La Touche Animale, épisode 13 : Anne-Claire Chauvancy parle de maltraitance animale et du sauvetage des animaux qui en souffrent

La présidente de l’association d’Action Protection Animale était l’invitée de Yoann Latouche pour ce nouveau numéro de La Touche Animale, diffusé mardi en direct sur l’application Brut.. Anne-Claire Chauvancy a abordé la question de la maltraitance animale, sa dimension juridique, les obstacles rencontrés et les actions menées pour sauver les animaux qui en sont victimes.

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Mardi dernier, Yoann Latouche a donné la parole à Anne-Claire Chauvancy, co-fondatrice et présidente d’APA (Action Protection Animale), pour parler du sauvetage d’animaux maltraités en France.

Un domaine extrêmement complexe, tant par les blocages juridiques ou administratifs qui peuvent le caractériser que par la violence dont les équipes sont souvent témoins lorsqu’elles interviennent.

Enquêter sur le terrain et maîtriser l’aspect juridique

Yoann Latouche l’a souligné d’emblée ; APA « va là où d’autres associations ne vont pas ». En d’autres termes, sur les dossiers de maltraitance les plus durs, qui réclament à la fois une grande détermination et une parfaite connaissance des procédures et des textes de loi.

La maîtrise de l’aspect légal de la lutte contre la maltraitance animale constitue d’ailleurs l’une des grandes forces d’Action Protection Animale. Bon nombre d’organisations ne peuvent, hélas, pas en dire autant d’elles-mêmes, ce qui les amène parfois à négocier pour récupérer des animaux maltraités, voire à essuyer des refus de plaintes.

Anne-Claire Chauvancy et ses collaborateurs font énormément d’enquêtes sur le terrain afin d’intervenir le plus efficacement possible et faire en sorte que les auteurs de maltraitances soient systématiquement sanctionnés.

L’association agit généralement sur signalement reçu par des particuliers ou les forces de l’ordre. Il s’agit ensuite pour ses équipes d’étudier minutieusement le dossier et d’enquêter sur place, et de faire constater les faits par la police ou la gendarmerie.

Pour que l’association puisse procéder à la saisie des animaux, l’accord doit provenir de l’officier de police judiciaire, qui se base sur le compte-rendu des représentants des forces de l’ordre qui sont sur les lieux.

Une fois évacué, l’animal est évidemment soigné, puis placé soit en famille d’accueil, soit dans un refuge partenaire. Il ne peut être proposé à l’adoption qu’une fois la procédure judiciaire terminée, ce qui prend parfois des mois, voire des années. Il est toutefois possible d’éviter cette attente lorsque la famille d’accueil s’engage à adopter définitivement l’animal au terme de la procédure.

Forces de l’ordre et maltraitance animale : entre réticences des uns et enthousiasme des autres

Yoann Latouche et Anne-Claire Chauvancy sont également revenus sur le flou qui peut exister lorsqu’il s’agit de déterminer si oui ou non, il y a maltraitance. « On ne peut intervenir que sur la maltraitance qui est sanctionnée par la loi […], lorsque les animaux rentrent dans les critères de maltraitance légale, pas morale », explique à ce propos la présidente d’APA.

Parmi les difficultés rencontrées par Anne-Claire Chauvancy et ses équipes, cette dernière cite aussi les réticences de certains policiers à intervenir sur des affaires de maltraitance animale, soit par manque de volonté, soit par méconnaissance de la procédure. Elle constate toutefois qu’il est « de moins en moins compliqué de les faire bouger » et que bon nombre d’entre eux ont véritablement envie de s’investir sur ces dossiers.

Par la suite, Yoann Latouche lui a demandé son avis sur la création d’une équipe d’enquêteurs spécialisés annoncée le mois dernier par le ministère de l’Intérieur. Pour Anne-Claire Chauvancy, même si cela reste un petit pas en avant, l’initiative demeure insuffisante, ne serait-ce qu’en raison du petit nombre d’enquêteurs (15) qui constituera cette brigade. « Peut-être qu’il aurait été plus judicieux de nommer un référent animaux par commissariat ou gendarmerie », a-t-elle ainsi proposé. D’autant plus que, comme l’a relevé Yoann Latouche, bon nombre de policiers et de gendarmes se sont dits prêts à être volontaires.

Les Français plus enclins à signaler les maltraitances sur les animaux qui leur sont familiers

A la question posée par un internaute si Action Protection Animale porte secours à toutes les espèces animales, sa fondatrice a répondu par l’affirmative. Elle précise néanmoins que, de fait, les gens ont davantage tendance à signaler des maltraitances faites sur des animaux de compagnie. Voilà pourquoi la majorité des dossiers traités concernent des chiens et des chats. En outre, parmi les canidés, les races les plus rencontrées dans ces affaires de maltraitance sont des American Staffordshire Terriers, des Bergers Belges Malinois et des American Bullies, détaille Anne-Claire Chauvancy. Pourquoi ces races ? Tout simplement parce qu’ils ont une force et des besoins spécifiques que les propriétaires irresponsables ne respectent pas.

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Bien qu’étant une association de création assez récente, APA compte aujourd’hui près de 200 bénévoles. Anne-Claire Chauvancy a rappelé que tous ceux qui souhaitent le devenir sont les bienvenus et qu’ils peuvent le faire en visitant le site de l’association. Les missions sont extrêmement variées ; outre les enquêtes de terrain, on peut aussi assurer des tâches administratives, tenir un stand, etc.

Il est donc possible de soutenir l’APA et donc sauver des vies animales en étant bénévole, mais aussi en adressant un don à l’association, qui a évidemment besoin d’argent pour mener ses actions, payer les vétérinaires, etc. Relayer les publications sur les réseaux sociaux, faire sortir la maltraitance de l’anonymat et montrer qu’il n’y a plus d’impunité constituent également d’autres formes de soutien, tout aussi précieuses.

Le prochain épisode de « La Touche Animale » sera diffusé en direct sur l’application Brut., mardi 29 novembre, à 19h. Le replay sera disponible sur Woopets.

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