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Combattre les puces chez le chat

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Les puces, aussi petites soient-elles, peuvent rapidement transformer la vie de votre chat en enfer et enquiquiner cordialement leur monde. Afin d’éviter de voir votre quotidien chamboulé, vous trouverez dans cet article quelques conseils pour anticiper… avant qu’il ne soit trop tard !

Illustration : "Combattre les puces chez le chat"

Faisant partie des parasites externes du chat, les puces occasionnent des désagréments chez l'animal en même temps qu'elles peuvent favoriser la survenue de maladies. Les combattre est donc indispensable. Voyons comment procéder.

Que sont les puces ?

La puce (Ctenocephalides felis) est le parasite externe cutané le plus rencontré chez les chiens et les chats. C’est un petit insecte piqueur sans ailes, qui mesure environ 2 mm de long et qui est aplati latéralement. Ses longues pattes lui permettent de sauter haut et loin. Seule la puce adulte est un parasite et peut s’observer dans le pelage de votre chat.

Les autres stades de développement immatures, larves et nymphes, se retrouvent dans l’environnement. Votre chat peut devenir l’hôte de ces petites bêtes lorsqu’il sort, qu’il est en contact avec d’autres animaux ou encore parce qu’il y a des œufs dans votre domicile.

Une fois sur votre animal, la puce aura tendance à y rester le plus longtemps possible pour se nourrir, se reproduire et pondre. Une puce femelle pond en moyenne 20 œufs par jour (jusqu'à 50 au maximum), et peut produire entre 1 000 et 2 000 œufs au cours de sa vie, selon les conditions environnementales.

Les œufs tombent très vite dans l’environnement, car ils ne collent pas aux poils et ils éclosent en quelques jours dans de bonnes conditions. Les larves vont alors chercher à se protéger de la sécheresse, ainsi que de la lumière, et se loger dans votre environnement (parquet, plinthes, moquettes…). Elles se nourrissent des matières fécales des adultes et de matière organique. Elles se transforment en nymphes, qui résistent dans l’environnement en attendant de pouvoir éclore (parfois seulement au bout de 6 mois).

Les larves, stade le plus sensible, ne survivent pas en dessous de 40 à 50 % d'humidité relative et voient leur développement s'arrêter en dessous de 8°C. Les nymphes dans leur cocon, en revanche, sont beaucoup plus résistantes aux conditions défavorables.

L’hiver, les parasites survivent sur leur hôte ou dans un environnement clément : votre intérieur et ses environs (la niche du chien, par exemple). Ainsi on peut retrouver des puces toute l’année, mais leur population connaît un pic au printemps et en été.

Quels sont les symptômes et comment détecter les puces sur votre chat ?

Il existe 2 présentations cliniques de l’infestation par les puces :

  • Pulicose simple : due à l’action irritante, traumatique et inflammatoire des piqûres. C’est une atteinte brève et généralement peu symptomatique. Les démangeaisons sont faibles à modérées, sans localisation préférentielle. On observe des papules aux points de piqûre et de nombreuses puces sont visibles dans les poils.
  • Dermatite allergique aux piqûres de puces (DAPP) : liée à un processus allergique immédiat ou retardé à différentes substances présentes dans la salive des puces. Une faible charge parasitaire peut suffire à déclencher ce processus. Les démangeaisons sont intenses et localisées surtout sur la région dorso-lombaire de l’animal avec des lésions en « arbre de Noël » typiques : rougeurs, papules, excoriations, croûtes, perte de poils. L’atteinte peut se compliquer avec de l’hyperpigmentation, de l’hyperkératose ou encore une pyodermite superficielle à profonde. Chez le chat, cette atteinte peut s’étendre à la tête et au cou, voire se généraliser.
  • Chez l’homme : les piqûres sont localisées essentiellement au niveau des chevilles et des jambes. Il s’agit souvent d’une attaque de « jeunes puces » tout récemment émergées de leur cocon et affamées, par exemple dans un appartement de vacances laissé vide un temps. Idéalement, les insectes recherchent un hôte animal « poilu », mais la faim peut les pousser à vous piquer. Les démangeaisons seront plus ou moins fortes selon que l’individu piqué présente un phénomène allergique ou non.

