↑

« Il l'a fait pour la chienne » : son sauveur a marché près de 145 km et reste anonyme

Lien copié ✓

Pendant plus d'un mois, des bénévoles ont multiplié les tentatives pour mettre à l'abri Diya, une chienne errante à l'allure de loup installée sur l'aire de repos de Split Rock, près de Jeffrey City dans le Wyoming (États-Unis). Lorsqu'elle a cessé de se montrer, beaucoup ont craint le pire, alors que son histoire, relayée par Cowboy State Daily, s'écrivait déjà bien plus loin.

Illustration : "« Il l'a fait pour la chienne » : son sauveur a marché près de 145 km et reste anonyme"

Arrivée à la mi-septembre 2026 sur cette aire isolée du comté de Fremont, Diya avait conquis des dizaines d'habitants, et des bénévoles de plus en plus nombreux faisaient chaque jour la route pour lui apporter à manger et à boire, sans que personne parvienne à l'attraper. 

Cette chienne insaisissable s'évertuait à fuir les cages-trappes que ces âmes bienveillantes disposaient pour tenter de la mettre en sécurité. Elle repérait sans grande difficulté les comprimés dissimulés dans sa nourriture et détalait dès qu'apparaissait une laisse ou un panneau de clôture mobile. Mark Lewis, bénévole en chef, avait passé des semaines à dormir sur place pour tenter de la récupérer.

La chienne au pelage crème allongée sur la chaussée, la tête de profil

Un enclos, puis plus aucune trace

Le vendredi 16 octobre, Lewis a averti le groupe de volontaires qu'un rassemblement de chevaux sauvages prévu la semaine suivante sur Green Mountain risquait de bousculer leur calendrier. Il a donc monté, afin de gagner du temps, un enclos d'environ 3 m sur 3 m où toute la nourriture était désormais déposée, puis a ajouté de grands panneaux de clôture, un autre chien devant servir à l'y attirer.

Le soir même, Diya a disparu. Le samedi soir, Lewis écrivait au groupe qu'il ne l'avait pas vue de la journée, qu'il patienterait encore une heure sur place et comptait revenir avant le lever du soleil. Le dimanche, toujours rien : certains se demandaient si, faute d'être stérilisée, elle n'était pas partie en chaleur, d'autres redoutaient le pire. Puis un bénévole a signalé, à moins de 1,6 km, ce qui semblait être du sang frais sur la route. Dans le groupe, beaucoup la croyaient morte.

La chienne debout sous la pluie à côté d'un pick-up gris

Le pari d'un bénévole resté anonyme

La réalité était tout autre : Diya se trouvait déjà à des kilomètres de là, en compagnie d'un habitant de Lander resté anonyme. Lui aussi venait régulièrement la nourrir, et 3 semaines d'observation l'avaient convaincu qu'aucune méthode de capture classique ne viendrait à bout de la chienne. Craignant qu'elle ne reste coincée là indéfiniment, il s'était lancé dès le vendredi soir dans une approche radicalement différente, sans prévenir personne.

« Même si cela me terrifiait, j'ai décidé de prendre le risque d'essayer de la mener en sécurité à pied », a-t-il écrit sur Facebook le jeudi suivant, en dévoilant la fin de l'histoire. D'après son message, le trajet, accompli avec son propre chien, représentait environ 145 km, répartis sur 4 jours ; Diya ne les a jamais quittés et, matin après matin, elle est repartie avec eux. Mark Lewis a confirmé la véracité du récit : « Je peux vous dire que ce n'est pas faux », a-t-il assuré, avant d'insister sur le fait que l'homme avait bel et bien parcouru cette distance avec elle.

La chienne blanche dressée sur un rocher devant une plaine aride et des montagnes

« Il l'a fait pour la chienne »

Dans sa publication, le marcheur a présenté ses excuses à toutes les personnes qui s'étaient inquiétées, avaient donné de leur temps ou de leur argent depuis la disparition, expliquant qu'une opération aussi délicate ne tolérait aucune interférence. Il n'a en revanche livré aucun détail sur l'itinéraire, les distances quotidiennes ou les lieux où ils ont dormi. Lewis dit comprendre cette discrétion, même s'il aurait aimé être mis dans la confidence pour lui apporter son soutien. Il connaît le nom et le numéro de l'homme, mais refuse de les transmettre : « Il l'a fait pour la chienne », résume-t-il. Que cette dernière ait passé plusieurs nuits près de son guide et soit repartie avec lui chaque matin en dit long, à ses yeux.

Joanna Harter, bénévole de Lander arrivée sur le tard pour coordonner les méthodes de piégeage, ignore elle aussi l'identité du marcheur. Elle avait sollicité des trappeurs spécialisés dans les chiens perdus et offert une grande cage ouverte, restée inutilisée puisque Diya s'était évanouie avant. Au terme de ces semaines de mobilisation, elle n'a pas le sentiment d'avoir perdu son temps et se dit heureuse de la savoir sortie de là. Lewis partage cet avis : « L'objectif était de la faire descendre de la montagne et de la mettre en sécurité, et c'est réussi », souligne-t-il, persuadé qu'elle aura une belle vie.

La niche en bois construite par les bénévoles à l'ombre d'un rocher et d'un arbre

Un nouveau nom pour une nouvelle vie

Pour la rescapée, cette nouvelle vie commence sous un nouveau nom. Son sauveur l'appelle désormais Juniper, ou Juni, en référence aux arbres qui lui avaient servi d'abri là-bas, et il se consacre pour l'instant à sa décompression et à son adaptation progressive à un quotidien domestique. 

Il a également salué le travail des volontaires qui l'ont précédé : « Ils ont fait un travail énorme et se souciaient profondément d'elle », a-t-il écrit, ajoutant que leur échec ne leur était pas imputable, car cette chienne ne se laisse ni dompter ni piéger.

Photo de Kheireddine Ayari

Par Kheireddine Ayari
Rédacteur web

Féru de sport et amoureux des chiens depuis sa tendre enfance, Kheireddine est arrivé dans la rédaction web en 2008 un peu par hasard, porté par son amour des mots. Ayant grandi aux côtés d’un Boxer nommé Ulysse et partagé 12 belles années de sa vie avec Kalash, croisée Berger Allemand, il est plus que ravi d’écrire sur le merveilleux univers des animaux de compagnie.

Aucun commentaire

  • Soyez le premier à commenter cet article !
  • Image de profil