Adopter un cheval après un don

Illustration : "Adopter un cheval après un don"

Quand on cherche à devenir propriétaire d’un cheval, on pense toujours à l’achat. Résultat, on fait le tour des élevages et des sites de petites annonces à la recherche d’un cheval à acheter. On pense beaucoup moins à adopter son cheval. Souvent donnés après une carrière sportive bien remplie, après une blessure ou en raison de problèmes personnels du propriétaire, ces chevaux aussi cherchent une nouvelle famille. Récupérer un cheval en don ne s’improvise pas. Il est important de comprendre ce qu’implique l’adoption d’un tel cheval. Où trouver un cheval à adopter ? Combien ça coûte ?

Pourquoi certains chevaux sont-ils donnés ?

Lorsqu’un propriétaire donne son cheval, c’est souvent parce qu’il rencontre des problèmes financiers ou qu’il n’a plus le temps de s’occuper de son animal. Parfois, c’est le cheval qui souffre d’une maladie physique ou psychologique qui le rend « inutilisable ». Dans ce dernier cas, on pourrait attendre d’un propriétaire qu’il garde son cheval jusqu’au bout et qu’il lui offre une retraite douce et paisible au pré, mais ce n’est pas toujours le cas.

Un propriétaire qui, pour une raison ou pour une autre, ne peut plus ou ne veut plus s’occuper de son cheval peut chercher à le donner à une tierce personne contre bons soins. C’est souvent le destin des chevaux de course qui sont réformés et qui ne présentent plus d’intérêt pour leur propriétaire. Malheureusement ces chevaux finissent souvent à l’abattoir.

Parfois, un propriétaire donne son cheval à contrecoeur, parce qu’il n’a pas d’autres choix. Dans ces cas-là, il voudra connaître votre profil avec précision, savoir qui vous êtes, où vous comptez placer son cheval, ce que vous comptez en faire… Il voudra aussi avoir quelques nouvelles de lui pour s’assurer qu’il a trouvé une bonne famille à son cheval.

Cheval à donner : attention aux pièges !

Lorsque vous récupérez un cheval gratuitement, c’est rarement sans conséquence. Le cheval est généralement vieux ou à problèmes (de santé ou comportementaux). Vous devez vous attendre à tout, d’autant plus que la visite vétérinaire qui doit avoir lieu avant un achat n’est pas courante dans le cas d’une adoption.

Adopter un cheval, c’est être prêt à assumer des problèmes de santé tels qu’un emphysème pulmonaire ou une boiterie persistante, ainsi que des problèmes comportementaux. Vous ne connaissez pas le passé du cheval, du moins, vous ne connaissez que ce qu’on a bien voulu vous dire. Celui-ci peut avoir vécu des choses qui l’auront rendu agressif ou peureux. Il peut également s’agir de poulains dont il faudra faire toute l’éducation. Mais là encore, ne vous attendez pas à un avenir tout rose : vous ne savez pas à quel point il sera gérable ou volontaire lorsqu’il arrivera à l’âge adulte.

Si l’annonce que vous avez trouvée mentionne qu’il s’agit d’un jeune cheval en bonne santé qu’il faille sauver “sinon boucherie”, méfiez-vous. Un professionnel a plus intérêt à vendre ce cheval 1000€ pour du loisir que de récupérer 700€ en boucherie. Si votre but est de sortir en compétition, dites-vous qu’il est peu probable qu’il s’agisse réellement d’un cheval en super état. De même, une annonce pour un cheval à donner peut dissimuler une arnaque. Il peut en fait s’agir d’un cheval volé dont la personne cherche à se débarrasser.

Tout ceci n’est bien évidemment que recommandation ! Chaque cheval est différent, chaque cheval a son histoire. Vous pouvez très bien tomber sur une crème qui n’a pas eu de chance et dont le propriétaire, malgré tout sa bonne volonté, n’a finalement plus les moyens pour l’entretenir.

Lorsqu’il s’agit d’un sauvetage, il faut souvent aller très vite et vous n’avez alors pas l’occasion de découvrir le cheval au préalable. Mais si vous en avez l’opportunité, passez un peu de temps avec l’animal avant d’envisager son adoption. C’est le meilleur moyen de vous assurer qu’il correspond à vos attentes et que vous pourrez lui offrir une longue et heureuse vie à vos côtés. Quoi qu’il en soit, consultez chaque annonce avec méfiance et renseignez-vous sur la personne qui donne le cheval.

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Comment trouver un cheval à donner ?

