Une famille passe outre les préjugés en donnant une chance à « un chien à problèmes », adopté et rejeté 4 fois

Certaines relations nous marquent plus que d'autres. Liliane Lebeau, originaire de Bruxelles, a mille et une anecdotes à partager au sujet de ses animaux de compagnie, mais elle a tenu à nous raconter l'histoire de son chien Boris. Retrospective.

Illustration : "Une famille passe outre les préjugés en donnant une chance à « un chien à problèmes », adopté et rejeté 4 fois"

« C'était, comme on dit, un fameux numéro », a déclaré Liliane Lebeau à Woopets. La Bruxelloise a conservé de précieux lambeaux du passé et nous a conviés à un voyage dans le temps.

L'histoire de Boris commence en 1992, au moment où Liliane et ses proches ont visité un refuge. Parmi la foule de boules de poils, une bien particulière a attiré leur attention. Recroquevillé au fond du chenil, Boris arborait « un regard éteint » et « une mine assez déprimée ». Ce fut le coup de cœur.

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Mais après 2 semaines d'apathie, à flâner dans son coin, l'adopté a imposé son véritable caractère. Mâle dominant, il cherchait automatiquement la bagarre avec ses homologues masculins lors des balades. « C'était un chien de 50 kilos, avec une force herculéenne, a expliqué, non sans sourire, notre interlocutrice, nous nous sommes déjà retrouvés une ou deux fois à terre ! Nous pensions que c'était un croisé, mais en réalité c'était un Chien de Berger Yougoslave de Charplanina. »

Pour calmer ses ardeurs, le couple l'a fait castrer. Hélas, le molosse a développé une réaction inflammatoire après l'opération. Sa douleur l'a poussé à se montrer agressif envers le vétérinaire, lequel a affirmé que Liliane et son époux « n'auraient que des problèmes avec ce chien ».

Solitaire, désobéissant, autoritaire... Mais que cachait donc Boris ?

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4 fois rejeté

En raison des difficultés rencontrées avec leur protégé, Liliane et son mari ont demandé des explications aux bénévoles du refuge : Boris a été adopté 4 fois. Tous ses adoptants l'ont rendu. Fugueur, tueur de poules, chien mordeur... autant d'étiquettes scotchées sur le front du Berger Yougoslave. 4 espoirs, 4 désillusions, 4 abandons. Boris était l'exemple même de l'âme incomprise, qui erre seule avec ses blessures.

Consciente qu'il pourrait de nouveau souffrir, voire même être euthanasié, la famille a décidé de ne pas baisser les bras. C'est ainsi qu'ont commencé les séances de dressage avec un professionnel. Grâce à une pincée de bienveillance, un soupçon de patience et beaucoup d'amour, Boris s'est métamorphosé en un chien modèle.

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« Il est arrivé un moment où il a reconnu que nous étions les maîtres, a indiqué notre interlocutrice, mon mari a voulu se rendre dans la cuisine, mais le chien était installé devant. Il avait décidé que personne ne pouvait y entrer. Mon mari n'a eu aucun geste brusque et lui a simplement demandé de reculer. Au bout de la troisième tentative, il a libéré le passage. À partir de là, on avait l'impression qu'il avait accepté le fait que l'on puisse lui donner des ordres. »

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Ses friandises préférées ? Des oreilles de cochon fumées !

Lorsque ses petits défauts ont été aplanis, Boris a révélé ses qualités. Chien extrêmement attaché et gardien hors pair, il a fini par devenir obéissant.

« Nous avons vécu de belles années avec lui, se souvient Liliane avec nostalgie, il avait 3 ans quand on l'a adopté. C'était un chien adulte qui avait souffert. Être rejeté autant, ça laisse des traces. »

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Si certains souvenirs engendrent des larmes, d'autres dessinent un large sourire sur le visage : le couple avait l'habitude de l'emmener en vacances, dans une station balnéaire qu'il connaissait sur le bout des pattes. Au cours d'une promenade, Boris a littéralement emmené ses propriétaires dans une boutique.

« Prise au dépourvu, j'ai expliqué à la vendeuse que le chien nous avait entraînés ici », a raconté Liliane. La commerçante l'a invitée à le laisser choisir ce qu'il voulait. « Alors on a donné du mou à la laisse, a poursuivi Liliane, monsieur a fait le tour du magasin et s'est arrêté en face du panier contenant des oreilles de cochon fumées ! » Ses friandises préférées, auxquelles il a bien sûr eu droit !

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Longues balades dans les dunes, concours de beauté, jeux en plein air... Boris a croqué la vie à pleines dents et s'est éteint vers l'âge de 13 ans. « Sur le coup, on est dévasté, on pleure et on ressent un vide immense », a avoué Liliane avec émotion.

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Par la suite, Liliane et son compagnon ont adopté d'autres chiens via des refuges. À l'heure actuelle, ils dorlotent Eden, une chienne sauvée des rues de Roumanie par l'association Remember Me France.

Leur expérience avec Boris leur a permis d'aider et d'éduquer cet animal craintif, « qui ne connaissait absolument rien, même pas les escaliers ».

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D'une certaine manière, nous pouvons dire que l'esprit de Boris plane toujours dans le foyer. Ce chien a gravé l'empreinte de sa patte dans le cœur du couple, qui a été le seul à lui donner une chance d'être heureux.

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Crédits photo : Liliane Lebeau

3 commentaires

  • Invité

    Invité a écrit : 03/03/22

    4 fois rejeté,...il est évident que ça laisse des traces énormes...mille mercis à ce couple d'avoir sauvé et aimé BORIS pendant 10 ans....et merci à eux d'avoir adopté la belle EDEN, elle aussi rescapée !

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  • Invité

    Invité a écrit : 03/03/22

    Beaucoup d émotions, pourquoi n'y a t'il pas plus de gens au grand coeur comme vous dans ce monde égoïste?

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  • Invité

    Invité a écrit : 04/03/22

    Bonjour j'ai toujours adopté des chiens "à problèmes" parce que je savais qu'il n'y aurait pas beaucoup de personnes prêtent à accueillir ce genre de chiens. La chose qui prime dans ces situations c'est de la patience. En trente ans j'ai eu 8 chiens comme ça et toujours par paire, les derniers en date sont deux loulous de Roumanie et là je dois dire que leur éducation n'a rien à voir avec celle que je faisais avec les autres toutous. Ces deux là ont peur de tout, vraiment tout : nous, les gens, les voitures, les bruits un peu fort, nos gestes, nos paroles, etc... Ils ne savent même pas ce que c'est de jouer avec un humain, vous leur lancé une balle ils fuient dans le sens inverse. Même la nourriture, habitués à manger des déchets, les faire passer aux croquettes ou aux pâtés dur. Même boire dans une gamelle, on a essayé tous les contenants possibles. Ce qui a été le déclic pour eux c'est lorsque j'ai mis des morceaux de jambon ou viandes dans la gamelle d'eau. C'est un vrai challenge, il faut beaucoup réfléchir avec eux sur la meilleure façon de les adapter à la vie social. Mais je ne baisserais pas les bras, en trois mois, ils ont fait beaucoup de progrès. Ils ne viennent pas encore quémander des câlins ou des friandises sauf quand on est couché, ils nous évitent encore lorsqu'on se croise mais avec de moins en moins de crainte dans le regard et surtout ce qui m'étonne avec eux, c'est que malgré la peur que l'on voit dans leurs regards lorsqu'on les manipule ils ne mordent pas !

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