Des vétérinaires mettent en doute l'efficacité des chiens renifleurs pour détecter la Covid-19. Ils attendent des études complémentaires

Publié le 28/08/2020 à 16h30

Ecrit par Alexandre Dieu dans la catégorie Faits Divers

Illustration : "Des vétérinaires mettent en doute l'efficacité des chiens renifleurs pour détecter la Covid-19. Ils attendent des études complémentaires "

Si la détection par les chiens des cas de Covid-19 semble encourageante, des spécialistes souhaitent que des études complémentaires soient réalisées pour en savoir plus au sujet de leur efficacité.

Dans plusieurs pays, on mène des recherches impliquant des chiens pour la détection la Covid-19. C’est le cas en France, où on peut citer au moins 2 projets : Covidog et Nosaïs-Covid-19.

Le premier a pour objectif d’apprendre aux chiens à reconnaître la signature olfactive du nouveau coronavirus lorsque celui-ci infecte des cellules, et donne ainsi lieu à l’émanation, via les gaz respiratoires, de composés organiques volatils bien spécifiques. Covidog est le fruit de la collaboration entre Philippe Choquet, enseignant-chercheur au CHU de Strasbourg notamment, le virologiste Christophe Ritzenthaler, le professeur Yves Rémond et le laboratoire HepSYS (université de Strasbourg, Inserm).

Quant à Nosaïs-Covid-19, il consiste à faire renifler, par les canidés spécialement formés, des échantillons de sueur prélevés sous les aisselles afin de détecter les cas de Covid-19. Il s’agit là d’un projet porté par l’Ecole nationale vétérinaire d’Alfort et dirigé par le professeur Dominique Grandjean.

Ces travaux sont prometteurs, mais plus d’un spécialiste attend qu’il y ait davantage d’études pour se prononcer au sujet de l’efficacité de ces méthodes, comme le rapporte Le Monde. C’est le cas d’Isabelle Fromantin, qui est à la tête du projet KDog-Curie pour le dépistage précoce du cancer par les chiens. Elle rappelle que « des études cliniques sur plusieurs centaines de patients doivent être menées », qu’elles doivent être réalisées en aveugle pour prévenir les risques de biais, et incite à la prudence face « aux effets d’annonce ».

Une position qui rejoint celles de l’Académie nationale de médecine et de l’Académie vétérinaire de France. Jeanne Brugère-Picoux, qui œuvre au sein des cellules Covid des 2 institutions, a commenté les résultats d’une dizaine de milliers de tests effectués via 7 chiens par l’université vétérinaire de Hanovre, et selon lesquels la sensibilité serait de l’ordre de 82,6%.

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Si elle reconnaît l’intérêt de ces tests, Jeanne Brugère-Picoux estime qu’il « reste à définir dans quelles circonstances ils seront les plus utiles : à l’échelon d’un groupe comme dans un moyen de transport (avion, train…) ou un aéroport ou en tant que test individuel ». Elle recommande ainsi « de compléter l’évaluation scientifique et le développement de ce nouveau test afin de le mettre en œuvre dans les meilleurs délais ».

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