Vous voulez accueillir un cheval qui, pour une raison ou pour une autre, n’a pas eu la vie facile ? Ou dont le propriétaire ne veut plus ? En tapant simplement « cheval à donner » sur internet, vous trouverez de nombreuses annonces de dons de chevaux. Les raisons du don sont variées. Parfois il s’agit de chevaux blessés, parfois de vieux chevaux dont le rôle doit se résumer à celui de tondeuse. Vous pourrez également trouver des annonces sur les réseaux sociaux ou sur des forums, ainsi que dans la presse.

Néanmoins, l’une des meilleures manières d’adopter un cheval est de passer par des associations spécialisées. Il s’agit souvent d’associations qui cherchent à placer des chevaux réformés des courses ou des chevaux qui ont été saisis, abandonnés ou qui leur ont été confiés. Passer par une association est un bon moyen de se protéger des arnaques, des annonces aguicheuses et de problèmes en tous genres, de s’assurer du caractère de l’animal, d’avoir les bonnes informations quant à son état de santé et de s’assurer des bonnes intentions du donneur.

Récupérer un cheval à donner, combien ça coûte ?

L’adoption d’un cheval peut être totalement gratuite si vous traitez directement avec le propriétaire de l’animal.

Si vous êtes en contact avec une association comme la SPA, vous aurez des frais d’adoption à payer. La somme n’est jamais très élevée, mais elle permet à l’association de s’assurer du sérieux de votre demande et de rembourser les frais vétérinaires éventuellement avancés.

Si vous passez par une association de sauvetage des chevaux réformés des courses, vous devrez payer plusieurs centaines d’euros (de l’ordre de 800€ environ) pour adopter votre futur cheval.

Que vous récupériez un cheval à donner ou contre une modique somme, il ne faut pas oublier qu’un cheval peut être coûteux dans le temps et que vous devrez injecter de l’argent pour l’entretenir. Frais vétérinaires réguliers (vaccins et vermifuges) ou plus ponctuels, mais aussi plus élevés (tendinites ou coliques par exemple) sont à prendre en compte. C’est un budget d’autant plus important que vous récupérez un cheval dont vous ne connaissez souvent pas le passé.

A moins de laisser votre cheval vivre en pâture et que ses sabots puissent s’user de manière naturelle, il faudra aussi payer un maréchal-ferrant pour qu’il vienne parer, voire ferrer, votre cheval. Si vous adoptez une mère gestante, certes vous aurez un poulain, mais un poulain qu’il faudra là aussi entretenir. C’est important d’avoir l’ensemble de ces frais bien en tête.

Vous devrez également héberger ce cheval. Où comptez-vous le faire ? Chez vous ? Alors vous devrez injecter de l’argent dans sa nourriture (foin, granulés…) et dans l’entretien de son espace de vie. Si vous ne pouvez pas l’accueillir chez vous ou que votre cheval peut être travaillé, vous le placerez probablement dans une écurie de propriétaires. Cette solution d’hébergement vous permettra d’accéder aux installations équestres de la structure moyennant finances, qu’il faut à nouveau prendre en compte.

Si vous louez une pâture, la somme mensuelle restera abordable. Mais si vous mettez votre cheval dans une structure équipée, vous pouvez en avoir pour plusieurs centaines d’euros par mois. Que le cheval soit montable ou non, vous devrez aussi investir dans le matériel nécessaire à son entretien et à son travail (quand c’est possible). Là encore c’est un budget.

N’oubliez pas qu’un cheval peut vivre plus de 30 ans. Ne l‘adoptez que si vous pouvez assumer ces frais tout au long de sa vie.

A lire aussi : Choisir son cheval de randonnée

Don d’un cheval : quelles sont les démarches juridiques ?

Pour pouvoir devenir le nouveau propriétaire d’un cheval, il faut que vous et l’ancien propriétaire remplissiez les papiers de changement de propriétaire. Vous devrez alors remplir la carte de propriétaire du cheval en indiquant vos coordonnées. Ce document doit être envoyé au SIRE qui vous renverra ensuite une carte actualisée.

Si l’ancien propriétaire ne l’a plus, un certificat de vente doit être établi. C’est ce document qui prouvera qu’il vous transfère la propriété de son cheval. Attention, c’est à vous de vérifier que l’identité du propriétaire figurant sur la carte est la bonne. Aussi, veillez à bien avoir le livret d’identification du cheval en repartant avec lui. C’est indispensable pour prouver que vous êtes bien en sa possession.

Parfois, le propriétaire vous demandera de signer un contrat d’adoption selon lequel le cheval peut lui être restitué si vous ne traitez pas correctement l’animal. C’est notamment le cas des associations qui veulent à tout prix placer le cheval dans LA bonne famille.

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