La colique chez le cheval

Illustration : "La colique chez le cheval"

Véritable fléau dans le monde équestre, la colique est la première cause de mortalité du cheval, raison pour laquelle elle est tant redoutée. Si parfois une opération chirurgicale est indispensable pour sauver la vie de votre cheval, lorsqu’elles sont prises à temps la plupart des coliques se soignent bien. Certes, la colique est dangereuse pour votre cheval, mais il est tout à fait possible de la prévenir. Woopets vous propose de découvrir cet article complet sur la colique chez le cheval pour mieux comprendre cette pathologie.

Quels sont les symptômes de la colique chez le cheval ?

On dit qu’un cheval souffre de coliques lorsqu’il subit des douleurs abdominales plus ou moins importantes. Les symptômes vont évoluer en fonction de l’intensité de la douleur ressentie par l’animal.

  • Au 1er stade d’une colique, le cheval ne présente aucune douleur et donc aucun symptôme. A ce stade, la colique est souvent bénigne. Néanmoins, sans intervention de votre part, la situation peut rapidement dégénérer. Mieux vaut donc prendre le cas de votre cheval très au sérieux.
  • Au 2e stade , la douleur commence à se faire ressentir. Votre cheval va se coucher et se relever sans cesse et regarder ses flancs. Il peut également gratter le sol de manière inhabituelle et présenter un manque d’appétit.
  • Au 3e stade, votre cheval sera plus agité qu’à l’accoutumée. Il pourra rester longtemps en position couchée ou encore se taper le ventre à l’aide de ses postérieurs.
  • Au 4e stade, votre cheval ressent une douleur très vive. Pour chercher à la fuir, il va se rouler violemment ou même se laisser tomber au sol. Il pourra également présenter une sudation importante.
  • Au 5e stade, votre cheval est dans un état critique : il est en grave dépression.

En plus de ces symptômes comportementaux, vous pouvez constater des symptômes physiques chez un cheval atteint de colique. En plaçant votre oreille contre son flanc, vous n’entendrez plus de bruits intestinaux par exemple. Votre cheval pourra également être en tachycardie et dans un état plus ou moins avancé de déshydratation.

Quelles sont les causes d’une colique ?

Bien que la colique puisse être le résultat du dysfonctionnement ou d’une pathologie d’un autre organe, la plupart du temps elle est provoquée par un ralentissement, voire même un arrêt, du transit digestif du cheval.

Chez cet animal, le tube digestif est très sensible à la douleur et au stress, raison pour laquelle il est si sujet aux coliques. Différentes parties de son appareil digestif peuvent d’ailleurs être touchées par les coliques, telsque l’estomac, l’intestin grêle, le caecum, le colon ou encore le rectum.

Les facteurs de risque sont nombreux. Ils peuvent par exemple être liés au cheval lui-même. Ainsi, un cheval qui a déjà été sujet aux coliques sera plus susceptible d’en développer une nouvelle, de même qu’un cheval qui tique à l’appui ou qui est atteint de pica.

Le mode de vie peut aussi être en cause dans le développement de la colique. Ainsi, un cheval qui vit en box ou dont le niveau d’activité est intense ou au contraire quasiment nul est un sujet à risque.

L’alimentation et l’abreuvement sont également des facteurs de risque de la colique. Un cheval qui consomme trop de paille, trop de concentrés, du foin moisi ou de mauvaise qualité est prédisposé à la colique. Il en est de même pour le cheval placé dans un pré surpâturé, qui mange trop ou trop vite ou qui boit une eau sale ou en trop grande quantité. Tout changement de régime soudain contribue à la colique.

Comment prévenir une colique chez son cheval ?

Il est impossible de supprimer totalement les risques de colique, en revanche vous pouvez les limiter en agissant de manière préventive.

Agir sur l’alimentation du cheval

Puisqu’une mauvaise alimentation ou une alimentation non adaptée est l’une des principales causes de survenue de colique, c’est sur ce point qu’il faut vous concentrer en priorité.

La première chose à faire est de distribuer 4 à 5 kilos de foin par jour à votre cheval. Non seulement vous lui permettrez de retrouver un équilibre alimentaire de base, mais vous l’empêcherez aussi de consommer de la paille, souvent responsable de la formation de bouchons.

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Vous pouvez également offrir des granulés à votre cheval pour le complémenter, mais attention à respecter l’ordre de distribution. Pour aider votre cheval à digérer, vous devez impérativement lui donner sa ration de grain après lui avoir donné son foin. Donnez-lui régulièrement à manger, toujours en petites quantités, et veillez à ce que votre cheval ait accès à de l’eau à volonté.

