Une étude vétérinaire valide l'usage des phéromones pour stopper les bagarres de chats

Entre les regards fixes, les courses-poursuites et la cohabitation sous tension, vivre avec plusieurs chats n’a parfois rien d’un long fleuve tranquille ! Dans ce cas, les phéromones peuvent-elles vraiment changer la donne en apaisant les tensions ? C’est ce qu’une équipe de chercheurs américains a cherché à savoir.

Illustration : "Une étude vétérinaire valide l'usage des phéromones pour stopper les bagarres de chats"

Vivre avec plusieurs chats, ce n’est pas toujours la cohabitation paisible qu’on imagine. Le chat reste en effet un animal très territorial et les tensions peuvent vite apparaître : regards fixes, évitement, petites intimidations, parfois même poursuites ou bagarres. Cette agressivité ambiante peut facilement impacter le bien-être des animaux, mais aussi celui des humains qui partagent leur quotidien.

Dans ce contexte, certains propriétaires ont parfois recours à la phéromonothérapie pour favoriser l’apaisement de leurs minous. Mais est-ce vraiment efficace ? Pour mieux comprendre l’intérêt de l’utilisation des phéromones apaisantes félines (FAP), une étude américaine publiée dans le Journal of Feline Medicine and Surgery* a évalué si les signaux chimiques pouvaient réellement réduire l’agressivité entre chats, en conditions de vie réelles.

Le test des phéromones

Pour cela, l’étude a choisi de tester l’effet d’un diffuseur de phéromones apaisantes censé reproduire un signal chimique rassurant pour les félins. L’expérience a été menée de façon rigoureuse dans 45 foyers multi-chats (de 2 à 5 chats par foyer), tous confrontés à de l’agression intraspécifique. Les participants ont été répartis de manière aléatoire entre phéromones et placebo, dans un protocole en double aveugle et contrôlé. Le traitement a duré 28 jours, avec un suivi prolongé jusqu’à 42 jours.

Les chercheurs ont ensuite pu contrôler l’évolution des conflits grâce à des journaux quotidiens tenus par les propriétaires et à une échelle comportementale standardisée (OFSIS).

Une amélioration générale… mais pas de miracle

Globalement, les résultats ont montré une amélioration dans tous les foyers, y compris ceux ayant reçu le placebo. En effet, avec le temps, les comportements agressifs ont diminué dans les 2 groupes. Le groupe « phéromones » présentait toutefois une amélioration légèrement supérieure, mais l’effet restait modeste et parfois difficile à distinguer du point de vue statistique.

Forts de ces résultats, les chercheurs ont suggéré que le contexte jouait un rôle important : les propriétaires modifiaient souvent leurs pratiques au cours de l’étude (une meilleure gestion du quotidien, moins de stress involontaire, des attitudes plus adaptées…), ce qui a pu améliorer la situation.

Dans ce cadre, les interventions comportementales semblent avoir un impact majeur, rendant difficile l’isolement de l’effet spécifique des phéromones. Ainsi, même si les diffuseurs peuvent apporter un réel bénéfice, ils ne constituent pas une solution miracle et s’inscrivent plutôt dans une approche globale de gestion des relations entre chats. En d’autres termes, les diffuseurs de phéromones apaisantes représentent un traitement prometteur pour la gestion de l'agressivité entre les petits félins vivant sous le même toit, mais ils ne font pas tout.

L’info Woopets – Comment gérer les conflits entre chats ?

Gérer les conflits entre chats demande surtout de la patience, de l’observation et quelques ajustements dans leur environnement pour rétablir une cohabitation sereine. Pour cela, vous devez :

  • Identifier la cause du conflit (territoire, arrivée d’un nouveau chat, stress, manque de ressources comme la nourriture ou les litières…) ;
  • Séparer temporairement les chats en conflit pour éviter que les tensions ne s’aggravent ;
  • Procéder à une réintroduction progressive, en les laissant d’abord s’habituer aux odeurs de l’autre avant tout contact direct ;
  • Multiplier les ressources (gamelles, litières, couchages…) afin d’éviter la compétition ;
  • Aménager l’espace en hauteur et en zones distinctes pour que chaque chat puisse s’isoler ;
  • Utiliser, si besoin, des solutions apaisantes comme les diffuseurs de phéromones ;
  • Consulter un vétérinaire ou un comportementaliste si les conflits persistent ou s’intensifient.

* DePorter T.L., et al., « Evaluation of the efficacy of an appeasing pheromone diffuser product vs placebo for management of feline aggression in multi-cat households: a pilot study », J Feline Med Surg, 2019 Apr;21(4), 293-305.

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