L'évolution de l'ADN du chat révèle pourquoi ils sont si difficiles et détestent le sucre

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Vous avez déjà proposé une petite gourmandise sucrée à votre chat et constaté son indifférence totale ? C’est normal : les félins ne perçoivent pas le goût sucré comme nous. Des chercheurs ont d’ailleurs découvert que cette particularité se cache directement dans leur ADN. On vous explique.

Illustration : "L'évolution de l'ADN du chat révèle pourquoi ils sont si difficiles et détestent le sucre"

On pense souvent que les chats sont de vrais petits gourmands. Alors, oui, ils raffolent souvent du poisson ou de la viande, mais présentez-leur un gâteau ou une glace, ils n’éveilleront probablement aucune envie chez eux. Et pour cause ! Contrairement aux humains (et même aux chiens) les félins sont totalement indifférents au goût sucré. Pire encore : chez nos petits moustachus, ce goût n’existe pas ! Leur sens du goût fonctionne pourtant parfaitement : ils savent reconnaître les saveurs liées à la viande, ainsi que l’amertume ou l’acidité, qui peuvent les aider à éviter des aliments dangereux. En revanche, ils n’ont pas la capacité de détecter les sucres grâce à leurs papilles. Mais pourquoi ? Une équipe de chercheurs américains s’est justement penchée sur la question.

L’explication est dans l’ADN du chat

Pour comprendre pourquoi les chats ne perçoivent pas le goût sucré, les chercheurs se sont intéressés directement à leur ADN. Chez la plupart des mammifères, la détection du sucre repose sur l’association de 2 gènes, TAS1R2 et TAS1R3, qui fabriquent ensemble un récepteur gustatif présent dans les papilles. Les scientifiques ont donc comparé ces gènes chez le chat avec ceux d’espèces qui apprécient le sucre, comme le chien, la souris ou l’être humain.

Leurs analyses ont révélé une anomalie majeure : le gène TAS1R2 du chat comporte une petite perte de séquence d’ADN qui perturbe complètement son fonctionnement. Cette modification empêche la fabrication de la protéine nécessaire à la perception du sucre. Le gène est alors devenu un pseudo-gène, en d’autres termes, il s’agit d’une portion d’ADN qui existe toujours, mais qui ne remplit plus sa fonction d’origine. Pour confirmer leur découverte, les chercheurs ont étudié l’activité de ces gènes directement dans les tissus gustatifs des chats. Ils ont ainsi détecté le fonctionnement de TAS1R3, mais aucune trace fonctionnelle de TAS1R2 dans les papilles.

Ils ont ensuite vérifié que cette particularité n’était pas propre au chat domestique en analysant l’ADN d’autres félins, notamment le tigre et le guépard. Chez ces espèces, ils ont retrouvé la même anomalie génétique. Ces résultats suggèrent donc que la perte du goût sucré est apparue au cours de l’évolution moléculaire des félins, probablement parce qu’elle n’était plus utile à ces animaux dont l’alimentation repose presque exclusivement sur la viande.

Un goût façonné par un régime de carnivore strict

Publiée dans The Journal of Nutrition*, cette étude révèle ainsi que la disparition du goût sucré chez le chat est le fruit d'une adaptation au cours de son évolution.

Contrairement aux chiens, capables d’apprécier certains sucres comme le saccharose, le glucose ou le fructose, les félins n’ont jamais eu besoin de cette information pour choisir leur nourriture. Leur alimentation repose en effet presque exclusivement sur la viande, riche en protéines et en nutriments essentiels. Leur système gustatif s’est donc spécialisé dans la détection des saveurs qui leur sont utiles, notamment celles liées aux acides aminés présents dans les proies.

Cette différence entre chats et chiens, pourtant tous 2 membres de l’ordre des Carnivores, témoigne bien de la façon dont l’évolution façonne les sens d’une espèce en fonction de son mode de vie. Au fil des générations, certaines modifications de l’ADN peuvent transformer les comportements alimentaires : un gène devenu inutile peut progressivement perdre sa fonction, comme c’est le cas du récepteur du goût sucré chez les félins.

Alors, si votre chat ignore systématiquement les friandises sucrées (qui ne sont de toute façon pas bonnes pour lui), ce n'est pas parce qu'il est difficile. C'est simplement un petit prédateur qui n'a aucun besoin de rechercher le sucre et qui sait parfaitement reconnaître ce qui lui est vraiment essentiel : la viande.

L’info Woopets – Quelles friandises donner à son chat ?

Si vous voulez faire plaisir à votre petit compagnon, choisissez de préférence des récompenses qui rappellent son alimentation naturelle. Voici les friandises les plus adaptées :

  • Des bouchées riches en protéines à base de poulet, de dinde, de poisson ou de viande déshydratée ;
  • Des friandises spécialement conçues pour les chats : certaines peuvent aussi contribuer à l’hygiène dentaire ou à la gestion des boules de poils ;
  • Un petit morceau de viande cuite nature (sans sel, sans épices, sans sauce) ;
  • Des quantités limitées : les friandises doivent rester un plaisir ponctuel et ne jamais remplacer une alimentation équilibrée.

* Xia Li, et al., « Cats Lack a Sweet Taste Receptor », The Journal of Nutrition, Volume 136, Issue 7, Juillet 2006, p.1932S-1934S.

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