72 % des animaux accueillis en France en 2025 sont des chats, selon l’étude de la SPA et de la Fondation Affinity
Comment mieux prévenir les abandons ? C’est tout l’enjeu de cette 2e édition de l’étude menée par la SPA et la Fondation Affinity. Forte des données et des témoignages de centaines de structures, cette nouvelle enquête nous aide à mieux comprendre les réalités et les causes de l’abandon. Mais surtout, elle met en lumière les leviers sur lesquels nous pouvons agir, collectivement, pour mieux accompagner les propriétaires et prévenir les situations d’abandon, avant qu’il ne soit trop tard.
Un an après un premier état des lieux, la SPA et la Fondation Affinity viennent de publier une nouvelle édition de leur étude consacrée à l’abandon et à l’adoption : « Abandons d’animaux en France : comprendre et agir ». Leur objectif reste le même : mieux mesurer et comprendre le phénomène de l’abandon pour mieux le prévenir.
Réalisée à partir des données 2025, cette étude s’appuie sur les témoignages et les chiffres de 880 structures de protection animale, parmi plus de 3 000 recensées en France. Refuges, associations, fourrières et acteurs des « chats libres » ont ainsi partagé leur expérience du terrain, permettant de mieux estimer l’ampleur de l’abandon et d’en comprendre les réalités. Cette nouvelle édition se propose également d’explorer de nouveaux thèmes pour affiner le diagnostic et mieux agir en faveur des animaux.
Un phénomène qui reste massif
D’après les estimations de l’étude, ce sont près de 391 000 chiens et chats qui ont été pris en charge en France en 2025 par les structures de protection animale. Les chats représentent près des 3 quarts des animaux accueillis (72 %), notamment en raison de l’errance et des portées non désirées : la moitié des chats recueillis sont en effet des chatons de moins de 6 mois. Chez les chiens, les prises en charge sont plus régulières tout au long de l’année et concernent majoritairement des adultes (54 %).
Derrière ces accueils, les causes d’abandon sont multiples : changements de vie, difficultés financières, perte d’autonomie, allergies ou encore problèmes de comportement. Pour les chats, les portées non désirées occupent une place particulièrement importante.

© SPA / Fondation Affinity
L’étude nous enseigne qu’une fois recueillis, les animaux restent en moyenne 6 mois en refuge, mais que la plupart des adoptions se passent bien : seuls 4 % des chiens et 3 % des chats sont ensuite ramenés en refuge.
Des structures saturées et en manque de moyens
Au-delà des chiffres, ce deuxième état des lieux national a aussi souhaité donner la parole à celles et ceux qui, chaque jour, sont en première ligne pour venir en aide aux animaux. Sur le terrain, la réalité est de plus en plus difficile : les demandes d’aide se multiplient, tandis que les moyens humains et financiers ne permettent pas toujours d’y répondre.
Les 251 témoignages recueillis permettent de mieux comprendre les préoccupations des structures et les difficultés auxquelles elles sont confrontées au quotidien. Parmi les principales, figurent les difficultés financières, citées par 65 % des structures répondantes, mais aussi le manque de bénévoles et de familles d’accueil, ainsi que le besoin d’un soutien renforcé de la part des collectivités. Au total, 78 % des structures interrogées se disent inquiètes pour leur avenir.

© SPA / Fondation Affinity
Cette situation se fait sentir très concrètement sur le terrain. En 2025, faute de places disponibles, les structures répondantes ont dû refuser l’accueil de plus de 45 000 chats et près de 39 000 chiens. Derrière ces chiffres, ce sont autant d’animaux pour lesquels aucune solution n’a pu être trouvée immédiatement, mais aussi des équipes qui, malgré des ressources limitées, continuent chaque jour de se mobiliser et de faire leur maximum pour leur venir en aide.
Le témoignage du refuge SPA de Flayosc (83) illustre avec force cette réalité :
« Le refuge est saturé et les demandes d’abandon sont constantes, par téléphone et par mail, auxquelles nous ne pouvons pas répondre faute de place, ce qui est moralement difficile. Nous sommes également confrontés à des cas de maltraitance, ce qui rend le quotidien émotionnellement éprouvant. »
Un focus sur les chats libres
Autre nouveauté de cette 2e édition : l’étude s’intéresse de plus près aux « chats libres », ces chats errants qui sont capturés, identifiés et stérilisés avant d’être relâchés sur leur lieu de vie. Ces actions de terrain jouent un rôle essentiel pour prévenir les naissances, limiter la prolifération et mieux accompagner les populations de chats errants.
Derrière ces programmes, ce sont avant tout des bénévoles et des associations qui se mobilisent au quotidien. Mais, là encore, les moyens manquent pour répondre à l’ampleur des besoins. Les structures engagées dans ces actions stérilisent en moyenne 73 chats par an, tandis que 67 % déclarent être très peu ou pas du tout soutenues financièrement par leur collectivité.

© SPA / Fondation Affinity
Cette situation est d’autant plus fragile que 42 % des associations interviennent sans cadre formel avec les collectivités. Pourtant, la gestion des animaux en divagation relève de la responsabilité du maire, conformément au Code rural. Sur le terrain, les associations sont ainsi souvent amenées à prendre en charge une grande partie des opérations de capture, de stérilisation et de suivi, portant à bout de bras ces actions essentielles avec des ressources souvent limitées.
Alors, comment agir plus efficacement ?
Cette étude rappelle une chose essentielle : des solutions existent, à condition d’agir ensemble et surtout d’agir plus tôt. Mieux accompagner les propriétaires, encourager une adoption responsable, renforcer l’identification et faire de la stérilisation un véritable réflexe de prévention sont autant de leviers pour éviter les abandons et limiter durablement l’errance féline.
Cette prévention ne pourra toutefois être pleinement efficace sans une mobilisation collective : associations, bénévoles, familles d’accueil, vétérinaires et collectivités ont chacun un rôle à jouer. Les communes peuvent notamment renforcer les campagnes de stérilisation, mutualiser leurs efforts à l’échelle intercommunale (les chats, eux, ne connaissent pas les frontières administratives !) et apporter un soutien concret aux associations qui prennent souvent le relais dans l’urgence.
Cette dynamique trouve aussi un écho à l’échelle européenne : adopté en 2026, le nouveau règlement européen sur le bien-être et la traçabilité des chiens et des chats instaure pour la première fois des règles communes en matière d’identification, d’enregistrement, d’élevage et de traçabilité.
Une avancée qui vient renforcer une conviction essentielle : pour mieux protéger les animaux et prévenir les abandons, il faut passer d’une logique d’urgence à une véritable culture de la prévention, à tous les niveaux.
Pour plus de détails, retrouvez l’étude complète « Les animaux abandonnés et ceux qui les recueillent » sur le site de la SPA ou celui de la Fondation Affinity.
Par Ludivine Beaurin
Rédactrice web
Historienne reconvertie dans la rédaction web, Ludivine a toujours adoré l’écriture et les animaux. Maîtresse de 6 adorables chats, elle trouve beaucoup d’inspiration dans les facéties de ses boules de poils.