Les conflits entre poules

Illustration : "Les conflits entre poules"

La vie des poules n’est pas toujours pacifique. Que ce soit pour garder leur place dans la hiérarchie, par manque d’espace ou pour un changement dans leur vie, il arrive que les poules se battent. Une telle situation peut laisser un éleveur débutant dans le plus grand désarroi. Heureusement, les conflits entre les poules ont toujours une cause et le plus souvent une solution.

La différence entre conflits et respect de la hiérarchie chez les poules

Avant d'aborder les conflits chez les poules et comment les résoudre, il est important de différencier les affrontements « naturels » des conflits dus à l’environnement des poules. Le poulailler n’est pas une société anarchique, c’est un lieu où règne l’ordre avec une hiérarchie bien claire. Le terme « ordre de picage » (hiérarchie de becquetage en français) a été créé en 1921 par Thorleif Schjelderup-Ebbe pour décrire la hiérarchie chez les poules.

Très simplement, c’est un classement de toutes les poules présentes dans le poulailler, y compris les coqs s’il y en a. Les poules les plus imposantes et agressives sont souvent celles qui prennent la tête du groupe, prouvant à coups de bec et par l’intimidation qu'elles sont les plus fortes, et donc au sommet de la hiérarchie. Chaque poule en domine une autre jusqu’à la dernière, offrant des privilèges aux dominantes tels qu’une place de choix sur le perchoir ou la priorité pour la nourriture.

Les poules qui se disputent une place commencent par se montrer, en se pavanant, en gonflant leurs plumes et en caquetant. Si la poule à laquelle elles s'opposent ne recule pas, c'est à ce moment-là que le picage commence. Selon l'entêtement des poules à défendre leur statut, tout ce processus peut ressembler à un combat.

En tant qu'éleveur de poules, il est important de comprendre que la hiérarchie de becquetage est un système naturel qui a bien servi aux poules depuis la nuit des temps. Bien que cela puisse parfois sembler violent, voire sanglant, c'est le système de société des poules, et il vaut mieux que vous le respectiez.

Quelles sont les sources de conflits chez les poules

Le manque de nourriture

Comme tout autre animal, les poules se battent si la nourriture vient à manquer. Si vous ne dosez pas correctement les rations de nourriture que vous donnez à vos poules, il y a des chances qu’elles se battent quand vous en apportez ou quand il n’y en a plus. Certaines personnes se lancent dans l'élevage de poules pour économiser de l’argent, notamment en arrêtant d’acheter des œufs, mais il est fort probable que vos poules vous coûtent un peu dans un premier temps. Il faut d’abord déterminer la quantité de nourriture à leur donner et celle qui leur convient le mieux.

Poulailler trop petit, absence de temps en liberté

Le manque d'espace est stressant pour les poules, il peut engendrer de l’ennui et des conflits. Votre poulailler est-il assez grand pour le nombre de poules que vous avez adopté ? Vos poules passent-elles assez de temps à l’extérieur ? Si elles sont confinées dans un enclos, est-il suffisamment spacieux pour que chacune puisse explorer le sol à sa guise ? Une gestion responsable de l’élevage consiste à s'assurer que vos poules ont suffisamment d'espace. Retrouvez les bonnes dimensions dans le chapitre solution (en dessous).

L’introduction d’une nouvelle poule

L'arrivée d'une nouvelle poule dans le poulailler provoquera probablement des perturbations qui pourraient conduire à un conflit. Si vos poules estiment déjà que l'espace est insuffisant, ou si elles sont préoccupées par la quantité de nourriture disponible, ou encore si elles pensent que leur position dans la hiérarchie est menacée, attendez-vous à ce que vos poules donnent du fil à retordre à la nouvelle.

Une poule blessée, malade, la présence de prédateurs

S'il y a une poule malade ou qui saigne, les autres seront plus susceptibles de l'attaquer. Les poules sont en effet omnivores et donc carnivores, elles peuvent même se tourner vers le cannibalisme dans certains cas. L'instinct des poules est d'éliminer les plus faibles qui pourraient compromettre la santé générale du groupe. Cela peut paraître horrible, mais c'est en fait juste l'instinct de sélection naturelle. Il en va de même si des prédateurs rôdent autour du poulailler, les poules n’hésiteront pas à livrer la plus faible pour sauver leur peau.

Comment les éviter les conflits ou les résoudre

Pour éviter les conflits liés à la faiblesse d’une poule : tout d'abord, vérifiez quotidiennement si toutes vos poules présentent des symptômes de mauvaise santé. Isolez une poule en mauvaise santé du poulailler jusqu'à ce qu'elle soit complètement rétablie. Vous pouvez garder une poule malade ou blessée dans votre garage par exemple avec beaucoup de litière, de nourriture et d'eau. Pour savoir si une poule est malade, regardez si elle est en partie déplumée, si sa crête est pâle ou tombante. Une respiration sifflante, une toux, un écoulement nasal ou du sang sont d’autres signes.

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Pour éviter le stress lié aux prédateurs et les conflits qui en découlent : la solution est évidemment un poulailler et un enclos bien sécurisés. Des barrières assez hautes et profondément ancrées dans le sol pour qu’un renard ne puisse pas grimper ou creuser, des fenêtres grillagées pour qu’un rapace ne puisse pas rentrer… Découvrez comment protéger vos poules des prédateurs.

