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Votre chat refuse certains médicaments : une étude sur l’amertume apporte une piste d’explication

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Vous devez donner un médicament à votre chat, mais il le recrache à chaque fois avec une détermination exaspérante ? Ce comportement n’a peut-être rien d’un caprice. Les chats possèdent en effet dans leur patrimoine génétique tout un arsenal de récepteurs dédiés à l’amertume. Une étude scientifique américiane a d’ailleurs montré comment ces détecteurs peuvent les aider à repérer les substances indésirables.

Illustration : "Votre chat refuse certains médicaments : une étude sur l’amertume apporte une piste d’explication"

On imagine souvent que le chat, avec son régime essentiellement carné, n’a pas besoin d’un goût très développé. Pourtant, faites-lui avaler un médicament amer et vous découvrirez vite l’étendue de ses exigences ! Et si ce fameux « caprice » avait en réalité une explication génétique ? C’est ce qu’ont cherché à comprendre Weiwei Lei et ses collègues dans une étude publiée dans la revue PLOS One*.

Des détecteurs d’amertume bien vivants

Pour comprendre le goût du chat, ces chercheurs se sont intéressés à sa génétique gustative, et plus précisément aux récepteurs TAS2R. Ces protéines jouent en effet le rôle de petits détecteurs moléculaires capables de reconnaître les substances amères. Ils ont donc identifié les gènes correspondants chez le chat, puis ils ont produit les récepteurs dans des cellules de laboratoire, avant de les confronter à 25 molécules amères.

Résultat : au moins 7 récepteurs félins sont bien fonctionnels, certains pouvant reconnaître une grande variété de composés. De quoi remettre en question l’idée qu’un carnivore strict aurait peu besoin de détecter l’amertume !

Détecter l’amertume, une affaire de survie pour le chat

On sait que la fonction première du goût amer est normalement de protéger contre les substances toxiques des plantes. Alors, pourquoi le chat, carnivore strict, possède-t-il encore autant de récepteurs dédiés à sa détection ? C’est là que la génétique gustative devient particulièrement intéressante ! Les proies de nos petits poilus ne sont pas forcément dépourvues de composés amers : les acides biliaires, les venins ou les sécrétions de certains animaux peuvent eux aussi être désagréables, voire toxiques. Au fil de l’évolution, conserver ces détecteurs pourrait donc avoir aidé les chats à limiter le risque de toxicose, même sans consommer directement de plantes.

Et ce n’est peut-être pas leur seule fonction ! En effet, les récepteurs de l’amertume ne seraient pas seulement des capteurs du goût, mais pourraient faire partie d’un système de surveillance chimique réparti dans l’organisme : la langue détecte le danger avant l’ingestion, tandis que des récepteurs similaires présents dans d’autres tissus pourraient participer aux défenses de l’organisme. Chez le chat, ce système semble ainsi dépasser largement la simple détection des végétaux toxiques et semble donc avoir été conservé pour des raisons bien plus larges.

L’info Woopets – Comment donner un médicament à son chat ?

Donner un médicament à un chat peut vite devenir un véritable défi... Voici quelques astuces pour faciliter ce moment tout en limitant le stress :

  • Privilégiez la douceur : restez calme et prenez le temps d’instaurer une routine rassurante ;
  • Cachez le comprimé : lorsqu’il est adapté au traitement, on peut l’enrober dans une friandise appétente ou le mélanger à une petite quantité de nourriture ;
  • Pour donner un comprimé directement : déposez-le doucement au fond de la bouche de votre minou, puis refermez délicatement les mâchoires pour favoriser la déglutition ;
  • Pour les médicaments liquides : administrez-les doucement par la commissure des lèvres, en laissant au chat le temps d’avaler ;
  • Récompensez toujours votre petit félin après l’administration avec une caresse, une friandise ou un moment agréable ;
  • Demandez conseil à votre vétérinaire : il peut vous montrer les bons gestes et proposer une forme de traitement plus facile à administrer.

* Lei W. et al., « Functional Analyses of Bitter Taste Receptors in Domestic Cats (Felis catus) », PLoS One, 2015 Oct 21 ; 10(10) : e0139670.

Photo de Ludivine Beaurin

Par Ludivine Beaurin
Rédactrice web

Historienne reconvertie dans la rédaction web, Ludivine a toujours adoré l’écriture et les animaux. Maîtresse de 6 adorables chats, elle trouve beaucoup d’inspiration dans les facéties de ses boules de poils.

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