Quand l’inflation affecte le bien-être des animaux de compagnie

Une enquête exclusive de l’IFOP pour Woopets.fr

Illustration : "Quand l’inflation affecte le bien-être des animaux de compagnie"

Guerre en Ukraine, flambée des coûts de l’énergie, reprise de l’activité post Covid-19 : depuis le début de l’année, l’inflation atteint des niveaux élevés dans notre pays. Les prévisionnistes de l’INSEE tablent sur une hausse des prix des biens et des services de l’ordre de 5,2 % en 2022 contre 1,6 % l’an dernier. Une situation qui affecte quotidiennement le pouvoir d’achat de millions de Français, obligés pour nombre d’entre eux de réduire drastiquement leurs dépenses courantes.

Qu’en est-il pour les possesseurs d’animaux domestiques ? Constatent-ils eux aussi une augmentation du budget qu’ils consacrent à leurs compagnons ? Modifient-ils leurs comportements pour faire face à ces dépenses supplémentaires ? Et quelles en sont les conséquences ?

Pour le savoir, Woopets.fr a demandé à l’IFOP de mener une étude* auprès d’un échantillon représentatif de Françaises et de Français possédant actuellement un ou des animaux domestiques. Les résultats montrent clairement que face à la hausse des prix qu’ils constatent très majoritairement, une proportion importance de Françaises et de Français sont contraints de procéder à des arbitrages qui vont de la réduction de leurs propres dépenses jusqu’à, dans les cas extrêmes, l’abandon de leur animal de compagnie.

Le budget alimentation en hausse pour 75 % des propriétaires

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59 €. C’est ce que dépensent en moyenne chaque mois les Français interrogés par l’IFOP pour nourrir leurs animaux domestiques. Dans le détail, la grande majorité (78 %) consacre moins de 70 € à l’alimentation. Un possesseur d’animal sur cinq indique que ce budget dépasse les 70 € mensuels, une réalité notamment vécue par les habitants de la région parisienne qui estiment leurs dépenses dans ce domaine à 81,70 € contre 55,6 € pour ceux résidant en zone rurale.

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Après intégration de l’ensemble des frais relatifs à l’entretien et au bien-être des animaux de compagnie, comme les visites chez le vétérinaire, le toilettage ou encore les jouets et accessoires, la facture annuelle grimpe en moyenne à 943 €. Avec une dépense sur 12 mois de 643 €, la nourriture est de loin le poste le plus important, devant les frais vétérinaires (145 €) et les loisirs et accessoires (45 €). En 2020, une précédente étude de l’IFOP pour Woopets.fr avait établi ce budget annuel à 818 €, soit une augmentation de quelque 15% en deux ans.

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Première source de dépense, l’alimentation est également la part du budget consacrée aux animaux domestiques qui a le plus augmenté au cours de l’année écoulée. Les trois quarts (75 %) des personnes interrogées en font le constat contre seulement 22 % qui estiment que les prix sont restés stables dans ce domaine. Pris dans leur ensemble, 81 % des possesseurs d’animaux de compagnie ont constaté une hausse des prix relatifs à l’entretien de leurs compagnons ces 12 derniers mois. Mais les ressentis sont moins tranchés que pour la nourriture : quand plus de la moitié (53 %) indique des frais vétérinaires accrus, 43 % jugent que ceux-ci sont restés stables. La tendance s’inverse même pour certains postes de dépenses, 50 % estimant par exemple que le coût des loisirs et accessoires est resté le même contre 45 % qui l’ont vu augmenter.

L’inflation impose des choix douloureux, parfois dramatiques

Face à la hausse des prix, nombreux sont les possesseurs d’animaux de compagnie contraints de procéder à des arbitrages parfois douloureux, voire dangereux pour le bien-être de leurs compagnons.

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41 % des Français disent en effet avoir modifié leur comportement et 35% envisagent de le faire en raison de l’augmentation du coût de l’entretien de leurs animaux de compagnie, soit les trois quarts des personnes interrogées par l’IFOP. Sans surprise, les ménages les plus modestes sont également les plus concernés : 64 % de celles et ceux percevant moins de 900 € par mois déclarent avoir d’ores et déjà avoir changé leur mode de fonctionnement.

Parmi ces changements de comportements, près d’un Français sur trois (30 %) a revu à la baisse ses propres besoins au profit de ceux concernant son ou de ses animaux de compagnie, et un sur cinq (20 %) l’envisage. C’est donc la moitié des possesseurs d’animaux de compagnie qui ont ou sont prêts à se priver au bénéfice de leur(s) compagnon(s).

Les propriétaires sont aussi nombreux à diminuer le budget qu’ils allouent habituellement au bien-être de leurs compagnons : 20 % ont ainsi rogné sur les dépenses ou sur la qualité des produits et des services liés aux loisirs, au toilettage ou encore, et c’est plus inquiétant, aux soins vétérinaires.

Moins de nourriture, voire abandon…

Mais l’inflation entraîne d’autres conséquences préjudiciables à la santé de certains animaux. Il y a par exemple ceux dont les maîtres réduisent la quantité de nourriture journalière : 10 % des personnes interrogées expliquent être aujourd’hui dans ce cas, et 9 % envisagent de le faire. Il y a par ailleurs les répondants à cette étude qui indiquent s’être séparés de leur(s) compagnon(s) en raison de la hausse des prix. 7 % disent l’avoir fait au cours de l’année écoulée et 7 % l’envisagent. Des chiffres particulièrement inquiétants au regard de la population d’animaux domestiques en France - 17 millions pour les seuls chats et chiens recensés dans notre pays – et du nombre d’abandons enregistrés chaque année, hors phénomène inflationniste d’envergure.

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La hausse des prix, la SPA et les refuges abritant des animaux abandonnés en font le constat, a aussi un impact certain sur le nombre d’adoptions. L’étude de l’IFOP le confirme : près d’un quart des personnes interrogées (24 %) ont renoncé, cette année ou par le passé, à accueillir un animal de compagnie en raison des dépenses engendrées. Si elle freine le volume des adoptions, cette prise de conscience peut néanmoins s’avérer salutaire dans certaines circonstances et éviter des abandons ultérieurs pour raisons financières.

*Étude IFOP pour Woopets.fr menée du 18 au 20 octobre 2022 auprès de 2 005 personnes représentatives de la population française, âgées de 18 ans et plus, dont 1 036 possédant au moins un animal de compagnie.

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