Avec son fils, cet ancien militaire forme gratuitement des chiens d’assistance pour aider d’autres vétérans
Le chien d’assistance qui l’a aidé à retrouver ses repères après l’armée a donné à Taamir Ransome une nouvelle mission. Depuis, cet ancien militaire forme gratuitement des chiens destinés à accompagner d’autres vétérans, avec déjà plus de 20 canidés à son actif.
Taamir Ransome, 43 ans, avait quitté l'armée de terre américaine en tant que sergent-major, mettant ainsi fin à une carrière militaire de 22 ans. En raccrochant l'uniforme, il s'était donné pour objectif de former lui-même un chien d'assistance pour l'accompagner au quotidien. Il le fait désormais pour d'autres vétérans.
« J’ai toujours aimé les chiens »
Comme bon nombre d'anciens soldats, il était quelque peu perdu à son retour à la vie civile. Il avait plus que jamais besoin de soutien et était convaincu que celui-ci ne pouvait venir que d'un compagnon canin. Il était loin de s'imaginer que cela deviendrait le grand projet de sa vie.
« J’ai toujours aimé les chiens. J’ai grandi en élevant des Rottweilers et, lorsque j’ai rejoint l’armée et suis devenu opérateur EOD — spécialisé dans la neutralisation des explosifs et munitions —, j’ai travaillé aux côtés de nos chiens opérationnels », explique-t-il à Military.com.
Après son départ à la retraite, il s'était vu confier un chien d'assistance appelé Dimos, grâce à la Wounded Warrior Foundation. Cette arrivée a été un véritable tournant pour l'ancien spécialiste du déminage. « Une fois que j’ai compris à quel point ce chien avait changé ma vie, j’ai su qu’il devait y avoir d’autres anciens combattants qui ne pouvaient pas obtenir de chien d’assistance, mais qui en avaient besoin », dit-il.
Une transition difficile
Taamir Ransome n'était pas au mieux avant cela, ni physiquement ni psychologiquement. Au cours de son parcours militaire débuté à l'âge de 18 ans, il avait enchaîné des missions extrêmement stressantes et dangereuses, au contact d'explosifs qu'il était chargé de désamorcer. Il risquait sa vie à chaque instant, alors qu'il avait été déployé sur les théâtres de guerre les plus violents : Irak, Afghanistan, Syrie…
Ce qui n'a pas été sans conséquences sur sa santé. Il a d'ailleurs dû prendre sa retraite en 2021 à cause d'une blessure au pied pour laquelle il a été opéré.
« Ma transition a été assez difficile, admet Taamir Ransome. J’ai perdu mon but et je ne savais plus qui j’étais. J’avais perdu mon identité. »
L'arrivée de Dimos comme déclic
Avec Dimos à ses côtés, il a retrouvé la motivation pour aller de l'avant. Il a lancé son propre programme par le biais duquel il forme gratuitement des chiens d'assistance destinés à accompagner des vétérans en proie aux difficultés liées au retour à la vie civile.
« J’ai commencé ce programme il y a environ 18 mois, indique-t-il. Personnellement, j’ai maintenant 8 chiens. Mais nous sauvons probablement un nouveau chien environ une fois par trimestre. Au cours des 18 derniers mois, je dirais que j’ai dressé plus de 20 chiens. »
Un projet qu'il mène avec son fils, ce dernier participant activement à l'éducation et à la formation des chiens d'assistance de différentes races, notamment des Bergers Allemands et des Schnauzers géants.
L'impact de Dimos sur la vie de Taamir Ransome a été tel qu'il a même été en mesure de reprendre ses études, décrochant ainsi 2 masters en science et en analyse des données. Ce n'est pas tout, puisqu'il travaille également dans la défense des intérêts des anciens combattants ainsi que dans le domaine des technologies. En outre, il a écrit un livre intitulé « Mind of a Soldier », y offrant des conseils et une voie à suivre aux personnes qui quittent la vie militaire.
L'info Woopets : comment un chien d’assistance peut-il aider un ancien militaire ?
Pour un vétéran confronté au stress post-traumatique, un handicap ou des difficultés lors du retour à la vie civile, un chien d’assistance peut apporter un soutien concret au quotidien. Selon les besoins de son maître, il peut notamment l’aider à réaliser certaines tâches, faciliter ses déplacements ou intervenir pour le rassurer dans des situations anxiogènes.
La présence de l’animal peut aussi contribuer à recréer une routine et à rompre l’isolement. Certains chiens sont spécifiquement formés pour détecter certains signes de détresse et effectuer des actions destinées à aider leur maître à retrouver son calme ou à se sentir davantage en sécurité.
Il est toutefois important de distinguer chien d’assistance et animal de compagnie : un chien d’assistance est sélectionné et entraîné pour répondre à des besoins précis liés au handicap de son maître. Il ne constitue pas un traitement du stress post-traumatique ou de la dépression, et ne remplace pas un accompagnement médical ou psychologique. En revanche, il peut s’inscrire en complément d'une prise en charge adaptée et favoriser l'autonomie et le quotidien de la personne accompagnée.
Par Kheireddine Ayari
Rédacteur web
Féru de sport et amoureux des chiens depuis sa tendre enfance, Kheireddine est arrivé dans la rédaction web en 2008 un peu par hasard, porté par son amour des mots. Ayant grandi aux côtés d’un Boxer nommé Ulysse et partagé 12 belles années de sa vie avec Kalash, croisée Berger Allemand, il est plus que ravi d’écrire sur le merveilleux univers des animaux de compagnie.




