Des scientifiques prouvent que la solitude rend les chiens profondément pessimistes
Aboiements, destructions, agitation… Derrière certains comportements liés à la séparation pourrait se cacher une véritable souffrance émotionnelle. Une expérience scientifique britannique menée sur des chiens de refuge a d'ailleurs montré que les toutous qui supportent mal la solitude ont tendance à adopter une vision plus pessimiste des situations incertaines. On a décrypté cette étude pour vous.
Lorsqu’un chien aboie, détruit des objets ou fait ses besoins pendant l’absence de ses humains, on pense parfois qu’il s’ennuie ou qu’il cherche simplement à attirer l’attention. Pourtant, ces comportements peuvent cacher une véritable anxiété de séparation, un trouble du comportement bien documenté en psychologie canine. Derrière les dégâts visibles se trouve une question essentielle : que ressent réellement le chien lorsqu’il est seul ? Des chercheurs de l’université de Langford au Royaume-Uni ont ainsi tenté de mieux comprendre ce qui se passe dans la tête d’un chien qui vit mal les absences.
Un test pour mesurer l'optimisme des chiens
Pour cela, ces scientifiques ont imaginé une expérience originale avec 24 chiens issus de refuges. Après avoir observé leur comportement lorsqu’ils étaient laissés seuls quelques minutes, ils leur ont proposé un petit jeu autour d’une gamelle de nourriture. Les chiens ont d’abord appris une règle simple : d’un côté de la pièce, la gamelle était toujours associée à une récompense ; de l’autre, elle était toujours vide. Puis les chercheurs ont brouillé les pistes en plaçant la gamelle entre les 2 endroits.
C’est là que les réactions des chiens sont devenues intéressantes. Certains toutous se sont en effet précipités, comme s’ils pensaient « ça vaut le coup d’aller voir, il y a peut-être une friandise ! », tandis que d’autres ont davantage hésité, comme s’ils s’attendaient plutôt à une déception.
Ce test, appelé test de biais cognitif, a permis aux chercheurs d’explorer l’état émotionnel des petits cobayes. Il repose sur leur façon d’interpréter une situation ambiguë et leur capacité d’évaluation des risques. Ainsi, faut-il tenter sa chance en espérant une récompense ou, au contraire, anticiper un résultat négatif ? Ici, l’idée est simple : tout comme nous, un chien de bonne humeur pourrait avoir tendance à voir les choses du bon côté, alors qu’un chien plus inquiet pourrait interpréter une situation incertaine de manière plus négative.
Les chercheurs ont ainsi constaté que les chiens qui manifestaient davantage de signes liés à la séparation avaient aussi tendance à adopter une vision plus « pessimiste » lors du test. Ces chiens semblaient davantage s’attendre à une mauvaise surprise plutôt qu’à une récompense. Ce « biais pessimiste » laisse ainsi penser qu’ils pourraient vivre un état émotionnel plus fragile, y compris en dehors des moments où ils sont réellement seuls.
L’absence : une vraie souffrance pour certains chiens
Les résultats de cette étude publiés dans la revue Current Biology* apportent un éclairage nouveau sur les chiens qui vivent mal les absences de leurs humains. S’ils ne permettent pas d’affirmer que nos compagnons à 4 pattes ressentent les émotions exactement comme nous, les humains, ils apportent toutefois un indice précieux : certains chiens qui souffrent de la séparation semblent aussi porter un regard plus négatif sur les situations incertaines.
Pour les propriétaires, cette découverte change notamment la façon de regarder certains comportements. Un chien qui aboie, détruit un canapé ou fait ses besoins pendant une absence ne cherche pas forcément à se venger ou à « tester les limites ». Ces réactions peuvent être l’expression d’une véritable difficulté à gérer la séparation. En apprenant à décoder ces signaux, nous pouvons donc mieux répondre aux besoins de nos compagnons à 4 pattes et les aider à retrouver davantage de sérénité.
L’info Woopets – Comment gérer l’anxiété de séparation chez son chien ?
Quelques habitudes simples peuvent aider votre toutou à mieux vivre les moments de séparation et à retrouver un sentiment de sécurité :
- Habituez-le progressivement à la solitude en commençant par de courtes absences, puis en augmentant doucement la durée ;
- Gardez des départs et des retours calmes en évitant d’en faire des moments trop chargés en émotions ;
- Créez un environnement rassurant en lui laissant des repères familiers, des jouets ou des occupations adaptées ;
- Répondez à ses besoins avant l’absence : proposez-lui une activité, une promenade ou un moment de jeu pour favoriser l’apaisement ;
- Apprenez à reconnaître les signes de stress et de mal-être (destructions, vocalises, malpropreté ou agitation) ;
- Faites-vous accompagner si besoin : un vétérinaire ou un professionnel du comportement peut vous aider à mettre en place des solutions adaptées.
* Mendl M. et al., « Dogs showing separation-related behaviour exhibit a ‘pessimistic’ cognitive bias », Current Biology, 20, R839-R840.
Par Ludivine Beaurin
Rédactrice web
Historienne reconvertie dans la rédaction web, Ludivine a toujours adoré l’écriture et les animaux. Maîtresse de 6 adorables chats, elle trouve beaucoup d’inspiration dans les facéties de ses boules de poils.
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