Les rats n’aiment pas faire souffrir leurs congénères, même lorsque cela leur permet d’obtenir de la nourriture

Illustration : "Les rats n’aiment pas faire souffrir leurs congénères, même lorsque cela leur permet d’obtenir de la nourriture"

Des chercheurs néerlandais ont réalisé une étude autour de l’aversion pour le préjudice chez les rats. Ils sont parvenus à des conclusions assez étonnantes.

L’aversion pour le préjudice, c’est ce malaise que l’on ressent face à la souffrance d’autrui, surtout lorsqu’on en est responsable. Ce concept, des chercheurs à l'Institut des neurosciences néerlandais, à Amsterdam, ont voulu l’évaluer chez le rat, comme le rapporte Sciences et Avenir. Les conclusions de leur étude ont été publiées dans la revue Current Biology le 5 mars dernier.

Ils ont entraîné des rats à actionner un levier parmi 2 proposés pour obtenir des friandises. Une fois leur préférence établie, les rongeurs ont été amenés à reproduire cette action, mais à la différence que le levier choisi produisait une petite décharge électrique désagréable, mais sans danger, dans le compartiment voisin abritant un autre rat. Celui-ci qui émettait alors un cri lorsqu’elle survenait.

Les auteurs de l’expérience ont constaté que les rats n’actionnaient plus leur levier favori lorsqu’ils se rendaient compte que cela nuisait à leur congénère, et ce, même s’ils ne s’étaient pas rencontrés auparavant. Ce comportement a été observé aussi bien chez les mâles que les femelles.

L’étape suivante de cette expérimentation a consisté à reproduire l’exercice, mais en ayant anesthésié localement le cortex cingulaire antérieur des rats. Cette zone du cerveau est associée à l’empathie chez l’être humain. Dans ces conditions, les rongeurs n’ont plus manifesté d’aversion pour le préjudice d’autrui ; en d’autres termes, ils ont actionné leur levier préféré et obtenu des friandises sans tenir compte de la souffrance du congénère. Ce qui conforte la thèse selon laquelle les rats préfèreraient ne pas nuire aux autres.

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Pour le Dr Valeria Gazzola, qui a pris part à cette étude, « le fait que les humains et les rats utilisent la même région du cerveau pour éviter de nuire aux autres est frappant ». C’est aussi la preuve, selon elle, que « la motivation morale qui nous empêche de nuire à nos semblables est ancienne et évolutive, profondément enracinée dans la biologie de notre cerveau et partagée avec d'autres animaux ».

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