Pour introduire de nouvelles poules dans le poulailler sans conflit : vous pouvez consulter notre guide sur l’introduction des poules. En résumé, il faudra procéder par étape :

  • Tout d'abord, essayez d'introduire de nouvelles poules par paires plutôt que de les introduire seuls. Cela permet à une nouvelle poule d'avoir un allié pour lui tenir compagnie si le reste du poulailler la malmène ;
  • Placez les nouvelles poules dans un endroit isolé, mais d’où elles peuvent être senties et remarquées par les autres sans contact possible ;
  • Ensuite, pendant une semaine environ, faites visiter le poulailler aux nouvelles poules en votre présence ;
  • Le jour où vous installez les nouvelles poules pour de bon, fournissez des distractions supplémentaires comme des jouets et des friandises à vos poules établies. Vos anciennes poules seront déjà un peu moins attentives à leur présence, mais l'ajout de friandises ou de jouets les détournera de la tentation de picorer les nouvelles venues ;
  • N’introduisez pas des poussins qui n’ont pas été couvés par une poule, attendez qu’ils soient aussi grands que les adultes.

Pour lutter contre les conflits liés à la surpopulation du poulailler : tout d'abord, assurez-vous que chaque poule dispose de suffisamment d'espace. À l’intérieur du poulailler, on compte environ 1 m2 par poule jusqu’à 3 poules. Ensuite 2 m2 pour 3 ou 4 poules, 3 m2 pour 4 à 6 poules… Ces valeurs sont correctes dans la mesure où vos poules peuvent évidemment passer la majeure partie de leur journée dehors.

À l’extérieur, on compte environ 10 m2 par poule avec la même règle : 20 m2 minimum pour 3 poules, 30 m2 pour 4 poules, 40 m2 pour 6 poules ou plus. Il peut être compliqué de fournir autant d’espace à vos poules, mais un sol riche où elles pourront glaner des insectes et des herbes est essentiel. Une solution alternative est d’opter pour un poulailler mobile avec parc grillagé, que vous pouvez déplacer pour renouveler le sol. Ensuite, déterminez si vous avez trop de poules. Vous vous êtes probablement attaché à vos petites cocottes, mais si votre jardin n'est pas assez grand pour toutes les accueillir, il faudra peut-être envisager d’en donner certaines.

Pour éviter les conflits liés à la nourriture chez les poules : assurez-vous de donner la quantité nécessaire, une poule mange entre 100 et 150 grammes par jour. Le nombre de mangeoires est aussi un facteur, une poule qui est haut placée dans la hiérarchie peut très bien bousculer une plus faible par manque de place pour manger.

Deux grandes mangeoires suffisent pour que 6 poules mangent tranquillement. De cette façon, elles ne se battent pas pour une seule assiette. La qualité est aussi importante. Les restes de cuisine (épluchures, pain, carcasses de crevettes) ne doivent pas représenter plus de 30 % de l’alimentation des poules, vos poules ont peut-être des carences et se battent pour les combler.

Vos poules doivent avoir une bonne dose de protéines, des acides aminés, mais aussi du calcium (pour la coquille des œufs). Elles ont aussi besoin de « grit », une sorte de petits gravillons pour les aider à broyer les aliments. Il peut être difficile de fournir toutes ces choses, mais il est essentiel pour des poules heureuses que vous leur donniez exactement ce dont elles ont besoin.

Céréales protéagineuses, coquilles d’huitre broyées pour le calcium et un peu de verdure. Dans tous les cas, si vous avez fourni à vos poules une surface de terrain suffisante, elles pourront également chercher des insectes pour compléter leur alimentation. Dans le doute, consultez notre guide : comment nourrir une poule.

Enfin, veillez à ce qu'elles aient accès à de l'eau propre constamment, une poule peut boire jusqu’à un demi-litre d’eau par jour en plein été.

A lire aussi : La journée type d'une poule

Les conflits de coqs

Avoir un coq dans le poulailler n’est pas de tout repos. Ils aiment bien intimider les poules pour montrer leur domination, ce qui empêche une ponte optimale et entraîne la possibilité d'œufs fécondés. Il peut aussi être mal domestiqué. À l'état naturel, les coqs sont agressifs et se battent avec tous ceux qui semblent menaçants. Plusieurs coqs ensemble vont sûrement se battre, pour des questions d'ordre et d’accès aux poules. Vos poules s'en sortiront beaucoup mieux avec le moins de coqs possible (1 coq pour 6 poules).

Tout d'abord, demandez-vous si vous avez vraiment besoin d'un coq. Si vous élevez des poules uniquement pour les œufs, un coq est plus une source de problème qu’autre chose.

Si vous choisissez d’avoir un coq, choisissez-le de la même race que vos poules. Il ne doit jamais être beaucoup plus grand que les poules, car il risquerait d’abuser de sa force.

Ensuite, un coq a souvent besoin d'être domestiqué, si le vôtre est trop agressif, montrez-lui qui est en haut de la hiérarchie. Ramassez votre coq et transportez-le partout. Si vous le tenez, il perdra son pouvoir d'attaque. Attention, ne le frappez pas ! Vous pouvez gravement blesser votre oiseau en faisant cela. Vous êtes beaucoup plus grand et plus fort que lui.

Une autre possibilité est de montrer votre taille. Attrapez le coq qui essaie de vous dominer et forcez-le à s'asseoir. Maintenez-le jusqu'à ce qu'il cesse de lutter, c’est le signe qu’il a accepté votre supériorité.

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