Récompensée par un prix cette étude scientifique prouve que le chat peut se comporter comme un liquide grâce à sa grande souplesse
Ils se glissent dans des cartons trop petits, épousent la forme d'un saladier ou s'étalent sur un canapé… Cette habitude des chats qui nous fait tous sourire a inspiré une question étonnante : les félins seraient-ils des liquides ? Derrière cette drôle d'idée se cache en réalité une véritable étude scientifique qui a montré que, sous certains aspects, les félins se comportent bel et bien comme des fluides.
Tous les propriétaires de chats l'ont déjà remarqué : leur petit félin peut se glisser dans une boîte ou un récipient et en épouser parfaitement la forme. Cette étonnante capacité d'adaptation morphologique a donné naissance à l'idée que les chats seraient des liquides, puisqu'un liquide est justement défini comme une matière capable de changer de forme pour s'adapter au récipient qui le contient. Intrigué par ce phénomène amusant, le physicien français Marc-Antoine Fardin a décidé d'étudier sérieusement la question.
Les chats sont-ils vraiment des liquides ?
Pour résoudre ce drôle de mystère, Marc-Antoine Fardin a utilisé les principes de la rhéologie, la science qui étudie la manière dont les matériaux se déforment et s'écoulent. Il ne s'est pas contenté d'observer des chats dans des récipients, mais il a appliqué aux félins une notion utilisée en physique, le temps de relaxation, c'est-à-dire le temps nécessaire à un matériau pour changer de forme et s'adapter à son environnement.
Son raisonnement repose sur une idée simple : selon la durée pendant laquelle on observe un objet, son comportement peut sembler différent. Sur un temps très court, un chat conserve sa forme et se comporte comme un solide. Mais si on lui laisse suffisamment de temps pour s'installer dans une boîte ou un récipient, il peut progressivement épouser ses contours, comme le ferait un liquide. Le chercheur estime ainsi que le temps d'adaptation d'un chat se situe généralement entre quelques secondes et quelques minutes.
Pour décrire ce phénomène, il a utilisé le nombre de Deborah, un outil qui compare le temps d'observation au temps nécessaire à un matériau pour se déformer. Lorsque ce nombre est élevé, le comportement paraît plutôt solide ; lorsqu'il est faible, il ressemble davantage à celui d'un liquide.

© Rheology Bulletin
La conclusion de cette amusante étude est donc la suivante : un chat n'est pas réellement un liquide, mais son incroyable souplesse permet de l'étudier comme un matériau viscoélastique, capable d'avoir à la fois des propriétés de solide et de fluide.
L’humour au service de la science
Cette étude décalée montre que l'humour peut aussi être un formidable outil pour faire découvrir la science. En observant un comportement aussi banal qu'un chat qui se glisse dans une boîte, Marc-Antoine Fardin a transformé une simple plaisanterie en véritable réflexion scientifique. Publiée dans le Rheology Bulletin*, cette étude a d'ailleurs reçu le prix Ig Nobel de physique en 2017, une récompense qui célèbre les recherches capables de faire rire tout en suscitant la réflexion.
Les chats ne sont évidemment pas des liquides, mais leur capacité à se déformer et à s'adapter à leur environnement révèle des similitudes étonnantes avec certains matériaux étudiés en rhéologie et en dynamique des fluides. Une conclusion pour le moins inattendue !
* M.A. Fardin, « On the rheology of cats », Rheology Bulletin, 83(2) July 2014.
Par Ludivine Beaurin
Rédactrice web
Historienne reconvertie dans la rédaction web, Ludivine a toujours adoré l’écriture et les animaux. Maîtresse de 6 adorables chats, elle trouve beaucoup d’inspiration dans les facéties de ses boules de poils.
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