Une étude prouve que les chiens cherchent activement à consoler les humains qui pleurent

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Beaucoup de propriétaires en sont convaincus : leur chien semble venir les réconforter lorsqu'ils traversent un moment difficile. Mais ce comportement est-il simplement le fruit de la curiosité ou révèle-t-il une véritable compréhension de nos émotions ? Selon une étude britannique, dans certaines situations, nos amis les chiens pourraient effectivement réagir de manière proche d'un comportement empathique.

Illustration : "Une étude prouve que les chiens cherchent activement à consoler les humains qui pleurent"

Votre chien semble-t-il accourir vers vous pour vous réconforter lorsque vous pleurez ? Si oui, vous n’êtes pas seul à avoir cette impression : les témoignages de propriétaires sont en effet nombreux ! Mais ces anecdotes, aussi touchantes soient-elles, ne permettent pas à elles seules de prouver que les chiens ressentent de l’empathie pour nous. Pour confirmer cette hypothèse, des chercheurs ont donc décidé de la tester dans des conditions contrôlées. Leur question était simple : les chiens réagissent-ils vraiment à la détresse humaine, notamment aux pleurs, ou sont-ils simplement attirés par un comportement inhabituel qui suscite leur curiosité ?

Les chiens cherchent davantage à rejoindre une personne qui pleure

Pour répondre à cette question, les chercheurs ont étudié le comportement de 18 chiens de compagnie dans plusieurs situations. Chaque animal était confronté à son propriétaire ou à une personne inconnue qui pouvait soit pleurer, soit fredonner. Ici, le fredonnement servait de situation de contrôle, car il s’agit d’un comportement inhabituel susceptible d’attirer l’attention d’un chien, mais qui ne signale pas une émotion négative. Dans certaines situations, les chiens devaient également franchir un obstacle pour rejoindre la personne, afin d’évaluer leur motivation à s’approcher.

Les résultats, publiés dans la revue Animal Cognition*, ont montré que les chiens se dirigeaient plus souvent vers une personne qui pleurait que vers une personne qui fredonnait. Ils étaient aussi plus enclins à fournir un effort pour l’atteindre. Une fois auprès de cette personne, ils manifestaient davantage de comportements de contact, comme renifler, lécher ou toucher avec le museau. Cette réaction apparaissait aussi bien avec leur propriétaire qu’avec un inconnu, ce qui suggère qu’elle ne dépendait pas uniquement du lien affectif qui unit le chien à son maître.

Ces types de comportements peuvent être rapprochés d’une forme d’empathie hétérospécifique, c’est-à-dire une capacité à être sensible aux émotions d’un individu appartenant à une autre espèce. Chez le chien, cette sensibilité pourrait se traduire par un comportement pro-social : une tendance à venir vers un autre individu et à tenter de lui apporter une forme de soutien lorsqu’il semble en difficulté.

Peut-on vraiment parler d'empathie chez les chiens ?

Ces résultats ne permettent toutefois pas d’affirmer que les chiens ressentent l’empathie exactement comme les humains. Les chercheurs parlent plutôt de « réponse de type empathique » (« empathic-like responding »). En effet, il est impossible de savoir précisément ce qui se passe dans l’esprit d’un toutou. Ressent-il de la compassion ? Cherche-t-il simplement à réduire une situation qui le perturbe ? Ou répond-il à un comportement appris au fil de ses interactions avec les humains ?

L’une des explications privilégiées est celle de la contagion émotionnelle. Pour faire simple, le chien pourrait être sensible à l’état émotionnel d’une personne et être lui-même influencé par cette émotion. Au fil de la domestication et des expériences partagées avec les humains, il aurait également appris que s’approcher d’une personne en détresse est une réaction adaptée.

Cette étude constitue donc une avancée importante dans la compréhension des relations entre les chiens et les humains. Elle montre que nos compagnons à 4 pattes ne réagissent pas seulement à des sons ou des comportements inhabituels, mais qu’ils semblent être particulièrement sensibles aux signaux associés à la détresse humaine. Les chercheurs restent néanmoins prudents : ces observations ouvrent certes la voie à l’étude des mécanismes qui se cachent derrière ce comportement, mais elle ne permet pas encore de conclure à une empathie comparable à celle des humains.

*Custance, D. & Mayer, J., "Empathic-like responding by domestic dogs (Canis familiaris) to distress in humans: an exploratory study ", Animal Cognition, 15(5), 2012, 851–859.

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