La fourbure chez le cheval

Illustration : "La fourbure chez le cheval"

A prendre très au sérieux, la fourbure est l’une des premières causes de mortalité chez le cheval après la colique. Cette maladie inflammatoire qui touche le système vasculaire des sabots peut stopper la carrière d’un cheval de sport ou pire, entraîner son décès. La fourbure est une véritable urgence médicale qu’il faut connaître pour la détecter au plus vite. Quels en sont les symptômes ? Comment traiter une fourbure ? Woopets vous dit tout ce que vous devez savoir sur cette pathologie.

Comment détecter une fourbure chez son cheval ?

Lorsqu’elle se déclenche, la fourbure atteint généralement les deux sabots antérieurs en même temps. Néanmoins, elle peut parfois ne toucher qu’un seul pied ou les quatre simultanément. Il n’y a pas de règle.

Dans le cas d’une fourbure, on constate une séparation entre la paroi du sabot et la structure interne qui provoque le déplacement de la troisième phalange. Le résultat ? Une inflammation du sabot touché. Dans les cas les plus graves, on peut même observer une sole transpercée et une chute du sabot. Pour éviter des souffrances au cheval, la seule solution est alors l’euthanasie.

Pour éviter d’en arriver à de tels extrêmes, il est essentiel de repérer les symptômes de cette maladie à temps. Un cheval atteint de fourbure évite de se déplacer et boite fortement. Aussi, il se tient d’une drôle de manière : d’habitude bien en équilibre sur ses quatre membres, il essaye cette fois-ci de reporter tout son poids sur les membres qui ne sont pas blessés pour soulager sa douleur. Puisque ce sont souvent les sabots antérieurs qui sont atteints, le cheval se tient très en arrière et reste sur les talons.

Si ses quatre sabots sont touchés, il cherchera probablement à se coucher pour se soulager. La façon de se tenir du cheval et sa difficulté à se déplacer sont des signes qui doivent vous alarmer. Pour contrôler la santé des sabots de votre cheval, il faut les toucher. Un sabot fourbu est chaud et très sensible.

Vous pouvez également constater des symptômes généraux tels qu’une perte d’appétit, une transpiration excessive, un rythme cardiaque et respiratoire accéléré ou encore une température plus élevée qu’à l’accoutumée.

Lorsque la fourbure est à un stade avancé, on observe parfois un saignement au niveau de la couronne. Si c’est le cas de votre cheval, son pronostic vital est malheureusement engagé : c’est le signe d’un détachement du sabot.

Quelles sont les causes de la fourbure chez le cheval ?

Tous les chevaux peuvent être atteints par une fourbure. Certains sont toutefois prédisposés à cette pathologie en raison de leur embonpoint. On pense en particulier aux poneys et aux chevaux en surpoids.

De même, un cheval qui n’est pas beaucoup sollicité habituellement et qui est remis au travail de manière trop intensive peut développer une fourbure, tout comme les chevaux qui travaillent fréquemment sur des sols durs (comme les chevaux d’endurance notamment). Une administration de corticostéroïdes en trop grosses quantités, une intoxication suite à l’ingestion de certaines plantes ou encore un parage mal réalisé peuvent être responsables d’une fourbure.

Parfois, elle est le résultat d’un précédent problème physique ou d’une première maladie qui a provoqué l’apparition de toxines dans l’organisme de l’équidé. C’est par exemple le cas du cheval dont l’un des membres a été fracturé et qui s’est appuyé trop longtemps sur ses membres sains ou encore d’une jument qui n’a pas délivré correctement le placenta après une mise bas.

La principale cause de fourbure reste toutefois l’alimentation du cheval. Le surpoids (lié parfois à des rations trop importantes) est souvent pointé du doigt, mais les aliments peuvent aussi être responsables de la survenue d’une fourbure. Il s’agit en particulier des grains tels que l’orge ou l’avoine, et plus particulièrement de l’ensemble des aliments sucrés, qui peuvent être ingérés par le cheval. Ainsi, un animal qui s’échappe de son box et qui engloutit rapidement et en grandes quantités des céréales doit être surveillé : il a de gros risques de développer une fourbure.

