Face à l’impact de la surpopulation féline sur la biodiversité, la SPA propose des solutions concrètes pour une cohabitation harmonieuse
Et si les chats et la petite faune sauvage pouvaient vivre en harmonie ? Dans le cadre de sa grande campagne de communication sur les chats errants, la SPA attire l’attention sur un aspect souvent méconnu : l’impact des félins sur la biodiversité. Cette initiative invite à réfléchir à une meilleure cohabitation entre les chats, les animaux sauvages et les humains, et propose des solutions concrètes pour agir ensemble afin de protéger la faune tout en respectant le bien-être de nos petits compagnons à moustaches.
En France comme ailleurs, la surpopulation féline est un véritable drame. Chaque jour, des milliers de chats errants survivent dans des conditions très difficiles ; beaucoup sont malades, affamés, et 75 % des chatons ne dépassent pas l’âge de 6 mois. Sans stérilisation, un seul couple de chats peut engendrer théoriquement jusqu’à 20 000 descendants en 4 ans, saturant les refuges et les fourrières, et créant des situations ingérables pour les riverains (miaulements, mauvaises odeurs, poubelles fouillées, bagarres…). Cette situation dramatique a aussi des effets sur la petite faune sauvage, une conséquence sur laquelle la SPA a souhaité communiquer dernièrement.
L’impact des chats sur la biodiversité
Qu’il soit domestique ou errant, le chat reste un prédateur. Même bien nourri, il peut continuer à chasser par instinct. Cette prédation a toutefois un impact direct sur la biodiversité, même si elle s’ajoute à d’autres pressions déjà importantes comme l’urbanisation, l’usage des pesticides ou le changement climatique. Le chat n’est donc pas l’unique cause du déclin de certaines espèces, mais il fait partie d’un ensemble de facteurs qui fragilisent la petite faune sauvage.

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Une étude participative menée par la SFEPM (Société Française pour l’Étude et la Protection des Mammifères) et le Muséum national d’Histoire naturelle, dans le cadre du programme «Chat domestique & biodiversité », a permis de mieux mesurer cette réalité. Entre 2015 et 2022, plus de 36 000 proies rapportées par 5 048 chats ont été recensées.
Elles concernent plus de 200 espèces différentes : 68 % de petits mammifères (musaraigne, mulot, souris…), 21 % d’oiseaux (mésange, rouge-gorge, merle noir…), 8 % de reptiles (lézard…), mais aussi des insectes, des amphibiens, des poissons ou encore des gastéropodes. Parmi elles figurent parfois des espèces plus fragiles, comme certaines chauves-souris — qui n’ont qu’un petit par an — ou le chardonneret élégant, classé sur la Liste rouge des espèces menacées en France.
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Des solutions concrètes pour mieux coexister
Protéger la biodiversité tout en prenant soin de nos petits félins est heureusement possible grâce à des gestes simples et responsables.
Les propriétaires de chats peuvent notamment agir à leur échelle. Voici quelques astuces recommandées par la Ligue Protectrice des Oiseaux :
- Faire identifier et stériliser son chat ;
- L’équiper d’un collier sécurisé à grelot ou d’une collerette colorée (seulement s’il les supporte) ;
- Lui offrir une alimentation de qualité, riche en protéines animales ;
- Lui proposer des jeux et des activités pour canaliser son instinct de chasseur ;
- Aménager son jardin en créant des zones refuges pour la petite faune (haies, murets, herbes hautes…), en installant les mangeoires et les nichoirs à oiseaux en hauteur et dans des zones dégagées, en utilisant des dispositifs dissuasifs comme des barrières « stop minou » ou des plantes répulsives ;
- Limiter les sorties de son chat lors des périodes sensibles pour les oiseaux (premier envol des jeunes, mauvais temps…) ;
Pour les chats errants, la stérilisation reste essentielle pour réduire la population féline et, de fait, la pression sur la biodiversité. En France, la loi confie aux communes la responsabilité de leur gestion et les encourage à mettre en place des campagnes de capture, stérilisation et identification. Hélas, aujourd’hui, près de 2 tiers des animaux recueillis dans les refuges sont des chats, un chiffre qui montre les conséquences directes du manque de politiques locales de stérilisation.
La SPA rappelle à cette occasion qu’elle propose tout un dispositif d’accompagnement pratique, juridique et financier pour les communes et les enjoint à s’impliquer davantage, notamment à travers une pétition citoyenne en ligne (voir notre article récent).
Une cohabitation harmonieuse repose donc à la fois sur une prise de conscience des propriétaires de l’impact de leur petit compagnon sur la biodiversité et sur l’engagement des municipalités contre la prolifération féline. En adoptant des pratiques simples et respectueuses, chacun peut ainsi protéger la faune locale tout en assurant le bien-être des petits félins. En fin de compte, plus de chats stérilisés signifie moins de pression sur la biodiversité, et une cohabitation plus sereine entre humains, chats et nature.
Par Ludivine Beaurin
Rédactrice web
Historienne reconvertie dans la rédaction web, Ludivine a toujours adoré l’écriture et les animaux. Maîtresse de 6 adorables chats, elle trouve beaucoup d’inspiration dans les facéties de ses boules de poils.
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