Mon chien aboie en voiture : que faire ?
Pour quelles raisons un chien peut-il aboyer en voiture ? Comment faire pour que ce comportement ne se reproduise plus ?
Votre chien aboie en voiture et les trajets deviennent insupportables ? Vous aimeriez que votre chien vive plus sereinement les voyages en voiture ?
N’attendez plus et réagissez : il existe des solutions pour empêcher votre chien d’aboyer sans cesse lorsque la voiture est en marche et surtout pour lui permettre de mieux vivre les trajets.
Mon chien aboie en voiture : pourquoi ?
Tout d’abord, pour résoudre un problème de manière efficace, il faut en trouver la cause afin d'aboutir aux solutions adaptées à la situation. Voici les raisons principales qui amènent un chien à aboyer en voiture :
- L’aboiement permet au chien d’extérioriser un mal-être, une anxiété liée aux trajets en voiture.
- Le chien aboie pour attirer l’attention.
- L’aboiement est utilisé comme moyen d’intimidation envers les personnes ou véhicules qui s’approchent de son espace.
- L'excitation et la frustration : certains chiens aboient non pas par peur, mais parce qu'ils sont surexcités (anticipation d'une balade, vue de congénères ou de passants). L'aboiement de frustration, souvent plus aigu et répétitif, survient quand le chien voit un stimulus sans pouvoir y accéder.
- Le mal des transports : souvent sous-estimé, il peut se manifester par des aboiements associés à de la salivation, des bâillements excessifs ou des vomissements. Si vous suspectez un mal des transports, consultez votre vétérinaire avant d'entamer un travail comportemental.
Dans toutes les raisons évoquées ci-dessus, on parle bien entendu d’inconfort dès lors que le chien est enfermé dans cet espace qu’est la voiture, qui le rend soit trop anxieux, soit trop frustré, soit trop gardien. Et dans tous les cas, il existe des solutions pour régler le problème.
Mon chien aboie en voiture : que faire ?
Conseil n°1 : Habituer positivement son chien à la voiture
- Étape 1 : Laissez votre chien explorer la voiture à l'arrêt, portières ouvertes, sans contrainte. Récompensez chaque moment calme.
- Étape 2 : Installez-le à bord, démarrez le moteur sans partir. Restez quelques minutes puis coupez le moteur et récompensez.
- Étape 3 : Effectuez des mini-trajets de 2-3 minutes vers une destination agréable (parc, forêt).
- Étape 4 : Allongez progressivement la durée et variez les destinations pour que la voiture ne soit pas uniquement associée au vétérinaire.
Conseil n°2 : Eviter les trajets uniquement anxiogènes
Dans de nombreux cas, lors de ses premiers mois au sein de son nouveau foyer, le chiot n’est transporté en voiture que pour se rendre chez le vétérinaire. De fait, il assimile la voiture à quelque chose de négatif puisque les cliniques vétérinaires sont des lieux souvent très anxiogènes pour nos amis canidés. Il faut donc veiller à bien respecter le conseil n°1.
Conseil n°3 : Opter pour une caisse de transport
En plus d’être un outil très sécurisant pour votre chien et pour vous lors de vos trajets, la caisse de transport, si elle est proposée de manière progressive et positive au chien dès son plus jeune âge, permettra à votre chien de se sentir en sécurité lors des voyages en voiture.
De plus, installer son chien dans une caisse de transport vous permettra de lui cacher la vue de ce qui pourrait éventuellement déclencher chez lui des aboiements (voiture qui roule, passants dans la rue, etc.)
Conseil n°4 : Ignorer son chien
Les chiens qui aboient pour attirer l’attention de leur maître sont souvent récompensés par l’interaction qu’ils arrivent à obtenir, et même si c’est une interaction qui implique un « non » ou un « stop » de la part du maître.
Même si c’est pour le « gronder » et lui dire d’arrêter, si votre chien adopte ce comportement pour attirer votre attention, alors il aura tout de même obtenu ce qu’il voulait.
Pour ignorer son chien, il est important de ne pas lui parler, ne pas le regarder ni le toucher.
Ce conseil doit d’ailleurs être appliqué au quotidien, dans toutes les interactions que vous avez avec votre chien pour que la relation soit rééquilibrée et que vous soyez réellement à l’initiative de tous les contacts.
Conseil n°5 : Occuper son chien en voiture
Si vous ne parvenez pas à calmer votre chien lorsqu’il est en voiture malgré tous les conseils appliqués, vous pouvez aussi l’occuper en lui donnant un jouet d’occupation pendant le trajet : jouet type Kong, jouet en bois, os à mâcher, etc.
Vous pouvez également explorer des approches complémentaires comme les Fleurs de Bach. Classées comme compléments alimentaires par les autorités sanitaires, leur efficacité n'est pas scientifiquement démontrée à ce jour, mais leur innocuité est reconnue (en version sans alcool). Elles ne remplacent pas une consultation vétérinaire ou un travail comportemental.
Mais vous pouvez également demander conseil à votre vétérinaire et/ou à un professionnel du comportement canin pour qu’ils puissent vous aider dans la résolution concrète et personnalisée de votre problème.
Quand consulter un professionnel ?
- Les aboiements persistent après 4 à 6 semaines de désensibilisation bien conduite
- Votre chien refuse catégoriquement de monter en voiture
- Les aboiements s'accompagnent de tremblements, vomissements ou hypersalivation (signe possible de mal des transports)
- Le chien montre des signes d'agressivité (grognements, tentatives de morsure)
- Seul un vétérinaire comportementaliste diplômé peut prescrire un traitement médicamenteux adapté si nécessaire
Ce qu’il faut absolument éviter
- Évitez de caresser ou de parler à votre chien pendant qu'il aboie : même bien intentionnée, cette réaction peut être interprétée par votre chien comme une validation de son comportement, et renforcer involontairement ses aboiements. Ce mécanisme, appelé renforcement involontaire, est particulièrement actif chez les chiens qui aboient pour attirer l'attention.
- Lui mettre un collier anti-aboiement
- Le gronder après coup ou vouloir crier plus fort que lui
- Le laisser en totale liberté dans la voiture*
- Diminuer voire arrêter les trajets en voiture
* Bon à savoir : le laisser en liberté dans l'habitacle n'est pas seulement dangereux pour votre chien, c'est aussi susceptible d'être sanctionné. L'article R412-6 du Code de la route stipule que le champ de vision et les mouvements du conducteur ne doivent pas être réduits par les passagers ou les objets transportés. Un chien non retenu peut exposer le conducteur à une contravention de 2e classe (amende de 35 €, pouvant être majorée à 150 €).
Par Alexandre Dieu
Rédacteur en chef