Agir sur les conditions de vie du cheval

Le cheval est un animal très sujet au stress et ce dernier peut provoquer des coliques. Vous pouvez agir sur ce facteur de risque en limitant les changements d’environnement. Vous devez changer votre cheval de lieu de vie ? Vous achetez un nouveau cheval ? Vous le placez dans un groupe de chevaux différents ? Soyez particulièrement attentif et observez le comportement de votre animal.

Votre compagnon vit au box ? Vous devez le sortir un maximum pour limiter les périodes d’ennui. Lorsqu’un cheval s’ennuie, il peut développer des tics ou manger sa paille pour passer le temps. Sorties au pré, séances de travail montées, longées, à pied… Tous ces moments sont bons pour son moral et limiteront le risque de colique.

Agir sur la santé du cheval

Vous pouvez également limiter les risques de colique en agissant directement sur la santé de votre cheval. Pensez par exemple à le vermifuger 3 à 4 fois par an. Vous nettoierez les intestins de votre cheval de toute présence de vers, ces derniers pouvant provoquer une occlusion entraînant parfois des coliques.

Vous pouvez aussi faire contrôler la dentition de votre cheval par un dentiste équin. S’il présente des excroissances ou d’autres pathologies dentaires, il pourra souffrir de douleurs au moment de la mastication. Pour éviter de souffrir, il aura tendance à avaler sa nourriture sans mâcher correctement. Là encore, il s’agit d’un facteur de risque de la colique.

Comment soigner une colique chez son cheval ?

Ce que le propriétaire peut faire pour aider un cheval coliquard

Si votre cheval est en colique la première chose à faire est de le faire marcher activement. C’est le meilleur moyen de faire passer le bouchon ou les crottins durs qui gênent votre cheval. Aussi, empêchez-le de manger à l’aide d’un panier anti-colique, même s’il semble aller mieux : il pourrait augmenter le bouchon.

En tant que propriétaire, vous voulez le mieux pour votre cheval. Il faut le savoir, il y a des choses que vous ne devez surtout pas faire avec un cheval souffrant de colique. Par exemple, vous ne devez pas laisser votre cheval se rouler. C’est très important : votre cheval risque une torsion qui pourrait l’emmener tout droit sur la table d’opération !

Même si vous avez déjà vu votre vétérinaire le faire, ne donnez jamais d’huile à votre cheval ! Il risquerait une fausse-route ! En effet, l’huile pourrait se diriger vers les poumons et provoquer une infection pulmonaire grave. Enfin, n’attendez pas pour soigner votre cheval. Mieux vaut prendre son cas trop au sérieux que de repousser au lendemain une éventuelle visite vétérinaire. Ne laissez pas un cheval en colique sans surveillance. Jamais. Et même si votre cheval fait un premier crottin, restez à ses côtés. Le système digestif du cheval est long et ce crottin n’est pas forcément celui qui le gênait.

Quoi qu’il en soit, n’hésitez surtout pas à appeler votre vétérinaire : en agissant vite, vous limiterez les risques de complication.

Ce que le vétérinaire peut faire pour aider un cheval coliquard

Après avoir procédé à une palpation rectale et avoir vérifié si votre cheval est déshydraté, votre vétérinaire pourra mettre en place un traitement adapté.

A lire aussi : La trousse de premiers secours du cheval

Il pourra par exemple procéder à un sondage naso-gastrique, le but étant d’introduire de l’huile de paraffine dans le tube digestif du cheval pour aider à faire passer les bouchons. La colique est souvent douloureuse pour le cheval atteint. C’est pourquoi le vétérinaire pourra vous prescrire des anti-inflammatoires et des antispasmodiques à lui administrer. Si votre cheval souffre également de déshydratation, le vétérinaire pourra le réhydrater par perfusion.

Si la situation semble critique, votre vétérinaire pourra procéder à des analyses sanguines ou à une échographie pour vérifier si une opération est nécessaire ou non. Si tel était le cas, un transport d’urgence vers une clinique spécialisée devra être effectué rapidement. Sachez que ce type d’intervention est coûteux et qu’il vous faudra engager environ 5 000 € pour espérer sauver votre cheval. La réussite de l’opération dépend en grande partie de l’origine de la colique et de l’avancée des symptômes. Plus vous agissez tôt, plus votre cheval aura de chances de s’en remettre.

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