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Pourquoi mon lapin éternue ?

Ce que vous adorez chez lui, c’est son petit nez qui remue sans cesse, oscille de bas en haut pour humer l’air et être systématiquement en alerte. Chez le lapin, tout passe un peu par son nez, comme si tout passait par la gueule pour le chien, les yeux chez le chat ou les mains pour nous. Bien que mignon, le nez du lapin est une partie très fragile, sensible aux agressions extérieures, lieu propice au développement de rhinites (le rhume du lapin), d’écoulements et d’éternuements qui ne sont pas si anodins.

Pourquoi le nez du lapin est-il si fragile ?

Derrière ses petites narines, entourées d’ailes nasales conjointes aux lèvres supérieures, se cache un système complexe et étroit, par lequel l’air circule. La respiration nasale est obligatoire chez le lapin, elle ne peut pas se faire par la bouche. C’est pour cette raison, que les cavités nasales du lapin sont très sensibles et fortement exposées à toutes les poussières, contaminants, virus…Lorsque votre lapin éternue trop fréquemment ou présente un écoulement nasal liquide, continu, qui colle ses poils autour des narines, c’est le signe d’une irritation de ses cavités nasales qui évolue très rapidement en inflammation.

Nous parlerons alors de coryza, de rhinopharyngite ou de rhume pour décrire ces symptômes. Si une consultation n’est pas réalisée à ce stade pour en déterminer les origines, les complications arrivent rapidement : écoulement épais, purulent, c’est alors un signe de maladie aux origines parfois complexes.

La qualité de l’environnement est primordiale

Dès l’apparition des premiers signes d’un nez qui coule, pensez à contrôler les facteurs d’exposition auxquels est soumis votre lapin : un air trop sec, trop humide ou trop chaud (> 25°C), des poussières environnantes, des particules qui peuvent émaner d’une litière sale ou parfumée ou résineuse, des parfums d’intérieurs, des courants d’air, des fumées de cigarettes, des produits ménagers volatils. Un rien peut irriter ses muqueuses nasales et déclencher une inflammation. L’allergie ou la qualité médiocre de son environnement sont les premiers facteurs de rhinite chez le lapin. A ce stade en intervenant rapidement sur l’environnement et en lui administrant un traitement anti-inflammatoire adapté au lapin, son confort respiratoire sera vite retrouvé.

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Le coryza, une complication infectieuse sérieuse

Lorsque votre lapin présente des récidives ou que le traitement d’une rhinite inflammatoire, allergique ou environnementale, arrive un peu trop tard, on peut alors suspecter une infection bactérienne secondaire, tel un coryza, qui profite de cette fragilité pour se développer. Les bactéries qui sont le plus souvent identifiées et responsables d’un jetage muco-purulent, épais, un peu jaune sont des pasteurelles, des bordetelles, des staphylocoques et des pseudomonas. Votre lapin aura alors de sérieuses difficultés à respirer, un sifflement peut se faire entendre et une aggravation pulmonaire peut s’installer très rapidement du fait du très faible volume pulmonaire et de l’étroitesse de ses voies respiratoires.

Si ces symptômes évoluent, des difficultés pour manger, un affaiblissement de son état général altéreront ses défenses immunitaires occasionnant une broncho-pneumonie. Une hospitalisation est souvent requise, avec des clichés radiographiques pulmonaires pour évaluer le niveau de gravité de la maladie, des traitements antibiotiques, des nébulisations pour aider le lapin à respirer et parfois des séances de laser thérapeutique sur les sinus et les cavités nasales.

Le nez qui coule : signe d’un autre problème ?

Une particularité chez le lapin est le positionnement souvent anormal de ses dents, d’origine parfois congénitale comme chez les races naines ou le lapin Bélier, souvent par manque d’usure alimentaire ou par traumatisme et compliqué de surcroît par la pousse continue qui déforme la dent si celle-ci ne trouve pas suffisamment de place dans la cavité buccale. Une infection dentaire peut se traduire alors par des écoulements qui s’évacuent directement dans la cavité nasale, infectant en seconde intention les voies respiratoires de votre lapin. Une bonne hygiène dentaire et alimentaire est donc essentielle. Les malocclusions dentaires sont à prendre au sérieux, traitées à temps, elles permettront d’éviter ces complications fréquentes.

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La saison des épillets n’est pas sans reste, puisqu’il est également possible de retrouver ces brindilles de foin dans les narines de votre lapin. Peu faciles à détecter, c’est souvent après de multiples récidives de rhinites, rebelles à tout traitement, que l’on suspecte un corps étranger. Pour le retirer, la sédation profonde est indispensable, le nez du lapin étant si étroit et si réactif, qu’il est impensable de faire autrement pour y placer un endoscope et aller le retirer sans risque. Parfois, ces épillets qui se logent profondément dans les tissus détruisent progressivement les structures nasales et osseuses, l’intervention devient alors bien plus complexe. La vigilance est donc de mise lorsque l’été approche et que votre lapin prend ses quartiers dans votre jardin.

La médicalisation régulière de votre lapin de compagnie est ainsi vivement conseillée, surtout si vous l’avez confiné à l’intérieur, protégé du monde extérieur, car bien des problèmes de santé sont en lien direct avec votre environnement. Même si vous le surnommez « Atchoum », un petit bilan est préférable pour bien passer l’hiver sans le moindre rhume.

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