou encore Argos 42, qui redoutaient une réponse jugée disproportionnée face à un phénomène dont les causes sont multiples.

L'amendement 604 retiré pour le plus grand soulagement des associations de protection animale

La Fondation Brigitte Bardot a qualifié cet amendement de « scandaleux » et estimé que « tuer n’a jamais résolu la surpopulation canine ». L'association rappelle que l'errance des chiens résulte avant tout d'un manque de stérilisation, d'identification et de prévention.

Après plusieurs jours de mobilisation, la commission mixte paritaire a finalement supprimé l'amendement du texte de loi ; une décision saluée par les défenseurs de la cause animale. Cette suppression est intervenue à l'issue des discussions entre députés et sénateurs, empêchant ainsi l'entrée en vigueur de cette mesure controversée.

La Fondation Brigitte Bardot s'est félicitée de ce retrait, parlant d'une « victoire pour les animaux ». L’association Argos 42, présidée par le jeune Baptiste Praud, a elle aussi applaudi ce rejet et rappelé que « l'abattage des chiens errants ne constitue pas une réponse efficace à la surpopulation canine et plaide pour des mesures alternatives telles que la stérilisation, l'identification des animaux et le renforcement du soutien aux associations locales ».

1 commentaire

  • Invité

    Invité a écrit : 1 h

    Il est grand temps que le gouvernement s'implique dans la stérilisation et l'identification des animaux errants.
    La TVA perçue pour les dépenses aux frais des animaux (vétérinaire, nourriture, toilettage, hygienne, jouets... ) représente une somme colossale.
    Pourquoi ne pas en utiliser une partie pour cela ? Ce serait un juste retour des choses.
    Les Associations ne peuvent pas tout supporter.

      Répondre   Signaler


  • Image de profil