« Je ne pensais qu'à elle » : grièvement brûlé par une bouillotte, il ignore sa propre douleur pour sauver sa chienne
Un soir devant la télévision, dans l'Essex (Angleterre), une bouillotte presque neuve a explosé dans le dos de Christian Barker et aspergé d'eau bouillante sa chienne, Peaches. Tout entier tourné vers sa chienne, cet homme l'a passée sous l'eau froide puis a pris la route d'une clinique vétérinaire d'urgence, sans se rendre compte qu'il se brûlait lui-même gravement. Son histoire, relayée par le Daily Mirror, se conclut sur une double convalescence.

Une bouillotte fendue en deux
L'accident remonte à octobre de l'année précédente, selon Lorraine, l'épouse de Christian. Ce soir-là, l'homme regardait la télévision avec Peaches, une bouillotte calée derrière le dos pour soulager une sciatique. Ce modèle long et fin, que beaucoup de personnes utilisent contre le mal de dos, était presque neuf. Il a pourtant éclaté d'un coup, se fendant en deux sur toute sa longueur.
Remplie d'eau bouillante, la poche a aspergé la Cavapoo, qui a poussé un cri de douleur et s'est souillée sous le choc. Christian l'a aussitôt saisie pour la tremper sous l'eau froide de la cuisine, avant de filer vers la clinique d'urgence Vets Now, que Lorraine avait prévenue par téléphone. Dans la précipitation, il ne s'était pas rendu compte qu'il se brûlait lui-même, ni que ses lésions continuaient de s'aggraver.
« Je ne pensais qu'à Peaches. Je me sentais tellement coupable qu'elle ait été blessée, j'avais l'impression que tout était ma faute. »
Au bout de 15 à 20 minutes de route, une douleur atroce lui a saisi la cuisse droite. Il avait bien senti des picotements auparavant, mais, l'esprit embrouillé par les événements, il les mettait sur le compte de ses vêtements mouillés.
Un second patient inattendu
À la clinique, l'équipe a emmené Peaches pour soigner ses brûlures sans attendre. C'est à ce moment-là que Christian a pris la mesure de ses propres blessures : ses vêtements collaient à sa peau enflammée et il s'est mis à les retirer avec frénésie. Sophie Watson, infirmière vétérinaire et secouriste, l'a conduit jusqu'à la douche du personnel, où il a pu s'asperger d'eau fraîche à l'abri des regards.
En 25 ans de carrière en clinique vétérinaire, elle avait déjà eu à aider des humains, jamais dans une situation aussi critique : de la poitrine jusqu'au flanc droit, la peau de Christian était entièrement ébouillantée et cloquait à vue d'œil. Elle a composé le 999, mais aucune ambulance n'était disponible, si bien que l'oncle de Christian et son épouse se sont chargés de le conduire aux urgences.

Pendant une heure et demie, il a enchaîné les passages sous la douche pour contenir ses brûlures, en demandant sans cesse des nouvelles de sa chienne.
« Nous rencontrons beaucoup de propriétaires très dévoués, mais je ne crois pas en avoir jamais vu un aussi visiblement attaché à son animal que Christian. »
Faute de vêtements à lui enfiler, l'équipe l'a habillé d'une blouse bleue, de celles que la clinique utilise pour opérer les animaux, puis a fait avancer la voiture jusqu'à une porte latérale afin qu'il n'ait pas à traverser la réception à moitié vêtu.
Pendant ce temps, ses collègues administraient à Peaches des antidouleurs et une perfusion, tout en continuant de refroidir sa peau. Christian, lui, a rejoint l'hôpital d'Ipswich, où des spécialistes des brûlures ont enveloppé ses blessures de couches de film alimentaire avant de retirer la peau ébouillantée. Très douloureux, reconnaît-il, mais il se savait entre de bonnes mains.
Une guérison loin d'être acquise
Après une nuit en observation, Peaches a pu quitter la clinique à 8 h le lendemain matin, non sans avoir avalé un peu de poulet. Son poil rasé laissait voir de très larges brûlures sur tout le flanc gauche. Christian est rentré chez lui le même jour. Il raconte avoir failli fondre en larmes en revoyant sa chienne : l'équipe l'avait gardée en vie, mais elle avait prévenu Lorraine, sans détour, que la guérison n'était pas garantie.

Après un jour ou deux à la maison, l'état de la chienne s'est d'ailleurs dégradé : elle refusait de boire et de manger, et il a fallu lui donner de l'eau à la seringue et la nourrir à la main. Puis, jour après jour, Peaches a repris des forces, tandis que Christian allait lui aussi mieux. « Nos deux guérisons se sont en quelque sorte répondu, ce qui paraît très approprié. », observe-t-il.
Des bouillottes bannies de la maison
Peaches est aujourd'hui redevenue elle-même : elle court après sa balle et, de retour sur le canapé auprès de Christian, aboie devant sa séquence télé préférée, une publicité pour de la nourriture pour chiens. Christian a quant à lui repris son rôle d'aidant à plein temps auprès de Lorraine, atteinte de polyarthrite rhumatoïde.
La famille a jeté toutes ses bouillottes et n'en gardera plus jamais une chez elle. Lorraine décrit des souvenirs encore à vif, comme si tout s'était passé la veille, et une reconnaissance intacte envers Sophie et ses collègues.
« Dans notre heure de besoin, ils ont sauvé mon mari, et ils ont sauvé mon chien. »
Sophie, récemment distinguée par un prix Vets Now de « customer star » pour son travail auprès de Christian, parle d'un effort collectif et décrit Peaches comme un petit personnage adorable, très courageux de surcroît. Une issue heureuse, dit-elle, que toute l'équipe garde précieusement.

Par Kheireddine Ayari
Rédacteur web