La hiérarchie chez les poules

Illustration : "La hiérarchie chez les poules"

Si vous avez passé du temps à observer les poules, vous avez probablement remarqué qu’elles n’ont pas toutes un accès égal à la nourriture et à l'eau ou une place de choix sur le perchoir. Pourtant le calme règne sur le poulailler et tous les gallinacés semblent accepter leur sort ainsi que leur place dans la hiérarchie. Alors comment les poules maintiennent-elles l'ordre social ?

L’ordre de picage

La hiérarchie chez les poules est connue sous le nom d'ordre de picage ou de hiérarchie de becquetage, un terme que l’on doit au zoologiste norvégien Thorleif Schjelderup-Ebbe. En 1904, alors que le jeune Thorleif n’a que 10 ans, il est chargé par ses parents de surveiller les poules de la maison que sa famille occupe à Oslo. C’est ainsi que sa passion pour les animaux va naitre. Il observe le comportement des poules et consigne ses observations dans un journal.

Au fil du temps, Thorleif Schjelderup-Ebbe se rend compte qu'il y a une hiérarchie au sein du poulailler. Les poules sont souvent à la même place, et lors des affrontements liés à la nourriture, certaines poules dominantes rappellent à leurs subordonnées leur statut social par un coup de bec douloureux, d'où le terme "ordre de picage". Il théorisera ce phénomène dont il fera état en 1923.

La poule la plus dominante bénéficie de certains privilèges :

  • Un accès privilégié et prioritaire à la nourriture et à l'eau
  • Le premier choix de nichoirs
  • La meilleure place sur le perchoir
  • Un accès prioritaire aux bains de poussière.

Si un autre oiseau tente de marcher sur ses plates-bandes, elle l’oblige rapidement à se soumettre. La domination d’une poule par une autre n'est pas liée à la taille, mais plutôt à l’âge, plus simplement, l’ancienneté dans le poulailler joue un rôle certain.

La poule de deuxième rang ne se gênera pas pour picorer n'importe quelles subordonnées, mais n'osera pas pour autant défier la poule dominante. Cette logique s’applique à toutes, chaque poule pique celle qui est en dessous d'elle dans l’ordre social jusqu’à la dernière. Aucune poule n’échappe à la hiérarchie.

La hiérarchie avec un ou plusieurs coqs

Dans un poulailler mixte, c’est le coq qui est en haut de la pyramide, en raison de son rôle de protecteur. S’il y en a plusieurs, les mâles se disputeront alors la première place (le rôle d'alpha), tandis que les poules se disputeront entre elles la position de poule dominante. Dans le cas où vous posséderiez plusieurs coqs (et surtout trop peu de poules), le quotidien peut vite devenir sportif tant ils se disputeront, le coq bêta ne s’avouant que très difficilement vaincu, car la défaite met en péril son envie instinctive de reproduction. S'il n'y a qu'un seul coq, il prendra la position dominante à condition d’être sexuellement mature.

Le coq alpha est le patron : il jouit de la première position dans tous les domaines, des libertés avec les poules aux perchoirs les mieux situés en passant par le règlement des différends. Il est aussi prédisposé aux combats contre les nouveaux venus.

Comment s’organise la hiérarchie dans un poulailler sans coq ?

La plupart des éleveurs familiaux n’ont pas de coq. Par souci de calme ou tout simplement, car ils n’ont pas assez de poules. Dans ce cas, c’est l’une des poules de la basse-cour qui endossera ce rôle de leader en remplacement du coq absent. C’est le plus souvent la poule dominante qui restera également première des poules si vous décidez d’adopter un coq.

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La marche à suivre pour intégrer de nouvelles poules dans le poulailler

Lorsque vous introduisez de nouvelles poules au sein d’un poulailler déjà occupé, les dernières arrivées devront elles aussi trouver leur place dans la hiérarchie. Il y a de fortes chances qu’elles se fassent piquer, d’autant plus si elles n’ont pas un tempérament de poule soumise. Ce seront peut-être elles qui piqueront les autres un jour, mais le processus peut être long et éprouvant. Voici 5 solutions pour éviter la guerre des poules.

1. Introduisez toujours plusieurs poules, une pauvre poulette seule risquerait de passer bien plus qu’un mauvais quart d’heure.

2. Introduisez les nouvelles poules durant la nuit ou en soirée, car cela peut contribuer à réduire les conflits de classe. Profitez du calme du poulailler pour placer les nouveaux oiseaux sur les perchoirs. Les poules sont beaucoup moins susceptibles de commencer à se battre la nuit et auront tendance à moins considérer les nouveaux venus comme des intrus une fois qu'il fera jour.

3. Si une poule est blessée ou tombe malade, retirez-la immédiatement, car il est fort possible qu'elle soit picorée à mort. Les poules sont omnivores, elles aiment les protéines et n’auront pas de scrupule.

4. Les jeunes oiseaux auront tendance à mieux s'intégrer dans un groupe d'adultes, car ils sont naturellement plus soumis et auront tendance à agir par mimétisme donc après les autres.

5. Si vous le pouvez, prévoyez un enclos séparé le long de votre poulailler afin que les poules puissent s'habituer les unes aux autres sans pouvoir entrer en contact et donc se battre. Cela n'empêchera pas les poules de décider d’une hiérarchie une fois qu'elles pourront se toucher, mais il est moins probable qu'elles soient aussi agressives que si vous aviez lâché les nouvelles venues dans l’enclos sans présentations.

La place de l’humain dans la hiérarchie des poules

Si vous n'avez que des poules, votre place dans l’ordre social importe peu, car vous ne vivez ni ne mangez avec elles. Mais un coq peut considérer son ou ses compagnons humains comme un défi direct. Vous pouvez toujours porter des protections (gants épais, lunettes de sécurité) ou attraper lorsqu'il vous poursuit le coq et le maintenir, mais ce manège quotidien peut s’avérer fatigant.

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La plupart du temps, les coqs finissent par comprendre que vous n’êtes pas une menace pour lui et ses poules, mais si ce n’est pas le cas, l’éventail des solutions est plutôt réduit. L’une d’entre elles est d’agir de manière soumise en baissant la tête et en reculant doucement dès le premier défi. Si un coq ne pense pas que vous êtes une menace pour lui, il vous laissera souvent seul, car il vous considèrera alors comme étant plus bas dans la hiérarchie. Si cela ne fonctionne toujours pas, n’essayez pas de le dresser par la force, il ne risque pas de s’avouer vaincu définitivement et chacune de vos entrées dans le poulailler sera un nouveau round. La dernière des solutions est d’envisager de donner votre coq à une personne ayant plus d’expérience avec les gallinacés.

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