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L'alimentation sans céréales pour chien

Choisir un aliment « sans céréales » pour son chien, est-ce plutôt un effet de mode, une tendance ou un réel bénéfice pour sa santé ? Peut-on véritablement éliminer les céréales de l’alimentation de son chien ? Y a-t-il des similitudes ou des différences entre le régime carnivore strict d’un loup, le régime sans gluten des personnes et le régime équilibré de son chien de compagnie… ? Voici un petit guide pratique pour se détacher des idées reçues sur l’alimentation de son chien et faire un choix éclairé.

Que signifie « sans céréales » ?

Pendant longtemps, la préparation des croquettes nécessitait un minimum d’incorporation de céréales (blé, maïs, riz, orge, avoine, seigle…) pour satisfaire un procédé de cuisson par extrusion et proposer des aliments secs avec moins de 10% d’humidité. Cette technologie évoluant au fil du temps par l’amélioration continue du savoir-faire en formulation, d’autres matières premières ont été proposées, comparables par leur apport en amidon, source glucidique principale, que sont les tubercules (pommes de terre, patate douce, tapioca) et les légumineuses (lentilles, pois, pois chiches).

Les différents amidons obtenus ont des structures un peu différentes, qui sont plus ou moins faciles à travailler et qui donnent cette variété de recettes de croquettes dites « sans céréales ». La qualité des céréales incorporées dans l’alimentation du chien est essentielle, car des graines de maïs et de blé peuvent contenir des mycotoxines, des moisissures toxiques et dangereuses qui se développent durant la conservation de croquettes. Mais en toute honnêteté, qui n’a jamais donné un morceau de pain aux céréales, à son chien ! Au-delà de l’amidon, les céréales sont connues pour apporter également des protéines (même si la composition en acides aminés n’est pas complète), des acides gras et du phosphore.

L’absence ou la présence de céréales n’est par contre pas corrélée à la qualité des ingrédients sélectionnés restants, ni à la bonne digestibilité de l’aliment, ni à l’équilibre nutritionnel obtenu avec l’apport en protéines et tous ses acides aminés, le bon taux d’acides gras essentiels, de minéraux et la présence de tous les vitamines ou oligo-éléments nécessaires pour votre chien.

On pourrait donc dire que choisir des croquettes « sans céréales » correspond plus à une tendance, celle de privilégier de nouveaux ingrédients pour nourrir son chien, un peu comme le « sans gluten de blé », mais sans toutefois ne jamais s’exempter véritablement d’un apport en amidon.

L’amidon, indigeste ? Mythe ou réalité ?

Vouloir retirer en totalité la source d’amidon dans une ration pour un chien n’a pas de fondement scientifique. En effet, le comportement alimentaire du chien domestique n’est pas celui d’un loup, il n’est pas un carnivore strict, chasseur de proies. Les scientifiques ont observé encore récemment des groupes de chiens féraux, vivants librement, partageant l’accès aux détritus d’une décharge en Italie. Le chien est bien un animal commensal de l’homme qui mange assez naturellement ses restes.

C’est l’homme, qui en cultivant les céréales, a donné une nouvelle source alimentaire au chien, qui s’y est adapté facilement, car son capital enzymatique de départ (d’origine génétique) lui permet de digérer de très nombreuses sources d’aliments différentes. Il est équipé en amylase, une enzyme pancréatique, qui lui permet de digérer l’amidon présent dans les céréales, directement dans l’intestin, contrairement au loup. Ainsi, 10 gènes dont l’expression porte sur l’équipement enzymatique distinguent le chien du loup, ils lui permettent l’utilisation sans risque de nombreux aliments (1).

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L’amidon, pas totalement indispensable, mais utile

Le chien aime la viande, surtout sa chair, car il supporte et recherche également de fortes teneurs en lipides, à fort rendement énergétique, idéal pendant les périodes de disettes (le chien livré à lui-même a développé des mécanismes de stockage variés pour s’adapter à une raréfaction ou un déséquilibre de ses ressources alimentaires). Mais les temps ont changé et l’apport en lipides est à modérer pour lutter désormais contre la sédentarité et le risque d’obésité.

L’amidon est un glucide complexe assimilable par le chien s’il est bien cuit et gélatinisé ; il permet de compenser la baisse en apport énergétique total par le maintien du volume alimentaire et la recherche d’un effet de satiété pour le chien. L’apport protéique des viandes pourrait tout à fait remplacer l’amidon, mais à quel coût ? L’énergie apportée par les protéines animales étant coûteuse en effet, tant dans l’empreinte écologique que dans le catabolisme (ladite « néoglucogenèse »). Un apport protéique excédentaire aux besoins de base est souvent réservé aux chiens qui réalisent des efforts métaboliques particuliers pendant la convalescence, contre la maladie, lors de sports intenses pour les muscles et l’oxygénation, etc. Ainsi, plus le chien est sédentaire et plus une source glucidique (donc avec amidon) sera privilégiée pour son apport en énergie, moins il est sédentaire et plus on lui apportera graduellement soit des protéines (végétales puis animales), soit des lipides.

La faculté de digestion de l’amidon varie de 1 à 10 selon les chiens

Le développement de la digestion de l’amidon est progressif, un chiot n’a pas la même capacité digestive qu’un chien adulte, surtout durant ses premiers mois. Les teneurs en amidon doivent donc être réduites, incorporées progressivement dans son alimentation pour qu’il puisse induire la sécrétion d’amylase nécessaire à sa digestion. Tout l’amidon non digéré encombre les selles, provoque des flatulences, car il est fermenté par les bactéries du gros intestin. La faculté de digestion de l’amidon une fois adulte est individuelle.

Une étude récente portant sur 53 chiens de 20 races différentes (2) a démontré que les capacités de digestion de l’amidon des chiens varient de l’ordre de 1 à 10, ne permettant pas de définir un taux idéal et universel de l’amidon à incorporer dans un aliment pour chien, mais plutôt une fourchette, entre 20 et 40% de matière sèche. Dans certains cas d’intolérances alimentaires ou pour le contrôle du diabète, différentes sources glucidiques à faible index glycémique seront proposées par votre vétérinaire, comme les pâtes alimentaires, les lentilles ou encore les pommes de terre cuites à l’eau, le riz complet…un régime ménager peut-être alors être proposé, avec un apport en amidon limité à 20 – 25% du besoin énergétique total du chien.

A lire aussi : "Que peut-on donner à mâcher à un chien ?"

Et le plaisir alimentaire dans tout ça ?

Choisir des croquettes « sans céréales » peut également se faire par goût pour votre chien, il exprime très souvent des préférences alimentaires qui vous orienteront pour telle ou telle recette d’aliment. Elles peuvent être appréciées par votre chien lorsque les arômes des viandes incorporées en remplacement des céréales semblent l’allécher. Pourquoi pas ! Dès lors que la qualité et l’équilibre nutritionnel sont respectés et que vous n’avez pas tendance à réduire la quantité totale de peur de lui apporter trop d’énergie (teneur en lipides trop élevée). Le juste équilibre en nutriments essentiels est calibré dans les croquettes et les quantités seront à respecter pour n’induire ni carences ni excès.

  1. Axelsson E, et al., The genomic signature of dog domestication reveals adaptation to a starch-rich diet. Nature. 2013;495(7441):360-364.
  2. Arendt ML. et al., Amylase activity is associated with AMY2B copy numbers in dog: implications for dog domestication, diet and diabetes. Animal Genetics. 2014; 45:716–722.

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