« Ces chiens étaient maigres et dans un état inquiétant » : 11 chiens secourus dans un chenil en Vendée
En Vendée, un chasseur détenait 11 chiens de chasse non identifiés dans un chenil dont il ne les sortait presque jamais. Après son décès, sa famille s'est tournée vers la Fondation 30 Millions d'Amis, appelée en renfort en septembre 2026 pour prendre en charge ces animaux maigres, jamais vaccinés ni soignés, comme le rapporte la Fondation sur son site.
Sur les 11 chiens de chasse secourus, 10 vivaient en permanence dans l'enclos de ce chenil vendéen, dans la négligence, et la plupart avaient 3 ans. « Ces chiens étaient maigres et dans un état inquiétant », relate Catherine, enquêtrice bénévole pour 30 Millions d'Amis.
« Il fallait trouver une solution en urgence »
C'est le décès prématuré du chasseur qui a conduit l'enquêtrice jusqu'à cet enclos, la famille du défunt ayant contacté la Fondation pour faire le nécessaire. « Il fallait trouver une solution en urgence », explique Catherine.

Sur place, Catherine a pu compter sur Alice, une habitante qui, de son côté, prenait soin des chiens sans contrepartie, le temps qu'une place leur soit trouvée. « On ne pouvait pas les laisser comme ça », témoigne cette dernière, qui décrit des animaux vivant au milieu des rats et couverts de puces. Il a aussi fallu leur dénicher des croquettes adaptées.

Les 11 chiens ont finalement été confiés à la Fondation 30 Millions d'Amis. Après une étape dans un refuge partenaire, vers lequel elle les avait fait transporter, l'association les a accueillis pour de bon à La Tuilerie, son refuge de Seine-et-Marne. Seule exception, une femelle d'environ 8 ans, qui a pris la direction d'un refuge de Loire-Atlantique.
La fuite plutôt que l'affrontement
En 3 ans, ces animaux n'avaient jamais quitté leur enclos ; ils prenaient peur et il était difficile de s'approcher d'eux. « L’ensemble des chiens présente un très important déficit de socialisation et d’habituation à l’humain, mais également à l’ensemble de leur environnement », écrivait Clément Montet, qui dirige le Refuge de Sassay dans le Loir-et-Cher, dans les observations qu'il a consignées.
La peur se lisait jusque dans leur corps : au moindre geste pour les approcher ou les faire bouger, le stress était tel que certains lâchaient leurs glandes anales ou faisaient leurs besoins sur place. Les promenades relevaient du défi, puisque la majorité refusait qu'on lui enfile un harnais. Les 11 canidés n'avaient toutefois rien d'agressif : ils préféraient toujours fuir, esquiver ou se figer plutôt que d'affronter.

Des signes encourageants dans l'optique de leur mise en adoption
Quelques jours d'adaptation ont pourtant suffi pour que les premiers signes d'évolution apparaissent. Les équipes de La Tuilerie continuent aujourd'hui de les soigner et de travailler leur éducation.
Avec l'appui d'Alice et de la Fondation, ces anciens pensionnaires du chenil pourront bientôt être proposés à l'adoption et vivre dans de meilleures conditions.

Par Kheireddine Ayari
Rédacteur web