Après le décès de leur humain ou un départ en EHPAD, ces chiens espèrent encore retrouver une famille
La Petite Tribu est une association de protection animale, située à Montlignon (95). Parmi ses protégés, nombre d’entre eux ont vu leur vie basculer après le décès de leur humain préféré ou son départ en EHPAD. Faute de solution de placement, notamment auprès des proches, ces boules de poils se retrouvent du jour au lendemain sans foyer. Avec l’aide des bénévoles, elles espèrent prendre un nouveau départ dans une famille aimante, qui pourra s’engager durablement. C’est le cas de Sissy, une chienne de 12 ans, ou encore de Punch et de Pépite, des Pékinoises âgées de 7 ans.
« Adopter un animal, c’est aussi penser à ce qui se passera si nous ne pouvons plus nous en occuper, explique La Petite Tribu à notre rédaction, que se passe-t-il en cas d’hospitalisation ? D’entrée en EHPAD ? De perte d’autonomie ? De décès ? Qui pourra prendre le relais ? Qui l’accueillera ? Qui assumera les soins et les frais ? »
Au cours d’un échange avec Woopets, l’association basée en Île-de-France a confié devoir récupérer des boules de poils « dont les abandons auraient pu être évités » et « dont la vie bascule lorsque leur humain vieillit, est hospitalisé ou doit entrer en EHPAD ».

© Sissy / La Petite Tribu
Une chienne âgée, qui se retrouve à la case départ après le décès de son humaine
Sissy, par exemple, est une chienne de 12 ans qui a dû affronter la plus grande épreuve de sa vie : la disparition de son humaine. « Après ce décès, elle s’est retrouvée sans solution et a dû être prise en charge, souligne notre interlocutrice, à cet âge, retrouver une famille est évidemment plus compliqué. »
Et pourtant… Sissy est une compagne formidable, qui connaît la vie de famille et fera le bonheur de ses adoptants. En plus d’être affectueuse et d’apprécier la compagnie de l’Homme, elle a acquis des myriades de petites habitudes au fil des années.
2 chiennes confiées à l’association après un départ en EHPAD
2 autres cœurs sur pattes rejoignent La Petite Tribu, car leur responsable doit entrer en EHPAD. Les Pékinoises, âgées de 7 ans, « vont donc devoir quitter leur foyer, leurs habitudes et la personne avec laquelle elles ont partagé leur vie ».
Comme de nombreux autres animaux de compagnie, Punch et Pépite ne sont pas acceptées dans ce type d’établissement dédié à nos séniors. Et si les proches de leurs propriétaires refusent de les prendre en charge, ces boules de poils se retrouvent seules du jour au lendemain.
Pourquoi les associations refusent-elles parfois les adoptions aux personnes âgées ?
C’est un reproche que vous avez peut-être déjà entendu. Plusieurs associations de protection animale font le choix de refuser l’adoption d’un pensionnaire à un sénior. C’est le cas, par exemple, des chiots et des chatons, qui peuvent vivre 15 à 20 ans. Qu'en pense notre interlocutrice ?
« À La Petite Tribu, nous connaissons très bien l’importance de la présence d’un animal dans la vie d’une personne âgée, notamment face à l’isolement et à la solitude. C’est justement pour cette raison que ces décisions sont souvent prises la mort dans l’âme, déclare-t-elle, notre rôle est aussi de penser à l’animal sur les années qui viennent. Lorsque nous envisageons une adoption auprès d’une personne âgée, nous demandons un véritable engagement des enfants ou des petits-enfants : qui prendra l’animal en charge si son humain doit être hospitalisé, entrer en EHPAD ou ne peut plus s’en occuper ? »
En plus d’anticiper, La Petite Tribu évoque une formule intéressante, pouvant réduire les abandons : la famille d’accueil longue durée. « La personne âgée peut accueillir et vivre au quotidien avec l’animal, profiter de cette présence et construire avec lui une véritable relation, tout en sachant que l’association reste responsable de l’animal et qu’une solution pourra être organisée si sa situation change », conclut-elle.
Par Joséphine Voisart
Rédactrice Web