Les chats roux sont-ils systématiquement des mâles ?
On a tous déjà entendu dire que les chats roux seraient forcément des mâles, mais qu’en est-il vraiment ? En réalité, cette idée reçue très répandue ne résiste pas vraiment à la génétique. Alors, que se cache-t-il derrière cette couleur emblématique ? Voici ce qu’il faut savoir sur le pelage roux de nos amis à moustaches.
On entend souvent dire qu’un chat roux est forcément un mâle. Cette idée reçue vient tout simplement de ce que beaucoup de gens observent autour d’eux : la majorité des chats roux qu’ils croisent sont effectivement des mâles. À force, cette constatation du quotidien s’est transformée en une sorte de « vérité » populaire, sans être totalement exacte pour autant. Car même si elles sont un peu plus rares, les chattes rousses existent bel et bien ! Pour le comprendre, faisons un point de génétique féline.
Une question de chromosomes
La couleur rousse chez les chats est surtout une histoire de chromosomes et de hasard génétique. Tout se joue sur le chromosome X, qui porte le fameux gène O (Orange), responsable de la production de phéomélanine, le pigment à l’origine du phénotype roux. Cette mélanine existe aussi chez d’autres mammifères, mais elle s’exprime ici de façon particulièrement visible.
Comme les mâles n’ont qu’un seul chromosome X, il leur suffit d’hériter de ce gène pour être roux, ce qui explique pourquoi ils sont souvent plus nombreux.
Les femelles, elles, ont 2 chromosomes X : pour être entièrement rousses, elles doivent recevoir le gène sur les 2, ce qui est plus rare. Sinon, elles développent souvent des robes particulières comme l’écaille de tortue ou le calico, à cause de l’inactivation aléatoire d’un des chromosomes X.
Ce mécanisme explique donc une chose importante : oui, les mâles roux sont plus nombreux, mais non, la couleur rousse n’est pas une exclusivité masculine. Une récente étude publiée dans la revue Current Biology* a d’ailleurs permis de mieux comprendre ce phénomène. Les chercheurs ont ainsi identifié une petite mutation sur le chromosome X qui active le gène Arhgap36 dans les cellules pigmentaires. Cette activation bloque en partie la production de pigments foncés au profit des pigments roux-orangé, donnant ainsi leur célèbre pelage aux chats roux. Une mutation unique aux chats qui ne se retrouve chez aucun autre mammifère orange, même chez les humains !
À noter également une autre particularité amusante : les chats roux sont presque toujours tigrés, car le gène orange ne masque pas les motifs tabby, d’où ces rayures ou marbrures très fréquentes. Décidément, nos petits rouquins à moustaches ne cesseront jamais de nous étonner !
*Kaelin C. et al., “Molecular and genetic characterization of sex-linked orange coat color in the domestic cat”, Current Biology, 2025; 35, 2826-2836.
Par Ludivine Beaurin
Rédactrice web
Historienne reconvertie dans la rédaction web, Ludivine a toujours adoré l’écriture et les animaux. Maîtresse de 6 adorables chats, elle trouve beaucoup d’inspiration dans les facéties de ses boules de poils.
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