Une étude scientifique prouve que les chats sont capables d'imiter nos gestes
On entend souvent que le chien est le seul animal de compagnie capable d'apprendre en observant son humain. Aujourd’hui encore, le chat est perçu comme plus indépendant, moins réceptif aux demandes et difficile à éduquer. Une étude scientifique menée par des chercheurs en cognition animale bouscule cette idée reçue. Grâce à une méthode d'apprentissage appelée Do as I Do (« Fais comme moi »), une chatte a montré qu'elle pouvait observer une personne, retenir son action, puis la reproduire sur demande.
À travers cette étude*, les chercheurs souhaitaient savoir si un chat était capable d'imiter les actions d'un humain. Cette aptitude, appelée imitation sociale, est bien documentée chez certaines espèces comme les grands singes, les dauphins ou encore les chiens, mais peu étudiée chez nos compagnons aux pattes de velours.
Pour répondre à cette question, les scientifiques se sont appuyés sur la méthode Do as I Do, déjà utilisée avec succès chez le meilleur ami de l’Homme. Le principe ? L'animal apprend d'abord que le signal « Fais-le ! » signifie qu'il doit reproduire le comportement que son humain vient de réaliser.

© « Did we find a copycat? Do as I Do in a domestic cat (Felis catus) », Animal Cognition
L'expérience a été menée avec une chatte de compagnie déjà entraînée à cette méthode. Avant les véritables tests, elle connaissait plusieurs actions, comme toucher un objet ou ouvrir un tiroir. Une fois cette étape franchie, les chercheurs lui ont présenté des situations nouvelles.
L'humain réalisait alors une action inédite, par exemple pousser une boîte avec sa main ou toucher un objet avec son visage. Après une courte attente, il donnait le signal invitant la boule de poils à reproduire ce qu'elle venait d'observer. Le but était de vérifier si elle copiait réellement le geste démontré, plutôt que de répéter un comportement appris auparavant.
Les chercheurs ont également veillé à limiter les indices involontaires pouvant influencer les réponses de l'animal, afin que les résultats reposent bien sur l'observation et la reproduction de l'action.

© « Did we find a copycat? Do as I Do in a domestic cat (Felis catus) », Animal Cognition
Une aptitude qui n’est pas propre aux chiens
Les essais ont montré que la chatte était capable de reproduire plusieurs des gestes réalisés par l'humain avec un taux de réussite supérieur à ce qui serait attendu par le hasard. Elle ne se contentait pas d'interagir avec l'objet présenté ; elle adaptait son comportement pour qu'il corresponde à l'action qu'elle avait observée.
Par exemple, lorsque la personne touchait une boîte avec son visage, la chatte faisait de même avec son propre museau plutôt qu'avec sa patte. Ce point est important, car il montre qu'elle ne copiait pas simplement le résultat obtenu, mais bien la manière d'y parvenir, en transposant le mouvement à son propre corps.
Les auteurs restent toutefois prudents dans leurs conclusions. L'étude ne porte que sur un seul animal, ce qui ne permet pas d'affirmer que tous les petits félins de compagnie possèdent cette capacité au même niveau. D'autres travaux impliquant davantage d'animaux seront nécessaires pour confirmer ces observations.
Cette expérience apporte néanmoins un éclairage intéressant sur les compétences cognitives de nos amis aux longues moustaches. Elle suggère qu’ils sont capables d'apprendre en observant un humain et qu'ils peuvent associer un signal verbal à une action qu'ils viennent de voir… Des capacités qui étaient jusqu'à présent surtout attribuées aux chiens !
* « Did we find a copycat? Do as I Do in a domestic cat (Felis catus) », Claudia Fugazza, Andrea Sommese, Akos Pogany, AdAm Miklosi, Animal Cognition, volume 24, p. 121–131, 2021.
Par Joséphine Voisart
Rédactrice Web
Édition, lecture, écriture, animaux... Ce florilège de passions a fait tomber Joséphine dans les pattes de Woopets ! Sensible à la cause animale, elle a adopté une chatte répondant au nom d'Anthéa dans un refuge de sa région ; ainsi qu'une chienne, Lizzy, qui a vécu une vie de misère en Roumanie avant de rejoindre son foyer. Joséphine est également bénévole dans une association de protection des animaux.
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