Une expérience négative peut perturber le sommeil de votre chien, selon une étude
Les expériences vécues avant de sombrer dans les bras de Morphée ont-elles un impact sur le sommeil de votre chien ? Des chercheurs hongrois ont montré qu’un événement social négatif pouvait modifier son organisation. Après une situation stressante, les toutous étudiés dans le cadre d’une expérience passaient moins de temps dans certaines phases de repos et davantage en sommeil paradoxal.
En 2017, une étude publiée dans la revue Proceedings of the Royal Society B* s’est penchée sur l’état émotionnel du meilleur de l’Homme lors de ses siestes. Les auteurs ont cherché à comprendre si les émotions vécues par les chiens pouvaient modifier leur sommeil.
Pour trouver les réponses à leurs questions, les chercheurs ont observé 16 compagnons adultes. Avant une période de sommeil d’une durée de 3 heures, chaque animal était confronté à 2 situations différentes :
- Positive, durant laquelle il pouvait jouer avec un proche et recevoir des caresses.
- Négative, où il subissait une courte séparation, l’approche menaçante d’un inconnu ou encore le comportement impassible d’un humain.
Au cours de cette expérience, les scientifiques ont enregistré l’activité cérébrale des canidés grâce à une polysomnographie non invasive. Derrière ce nom quelque peu barbare se cache une technique permettant de distinguer les différentes phases du sommeil et de mesurer leur durée.

La répartition du sommeil modifiée après une interaction négative
Résultats ? Après une interaction négative, les chiens s’endormaient plus rapidement, mais la répartition de leur sommeil était modifiée. Ils passaient moins de temps dans le sommeil non paradoxal – qui comprend les phases de sommeil profond –, et plus en sommeil paradoxal.
Ces diverses phases participent à plusieurs fonctions essentielles, dont la récupération et certains processus liés à la mémoire. Les auteurs de cette étude soulignent d’ailleurs que les événements émotionnels peuvent influencer la physiologie du sommeil chez nos amis à 4 pattes. Cela a déjà été observé chez nous autres humains.
Cette étude ne permet pas d’affirmer qu’un toutou « rêve mal » après avoir été grondé ni qu’il subit un traumatisme. Elle montre surtout qu’une expérience sociale négative peut modifier son sommeil dans les heures qui suivent.
Ainsi, une journée agitée ou une interaction stressante ne disparaît pas forcément au moment où votre fidèle compagnon se couche. Un environnement calme, des interactions positives et l’éducation positive peuvent favoriser de meilleures conditions de repos.
Les chercheurs précisent toutefois dans leur article qu’une seule expérience négative ne suffit pas pour entraîner des effets durables ; mais des événements stressants à répétition peuvent perturber davantage le sommeil de votre chien, alors que celui-ci joue un rôle important dans la mémoire et les apprentissages.
* « Sleep macrostructure is modulated by positive and negative social experience in adult pet dogs », Anna Kis & al., Proceedings of the Royal Society B, octobre 2017.
Par Joséphine Voisart
Rédactrice Web
Édition, lecture, écriture, animaux... Ce florilège de passions a fait tomber Joséphine dans les pattes de Woopets ! Sensible à la cause animale, elle a adopté une chatte répondant au nom d'Anthéa dans un refuge de sa région ; ainsi qu'une chienne, Lizzy, qui a vécu une vie de misère en Roumanie avant de rejoindre son foyer. Joséphine est également bénévole dans une association de protection des animaux.