Venue chercher des armes, la police découvre près de 80 chiens dans une maison insalubre
À Lemont, dans l'Etat de l'Illinois (Etats-Unis), une perquisition liée à des armes à feu a pris une tournure inattendue le jeudi 22 octobre : les policiers auraient découvert environ 76 chiens vivant dans une maison et son garage, dans des conditions jugées déplorables. Le maître des lieux, Andrew Malak, a été inculpé de cruauté envers les animaux et d'infractions liées aux armes, des accusations qu'il rejette, rapportait People.com.
À l'origine de l'opération, un mandat de perquisition délivré dans le cadre d'une ordonnance de restriction d'armes à feu prise par un juge du comté de Cook. Avant de l'exécuter, les agents de la police de Lemont, ville située à une cinquantaine de kilomètres au sud-ouest de Chicago, ont estimé que le nombre de chiens présents dans la demeure soulevait des problèmes de sécurité, si bien que le service de contrôle animalier du comté de Cook et l'unité de lutte contre la cruauté animale de la police ont été appelés en renfort.
Plusieurs plaintes par le passé
Sur McCarthy Road, les policiers auraient recensé quelque 76 chiens répartis entre l'habitation et le garage, ainsi que 3 armes à feu. Des images de la scène montrent des dizaines d'agents de la police et du comté occupés à sortir les animaux de la propriété pendant la fouille, tandis que les pompiers du Lemont Fire Protection District évaluaient et limitaient d'éventuels risques liés à des matières dangereuses.
Cette adresse n'était pas inconnue des services. Au cours des mois précédents, plusieurs plaintes pour aboiements et mauvaises odeurs avaient été déposées, ont expliqué riverains et policiers au Chicago Tribune et à CBS Chicago. Des témoins ont par ailleurs affirmé, toujours selon la police, que Malak accumulait des chiens errants afin de les placer en famille d'accueil et de leur trouver un foyer.

« Je pensais à 20 ou 30 »
Kim Arias, fondatrice de Ruby Whiskers Animal Rescue, a raconté avoir été frappée, dès son arrivée sur les lieux, par une odeur très forte qui se dégageait des chiens. « Je n'avais aucune idée qu'il y en avait autant. Je pensais à 20 ou 30 », a-t-elle confié à NBC Chicago.
Les images tournées à l'intérieur donnent une idée de l'état des lieux : de la saleté recouvrait les sols et les murs, et plusieurs bacs en plastique crasseux, posés contre une cloison, semblaient tenir lieu de couchages. « Les conditions de vie étaient déplorables pour ces chiens, sans parler pour un être humain », a résumé Kim Arias auprès du Tribune. Aucun des animaux ne lui a toutefois paru visiblement malade, et la fondatrice en a d'abord ramené 3 chez elle pour tenter de leur trouver une famille d'accueil.
Une grande partie des chiens a rejoint des refuges de la région, parmi lesquels Ruby Whiskers et Anti-Cruelty, à Chicago. Cette dernière association a recueilli 33 toutous de races diverses, depuis des chiots âgés de 8 semaines jusqu'à des adultes. « Beaucoup sont peu socialisés et auront besoin de patience et de soins individualisés pour s'adapter à leur nouvel environnement », a-t-elle prévenu dans une publication, sans être en mesure d'annoncer une date pour leur mise à l'adoption ; elle s'engage à donner des nouvelles dès que possible.
Interpellé, le propriétaire conteste les faits
Andrew Malak, 58 ans, a été interpellé sans incident avant d'être inculpé de plusieurs chefs de cruauté envers les animaux et d'infractions criminelles liées aux armes. L'homme a été remis en liberté dès le lendemain matin, selon le Tribune.
Le propriétaire conteste les faits qui lui sont reprochés. Interrogé par FOX 32 Chicago, il a expliqué que ces chiens dépendaient de son association et qu'il en avait accueilli plusieurs après la fermeture d'un établissement, assurant s'en occuper correctement. « Si on y va maintenant, vous trouverez des seaux de nourriture partout », a-t-il déclaré.
L'ordonnance prise à son encontre lui interdit d'acheter ou de détenir d'autres armes à feu, et il doit comparaître devant le tribunal le 5 novembre. D'ici là, les chiens pris en charge restent dans les refuges, où ils s'habituent peu à peu à leurs nouveaux lieux de vie.
Par Kheireddine Ayari
Rédacteur web