Pour les mettre en évidence, vous pouvez :

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  • Caresser votre chat à rebrousse-poil en écartant bien à la base afin de voir la peau et, avec un peu de chance, une puce passer. Néanmoins, il faut avoir l’œil vif, car elles se déplacent rapidement et en cas de faible infestation, il est aisé de passer à côté.
  • Peigner votre chat avec un petit peigne en espérant coincer une puce dans ses dents bien serrées, ou encore récolter des poils avec des excréments. Ces derniers prennent la forme de petits grains noirâtres semblables à des grains de poivre. Pour déterminer s’il s’agit bien de crottes de puces, il suffit de poser les petits grains sur un papier absorbant ou un mouchoir blanc et l’humecter. Si les grains deviennent rougeâtres au contact de l’eau, il s’agit bien de déjections de puces contenant du sang digéré.

Comment traiter et débarrasser votre chat des puces ?

La lutte antipuce repose sur le traitement de l’animal infesté, des autres animaux du foyer et de leur milieu de vie. Il vise à satisfaire 2 conditions : tuer les puces présentes et protéger votre chat contre les réinfestations le plus longtemps possible.

Il existe plusieurs présentations de traitement : shampoings, poudres, colliers, pipettes ou encore comprimés. Le choix du traitement repose sur :

  • l’efficacité ;
  • la rapidité et la durée d’action ;
  • la facilité d’utilisation ;
  • l’absence de toxicité ;
  • les circonstances de l’infestation et la nécessité d’éliminer d’autres parasites ou non.

Votre vétérinaire saura adapter le traitement à la situation propre à votre chat.

Dans les cas d’une dermatite allergique aux piqûres de puces, il sera préféré un traitement qui agit très rapidement pour tuer les puces adultes afin de limiter les piqûres et ainsi diminuer les symptômes de l’allergie le plus rapidement possible. Il vous sera recommandé de maintenir une thérapie antipuce permanente tout au long de l’année, afin de protéger votre compagnon sensible en permanence. Votre vétérinaire vous orientera vers des traitements à action rapide (comprimés ou pipettes spot-on), capables de tuer les puces adultes en quelques heures. Les shampoings antiparasitaires, dont l'action ne dure que quelques jours, ne sont pas adaptés comme traitement de fond pour un animal allergique.

Les puces peuvent transmettre d'autres agents pathogènes : le ténia Dipylidium caninum (par ingestion de puces lors du toilettage) donc un vermifuge adéquat sera probablement proposé simultanément par le vétérinaire, la bartonellose ou maladie des griffes du chat (Bartonella henselae), et peuvent provoquer une anémie par spoliation sanguine, particulièrement dangereuse chez les chatons. Ces risques justifient d'autant plus une lutte antipuce rigoureuse et régulière.

En prévention, il est nécessaire d’administrer régulièrement un antiparasitaire à votre compagnon à 4 pattes soit sous forme de colliers ou de pipettes. Il existe de nombreux antipuces permettant de protéger votre chat de toute infestation par des parasites. « Vaut mieux prévenir que guérir ! »

Nettoyez votre environnement

De manière générale, il est recommandé de traiter l’animal infecté et les animaux en contact avec l’environnement de ce dernier.

Il est fortement conseillé de faire un grand ménage à la maison en passant l’aspirateur (jetez bien le sac pour éliminer une grande partie des œufs et larves qui s’y trouveraient), en lavant votre linge de maison (surtout ceux sur lesquels votre chat fait la sieste) et en nettoyant méticuleusement les zones de vie de vos animaux.

À savoir : seulement 5 % des puces sont visibles sur votre animal ; les 95 % restants (œufs, larves, nymphes) se trouvent dans votre environnement. Le traitement de la maison est donc aussi essentiel que celui de l'animal. Utilisez des sprays environnementaux contenant des régulateurs de croissance des insectes (IGR) qui empêchent les larves de se développer. Lavez la literie et les textiles à 60°C minimum pour détruire tous les stades de développement.

Photo de Dr Zoé Greiveldinger

Par Dr Zoé Greiveldinger
Vétérinaire

Diplômée de la Faculté de Médecine Vétérinaire de Liège en 2015, le Dr Zoé Greiveldinger a d’abord travaillé quelques mois en Moselle avant de réaliser un internat pour approfondir la médecine et chirurgie des nouveaux animaux de compagnie (Nacs) au sein de la clinique Caduvet dans le Nord. Elle y exerce toujours en tant que consultante et est également responsable du pôle chirurgie.

Mis à jour le : Révision éditoriale par Joséphine Voisart

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