Mythe des races : la science prouve que la race ne détermine pas le caractère de votre chien
Selon une étude américaine publiée dans la prestigieuse revue Science, la race des chiens n’aurait pas d’influence sur leur comportement. D’autres facteurs comme la socialisation et l’environnement joueraient en effet un rôle bien plus important. Éclairage sur cette étude qui brise les stéréotypes sur nos compagnons à 4 pattes.
Tout le monde a déjà entendu ces clichés : les Pitbulls seraient agressifs, les Labradors toujours gentils, et les Teckels particulièrement têtus. Pourtant, une étude de génomique comportementale menée par Kathleen Morrill et son équipe du MIT, publiée dans la revue Science*, vient sérieusement bousculer ces idées reçues. Leurs résultats montrent en effet que ces stéréotypes de races canines sont largement infondés et ne reflètent pas vraiment la réalité.
Des comportements héréditaires
Pour en arriver à cette conclusion, ces chercheurs américains ont mené une vaste étude génétique et comportementale sur plus de 2 000 chiens et plus de 200 000 réponses de propriétaires. En analysant l’ADN de chiens de race et de chiens croisés, ils ont voulu mesurer l’héritabilité, en d’autres termes la part réelle de la génétique, dans des comportements comme l’agressivité, la peur ou la sociabilité.
Résultat : la race n’explique qu’environ 9 % des différences comportementales observées. Autrement dit, si certains traits peuvent être en partie hérités, ils restent très loin d’être déterminés par la race, et varient fortement au sein d’un même groupe. L’étude, basée notamment sur la base de données participative Darwin’s Ark, montre en outre que les stéréotypes associés aux races ne sont pas fiables pour prédire le caractère d’un chien.
Comme l’expliquent les auteurs de l’étude, la race décrit surtout des caractéristiques physiques, comme la taille ou le pelage, mais pas si un chien sera affectueux ou nerveux. Il existe bien quelques tendances génétiques : par exemple, les Border Collies sont souvent très obéissants, et les Beagles ont tendance à hurler davantage, mais ces traits ne s’appliquent pas à tous les individus. Ces comportements récurrents s’expliquent surtout par le fait que les races canines ont été façonnées par l’humain au fil du temps. Les éleveurs ont en effet sélectionné les chiens non seulement pour leur physique, mais aussi pour leurs aptitudes, comme la chasse, la garde, le travail avec les troupeaux ou la compagnie. Cette sélection a permis de renforcer certains comportements dans certaines races, comme l’instinct de poursuite chez les Lévriers ou le sens de la coopération chez les chiens de berger.
En résumé, certains traits de caractère de votre toutou peuvent effectivement être influencés par l’hérédité, mais sa race ne permet pas de prédire s’il sera sociable, peureux ou agressif. Les stéréotypes restent donc largement insuffisants pour comprendre la personnalité d’un animal.
Ce qui influence réellement le caractère d’un chien : l’environnement et la socialisation
Les résultats de cette étude suggèrent ainsi que le caractère d’un chien dépend d’un ensemble de facteurs génétiques, humains et environnementaux, plutôt que de sa race seule.
L’environnement joue en effet un rôle central dans la construction du comportement de votre fidèle compagnon : l’éducation, la socialisation avec les humains et les autres animaux, ainsi que les expériences vécues dès le plus jeune âge influencent fortement sa personnalité. Son mode de vie, son niveau de stress et la qualité de sa relation avec l’humain sont également déterminants. L’âge peut parfois aussi être un bon indicateur pour certains traits de caractère (le goût du jeu, par exemple).
Ainsi, 2 chiens d’une même race peuvent avoir des comportements très différents selon leur histoire, ce qui montre que la race ne détermine pas un caractère fixe.
Pour faire simple, le comportement de votre chien dépend surtout de ce qu’il vit au quotidien et de l’environnement dans lequel il grandit. Même si certaines races présentent des tendances particulières liées à la sélection humaine, chaque chien est unique : son histoire, ses expériences et la façon dont on s’occupe de lui comptent bien plus que sa race.
*Kathleen Morrill et al., « Ancestry-inclusive dog genomics challenges popular breed stereotypes », Science, 376.
Par Ludivine Beaurin
Rédactrice web
Historienne reconvertie dans la rédaction web, Ludivine a toujours adoré l’écriture et les animaux. Maîtresse de 6 adorables chats, elle trouve beaucoup d’inspiration dans les facéties de ses boules de poils.
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