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La maladie peut aussi se déclarer chez les chevaux qui sortent au paddock au printemps après avoir passé tout l’hiver au box. A cette période de l’année, l’herbe est riche en fructanes, des molécules qui sont responsables des fourbures.

L’ensemble de ces facteurs de risques doit être connu de tout cavalier ! Les connaître, c’est être capable de les reconnaître et donc d’éviter une issue parfois fatale à son cheval. Vous pourrez ainsi agir à temps et mieux encore, mettre en place des solutions pour éviter l’apparition de la maladie.

Comment éviter que son cheval ne développe une fourbure ?

Mieux vaut prévenir que guérir. Ce dicton s’applique parfaitement à la fourbure. Il est plus simple de l’éviter que de la soigner, d’autant plus que vous avez de véritables leviers d’action pour éviter à votre cheval de développer une maladie potentiellement mortelle !

Puisque c’est l’alimentation qui est la principale cause de fourbure, c’est sur ce point là que vous allez devoir être vigilant. Distribuez ou demandez à ce que le responsable de l’écurie distribue des quantités raisonnées de nourriture à votre cheval, adaptées à son travail. Vous limiterez ainsi les risques de surpoids chez votre animal. S’il est déjà en surpoids, adaptez là aussi sa ration et remettez-le au travail de façon plus intensive, mais progressivement ! Nous insistons sur le fait que le travail doit se faire de manière progressive pour ne pas nuire à la santé de votre animal.

Les sorties en pâture doivent également être raisonnées, en particulier pour un cheval qui ne vit pas au pré. Puisque ce sont les fructanes qui sont en cause dans une grande partie des cas de fourbure, c’est à cette molécule qu’il faut prêter une attention toute particulière. Sachez-le, la teneur en fructanes de l’herbe est moins importante la nuit et au petit matin. Autrement dit, si vous pensez que votre cheval est prédisposé aux fourbures, mettez-le en pâture à ces périodes-là, en particulier en été.

De même, évitez de mettre votre cheval dans un pré où l’herbe est à ras. La teneur en fructanes est beaucoup plus importante dans le bas de l’herbe. A vue de nez, les brins d’herbe mesurent moins de 10 centimètres ? Mieux vaut ne pas mettre votre cheval au paddock, ou alors vraiment peu de temps.

Bon à savoir : Un cheval qui a développé une fourbure auparavant peut récidiver. Il est encore plus important pour ces chevaux de mettre en place des mesures préventives pour éviter un nouvel épisode de fourbure.

Comment soigner un cheval atteint de fourbure ?

Si vous constatez des symptômes de fourbure chez votre cheval, n’attendez pas pour agir ! C’est que la maladie est déjà bien avancée. Pour commencer, appelez votre vétérinaire immédiatement.

En l’attendant, vous pouvez limiter la progression de la fourbure en soulageant le sabot malade. Stoppez toute activité chez votre cheval. Si vous devez le déplacer, évitez de circuler sur des sols durs et rembourrez la litière de son box. Ne lésinez pas sur les quantités : c’est pour son bien.

A lire aussi : La colique chez le cheval

Une fois sur place, le vétérinaire va d’abord essayer de détecter si la fourbure ne cache pas une autre maladie qui en serait l’origine. Si c’est le cas, il devra traiter cette maladie en priorité et choisir un traitement adapté pour éradiquer la fourbure au plus vite. La mise au repos de votre cheval vous sera très probablement conseillée ainsi que l’administration d’un anti-inflammatoire et d’un vasodilatateur, l’idée étant d’améliorer la circulation du sang du cheval.

Le traitement pourra également être complété par la mise en place d’une ferrure orthopédique par votre maréchal-ferrant. Selon l’avancée de la maladie, il pourra conseiller un simple déferrage et un passage aux pieds nus pour faciliter la vascularisation du sabot malade ou aller plus loin en proposant la mise en place d’une plaque de silicone.

Quoi qu’il en soit, si vous constatez la présence d’une fourbure chez votre cheval, ne culpabilisez pas. Le principal est que vous ayez repéré la maladie et que vous agissiez au plus vite !

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