Les fractures de cette chatonne font craindre une maladie incurable, mais l'équipe poursuit les examens
Keke, un chaton tigré, est arrivé au sein de l'association Tails High (États-Unis) avec ses 9 compagnons de portée, tous en très mauvais état et privés de leur mère. Seul survivant, il a été placé en famille d'accueil. À la mi-août, des fractures ont fait redouter le pire…
Comme le rapporte AOL, 10 chatons orphelins ont été tirés d'une situation très difficile et confiés à l'association Tails High. Des familles d'accueil spécialisées dans la prise en charge de chats nouveau-nés les ont réchauffés, nourris et soignés jour et nuit ; malgré ces efforts, les petits se sont éteints... sauf un.

Une seule a tenu bon : Keepsake, alias Keke. Devenue l'unique survivante de sa portée, cette minuscule chatte tigrée a concentré sur elle toute l'attention de ceux qui voulaient la voir vivre, à commencer par Casey, bénévole de Tails High, qui l'a accueillie chez elle et a refusé de baisser les bras.
« Nous n'étions pas prêts à abandonner »
Le chaton femelle n'était pas tiré d'affaire pour autant. À la mi-août, des signes inquiétants sont apparus : des fractures, des os cassants et un développement très en retard. Après avoir consulté des spécialistes, l'équipe a pensé à une ostéogenèse imparfaite, c'est-à-dire une maladie rare qui fragilise les os, au pronostic sombre et sans traitement. Pour une petite qui avait déjà surmonté tellement d'épreuves, la nouvelle sonnait comme un mauvais coup du sort.
« Nous n'étions pas prêts à abandonner sans chercher toutes les réponses possibles », explique Tails High. Cette Détermination a tout changé, puisque des examens plus poussés ont révélé que la fragilité de Keke ne venait pas d'une maladie génétique incurable, mais d'une forte carence en vitamine D ! Contrairement à la première hypothèse redoutée, il s'agissait cette fois d'un problème qu'ils pouvaient réparer.

Par crainte d'une nouvelle fracture, Keke a vécu plusieurs semaines dans une couveuse garnie de couvertures douces, à l'abri des agitations ordinaires d'une vie de chaton. Puis une nouvelle alimentation adaptée a commencé, peu à peu, à faire son œuvre.

Le jour où Keke est sortie seule de sa couveuse
Un jour, Keke a quitté sa couveuse par ses propres moyens, ce qui a surpris ses anges gardiens. Peu après est venue une étape que l'association n'oubliera pas : ses toutes premières courses au ralenti.
« Regarder cette minuscule fille remuer son petit derrière et tenter de traverser vite une serviette peut sembler anodin, mais pour nous, c'était tout », confie Tails High. Les victoires se sont ensuite enchaînées : sevré, le petit félin a aussi appris à utiliser seul sa litière, ce que sa mobilité réduite rendait incertain, et a découvert les jouets. Il s'est même trouvé une grande sœur, Clara Bow, une chatte écaille de tortue qui l'a prise sous son aile et lui montre, jour après jour, à quoi ressemble une vie de chaton.

Des bonds de lapin
À 10 semaines, Keke a trouvé son jouet préféré en forme de souris et a décidé q'une simple marche ne suffisait plus. « Les zoomies [quart d'heure de folie] de Keke sont officiellement passées au niveau supérieur : des bonds de lapin », annonce Casey, et les larmes de joie ont coulé dans toute l'association. Désormais, elle court, chasse et bondit sur le sol sans douleur. Quant à Clara Bow, elle est souvent à ses côtés pour la toiletter et garder un œil sur elle.
Ses pattes avant gardent quelques anomalies, trace durable de ces premières semaines. Mais à cet âge, les os d'un chaton se remodèlent sans cesse, et l'espoir est qu'elle continue de progresser. Pour l'heure, rien ne la ralentit ! L'association tient à remercier Casey, qui a porté le chaton à travers chaque épreuve, ainsi que l'équipe vétérinaire qui les a épaulés.

Seule de sa fratrie à avoir eu la chance de grandir, Keke est aujourd'hui une petite chatte forte, pleine d'énergie et visiblement heureuse. « Il y a quelque chose d'incroyablement spécial à voir un minuscule chaton, autrefois protégé du moindre mouvement, avancer dans le monde avec tant de joie », conclut Casey.
Par Joséphine Voisart
Rédactrice Web