Être inhumé avec son animal de compagnie : 7 Français sur 10 favorables à une loi l’autorisant

En dépit de l’attachement que les Français portent à leurs animaux de compagnie – qu’ils considèrent pour l’immense majorité d’entre eux comme des membres à part de la famille –, la loi interdit dans notre pays d’être inhumés à leurs côtés. Pour autant, et compte tenu du fait qu’il est possible de placer des objets personnels dans le cercueil d’un défunt, il arrive régulièrement que la législation soit, sous le manteau, contournée.

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C’est pour mettre fin à ce que d’aucuns considèrent comme une hypocrisie et respecter les dernières volontés de la personne décédée si elle en exprime le souhait que 27 députés ont déposé, en février dernier, un projet de loi autorisant ce qui est déjà l’œuvre dans plusieurs pays européens, à l’exemple de la Suisse, de l’Angleterre et de l’Allemagne.

À l’approche des fêtes de la Toussaint, l’IFOP a mené à la demande de Woopets une vaste enquête auprès de plus de 2 000 personnes – dont la moitié possédant actuellement des animaux de compagnie – afin de mesurer leur perception de ce projet de loi. Sans ambiguïté et qu’ils aient des animaux ou non, les Français sont très favorables à ce que la possibilité soit légalement donnée à celles et ceux qui le souhaitent de partager leur dernière demeure avec les cendres de leur compagnon à quatre ou deux pattes.

Un plébiscite chez les propriétaires d’animaux

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La possibilité pour un défunt qui en ferait la demande d’être inhumé aux côtés des cendres de son animal de compagnie rencontre l’approbation d’une large majorité de Français. Ils sont en effet près de 7 sur 10 (68 %) à se dire favorables à cette mesure figurant dans le projet de loi déposé en début d’année. Parmi eux, les actuels possesseurs d’animaux de compagnie sont les plus nombreux (79 %) à adhérer à cette proposition, la proportion étant légèrement moindre chez celles et ceux qui n’en détiennent pas (56 %). Parmi les 32 % qui expriment leur désaccord, à peine plus d’un sur dix (12 %) émet un avis « très défavorable » au contenu de ce projet de loi.

Les jeunes générations valident à 80 %

Dans le détail, si les hommes (66 %) et les femmes (69 %) approuvent à des niveaux similaires cette initiative, d’importantes différences se font jour selon l’âge des répondants. L’approbation est en effet bien plus forte chez les jeunes que chez leurs aînés : 80% des 18-34 ans plébiscitent la proposition des députés quand 64 % des plus de 35 ans (et tout juste la moitié -52%- des plus de 65 ans) expriment leur soutien.

Les personnes interrogées favorables à la possibilité d’être enterré avec son animal de compagnie sont également plus nombreuses parmi les classes populaires où les trois quarts (75 %) de ceux qui perçoivent moins de 1 300 € par mois adhèrent à cette idée contre 59 % de ceux qui gagnent plus de 2 500 € mensuels.

Côté politique, seuls les électeurs se disant proches de la droite se montrent majoritairement réticents (47 % d’approbation) quand ceux de gauche (73 %), de la majorité présidentielle (62 %) et du RN (77 %) approuvent largement l’idée, de même que les répondants sans sympathie partisane (66 %).

La moitié des détenteurs de chiens prêts à être inhumés avec leur compagnon

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Soutenir le fait de pouvoir être enterré avec son animal de compagnie est une chose, le demander expressément lorsque l’heure est venue en est une autre. S’adressant plus particulièrement aux actuels propriétaires d’animaux de compagnie, soit plus d’un millier de personnes dans cette étude, l’IFOP constate que moins d’un sur deux (45 %) indique pouvoir envisager de le faire, moins d’un sur cinq (17 %) en étant certain.

Les plus nombreux à imaginer reposer avec leur compagnon à quatre pattes sont les détenteurs de chiens (51 %), puis ceux possédant des chats (47 %) et d’autres animaux de compagnie (42 %). Plus du quart (26 %) des actuels maîtres rejettent catégoriquement cette éventualité.

Les Français aisés plus réticents

À l’exemple de l’ensemble des Français cités plus haut, c’est parmi les propriétaires appartenant aux catégories socio-professionnelles les plus précaires que la volonté d’être inhumé avec son animal est la plus affirmée : 55 % de ceux qui reçoivent moins de 900 € par mois sont dans ce cas contre moins d’un tiers (30 %) des revenus les plus aisés (+ de 2 500 € mensuels).

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De même, les plus jeunes sont aussi les plus nombreux à envisager cette possibilité, les deux tiers (63 %) des 18-24 ans étant dans ce cas. Les plus âgés sont pour leur part près de deux fois moins (38 % chez les plus de 65 ans) à y adhérer.

Pour en savoir plus :

Le texte du projet de loi déposé le 8 février à l’Assemblée nationale.

Étude réalisée 18 au 20 octobre 2022 par l’IFOP pour Woopets.fr par questionnaire auto-administré auprès de 2 005 personnes (dont 1 036 possédant actuellement des animaux de compagnie) âgées de 18 ans et plus, représentatives de la population française.

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