Maîtriser un chien hyperactif
Il n’y a pas que chez les humains que l’on trouve des sujets hyperactifs. Certains chiens possèdent aussi cette caractéristique, qui s’avère souvent source de problèmes pour eux-mêmes comme pour leur entourage.
Les chiens sont faits pour courir, sauter, gambader et aboyer. Leur domestication a considérablement tempéré ces comportements naturels et inscrits dans leur patrimoine génétique de canidés. Nos amis à 4 pattes ont de l’énergie et de la vitalité à revendre. C’est d’ailleurs aussi pour cela qu’on les adore. Toutefois, certains chiens en ont beaucoup plus que les autres et affichent ainsi une personnalité hyperactive. Cela peut poser problème au quotidien et la cohabitation devient difficile par moments.
Comment faire pour gérer un chien hyperactif ? Voici quelques conseils.
Hyperactivité vs syndrome HS-HA chez le chien
Tous les chiens agités ne souffrent pas du même trouble. Il existe2deux réalités bien distinctes :
- L'hyperactivité comportementale, la plus fréquente, est liée à un manque de stimulation, une éducation insuffisante ou une séparation trop précoce de la mère.
- Le syndrome HS-HA (Hypersensibilité-Hyperactivité), trouble du développement neurologique décrit par le Dr Patrick Pageat en 1995, est une pathologie à part entière. Il toucherait entre 12 et 20 % des chiens et se caractérise par une incapacité à contrôler ses émotions et ses impulsions, même avec une éducation adaptée. Sa prise en charge nécessite impérativement un vétérinaire comportementaliste.
Hyperactivité canine : comment se manifeste-t-elle ?
Votre chien ne tient pas en place ? Vous avez du mal à vous faire obéir ? C'est un chien parfois agressif et destructeur ? Il présente, dans ce cas, tous les signes pouvant laisser à penser qu’il est hyperactif.
Plusieurs types de troubles comportementaux et leurs manifestations sont, en effet, associés à l’hyperactivité canine. Souvent, l’obéissance fait défaut : le chien ne s’exécute pas quand on lui ordonne de s’arrêter ou de revenir au pied. Une socialisation insuffisante peut également être pointée du doigt et elle a fréquemment comme cause une séparation beaucoup trop précoce de sa mère et de sa portée. Les bases de la hiérarchie et des interactions sociales se constituent, en effet, durant les premières semaines de la vie du chiot auprès de sa famille.
Pour rappel, la loi française (article L.214-8 du Code rural) interdit la vente d'un chiot avant l'âge de 8 semaines. Ce seuil n'est pas anodin : les troubles comportementaux apparaissent principalement durant la période de socialisation, entre 3 semaines et 3 mois. Un chiot séparé avant 8 semaines n'a pas acquis les codes sociaux canins ni les bases de l'autocontrôle, ce qui peut durablement fragiliser son équilibre psychologique.
Le chien hyperactif peut aussi avoir tendance à manger trop vite : les troubles alimentaires s’ajoutent alors à ceux d’ordre comportemental.
Tout, dans l’environnement du chien hyperactif, est susceptible de le stimuler, l’exciter et le pousser à s’agiter dans tous les sens : le moindre bruit, le moindre mouvement, à n’importe quelle heure de la journée ou de la nuit.
Pour toutes ces raisons, vivre aux côtés d’un tel chien ne peut être facile à gérer au quotidien. Mais ce n’est pas impossible. Quelques mesures permettent de réduire l’intensité de cette hyperactivité et son impact.
Avant toute chose, si vous suspectez que votre chien est hyperactif, consultez un vétérinaire. Des conditions médicales comme l'hyperthyroïdie, des troubles neurologiques ou des déséquilibres hormonaux peuvent provoquer une agitation anormale. Seul un professionnel peut poser un diagnostic fiable et orienter vers la prise en charge adaptée.
Le saviez-vous ? Certaines races sont naturellement plus prédisposées à l'hyperactivité en raison de leur sélection génétique pour des activités de travail intense. C'est notamment le cas du Jack Russell, du Berger Australien, du Malinois, du Border Collie, du Berger Allemand ou encore du Cairn Terrier. Si vous possédez l'un de ces chiens, sachez que ses besoins en dépense physique et mentale sont structurellement plus élevés que la moyenne.
Essayer d’être calme soi-même
C’est évidemment plus facile à dire qu’à faire. Garder son calme face à un chien qui court dans tous les sens et détruit tout ce qui se trouve sur sa route, c’est pourtant indispensable. Nos compagnons canins sont extrêmement sensibles à nos attitudes et, lorsque nous sommes nerveux et stressés, ils le deviennent aussi.
Plus on veille à rester serein malgré la situation, plus le chien a de chances de l’être à son tour. A l’inverse, quand on s’énerve et lorsqu’on se met à hurler, cela ne fait qu’exacerber l’agitation de l’animal.
La première chose à faire est donc d’apprendre à rester zen quand son chien ne l’est pas.
Traiter l’anxiété du chien
L’hyperactivité du chien doit aussi et surtout être traitée en amont, c'est-à-dire au niveau des causes probables de son problème. Parmi celles-ci, l’anxiété est souvent présente. Tout l’enjeu réside alors dans le traitement de ce qui provoque cette anxiété : la situation, l’endroit n’importe quel élément qui est perçu par le chien comme quelque chose de négatif, de désagréable. Il s’agira de faire en sorte que l’élément anxiogène soit désormais associé à un sentiment positif en félicitant le chien lorsqu’il affiche le comportement désiré, en le récompensant quand il reste calme, etc.
Lui proposer davantage d’activités
Le chien est un animal actif par nature, dont les besoins en exercice et en stimulation varient considérablement selon sa race. Les chiens sélectionnés pour le travail intensif — comme le berger australien, le malinois ou le Jack Russell Terrier — ont un seuil d'activation naturellement élevé et nécessitent une dépense physique et mentale bien plus importante que la moyenne.
Le laisser à la maison toute la journée, ne pas lui donner suffisamment d’occasions de se dépenser, c’est le meilleur moyen de laisser exploser son hyperactivité.
Il faut, au contraire, rallonger ses promenades, lui faire faire davantage d’exercice pour canaliser son trop-plein d’énergie. Des activités telles que l’agility sont particulièrement indiquées, car elles permettent à l’animal de se défouler tout en améliorant sa coordination et sa concentration.
On doit, par ailleurs, profiter de ces exercices pour travailler sur l’obéissance : ne lui lancer la balle, le frisbee ou le bâton que s’il obéit à l’ordre « assis » ou « couché », par exemple.
Au-delà de l'exercice physique, la stimulation mentale est un levier souvent sous-estimé. Des jouets d'enrichissement comme les tapis de fouille, les puzzles interactifs ou les Kongs fourrés permettent de canaliser l'énergie du chien hyperactif tout en le faisant réfléchir. Une activité mentale bien conduite peut fatiguer autant qu'une longue promenade, et présente l'avantage de pouvoir être utilisée pendant vos absences pour éviter les comportements destructeurs.
Par Alexandre Dieu
Rédacteur en chef
Passionné d’écriture, des réseaux sociaux (et bien évidemment des animaux), Alexandre Dieu est le rédacteur en chef de Woopets. Diplômé d’un Master Métiers de la rédaction, il travaille en harmonie avec 2 vétérinaires, une éducatrice canine, un journaliste et 2 rédacteurs spécialisés mobilisés pour Woopets.
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